Thèmes Souccot

À savoir
Souccot : la fête des cabanes, troisième pèlerinage biblique
Souccot est l'une des trois grandes fêtes de pèlerinage (regalim) mentionnées dans la Torah, avec Pessa'h et Chavouot. Célébrée du 15 au 21 Tichri, elle commémore les quarante années où les enfants d'Israël vécurent dans des cabanes durant leur errance au désert après la sortie d'Égypte. Elle est également connue sous le nom de « fête de la récolte » (Hag HaAssif), car elle coïncide avec la fin de la cueillette agricole annuelle.
Les mitsvot propres à Souccot
Souccot est un Yom Tov majeur dont les obligations halakhiques sont nombreuses. La mitsva centrale est de résider dans la souccah pendant toute la durée de la fête. S'y ajoute la prise des quatre espèces végétales (loulous, étrog, hadassim, aravot). Le traité Souccah de la Michna et du Talmud, ainsi que le Choulhane Aroukh, détaillent précisément la construction de la souccah et les conditions de validité des quatre espèces.
Le calendrier de la fête et ses jalons
Les premiers jours sont des jours de Yom Tov complets (deux jours en diaspora). Ils sont suivis des jours intermédiaires de Hol Hamoed, période de semi-fête où certains travaux restent permis. Le septième jour, Hochaana Rabba, est le dernier moment du jugement divin ouvert depuis Roch Hachana : on y accomplit la cérémonie des aravot et on récite des Hochaanot spéciaux. Lorsqu'un Yom Tov précède Chabbat, l'Eirouv Tavchiline est obligatoire afin de pouvoir préparer les repas de Chabbat.
Hallel, Chemini Atseret et Sim'hat Torah
Le Hallel complet est récité chaque jour de Souccot, soulignant la joie particulière de cette fête. Immédiatement après le septième jour vient Chemini Atseret, huitième jour de clôture institué par la Torah, considéré comme une fête à part entière. En Israël, Sim'hat Torah est célébré le même jour que Chemini Atseret ; en diaspora, il s'observe le lendemain. Ces deux journées marquent l'achèvement du cycle annuel de lecture de la Torah.
Issrou Hag et fin du cycle festif
Le lendemain de Sim'hat Torah correspond à Issrou Hag, jour de légère prolongation de la sainteté de la fête. Ce cycle — de Souccot à Chemini Atseret, puis Sim'hat Torah et Issrou Hag — constitue l'un des sommets du calendrier hébraïque, particulièrement riche en joie (simha) selon la halakha.
Sources et enseignements
Le livre du Lévitique (Vayikra) et le livre du Deutéronome (Devarim) fondent les lois de Souccot. Le Rambam dans le Michné Torah, ainsi que le Choulhane Aroukh (Ora'h 'Haïm, chapitres 625 à 669), en détaillent toutes les applications pratiques. Le traité Souccah du Talmud constitue la référence talmudique centrale pour comprendre l'ensemble des lois et coutumes de cette fête.
Lois de Souccot : questions-réponses pratiques
Celui qui fixe son repas sur un plat à base des cinq espèces de céréales, comme des pâtes, est tenu de manger dans la souka et de réciter la bénédiction "Leichev Bassouka". Concernant la bénédiction alimentaire, on récitera "Boré Miné Mézonot" sur un tel plat, et après cela "Al Hamihya" ; il n'est pas nécessaire de faire la netilat yadayim, ni de réciter "Hamotsi" ou "Birkat Hamazon", car ce plat n'a pas l'apparence du pain. Si l'on ne fixe pas son repas sur ce plat, mais que l'on en mange plus d'un kebetsa, il faut manger dans la souka mais sans réciter la bénédiction "Leichev Bassouka" ; pour une quantité inférieure, on est dispensé de la souka.
Celui qui a suspendu un etrog cachère dans le sekhakh comme décoration de la souka, et dont l'etrog est devenu invalide pendant la fête de Soukot, peut prendre l'etrog suspendu comme décoration pendant Hol Hamoed et s'acquitter ainsi de l'obligation des quatre espèces.
Si quelqu'un dort chez lui pendant la journée à cause de la pluie, et que la pluie cesse, puis qu'il se réveille spontanément et souhaite continuer à dormir, il doit alors retourner dormir dans la souka, puisque la pluie a cessé et que la journée n'est généralement pas un moment de sommeil pour la majorité des gens.
Manger hors de la souka constitue une faute, et à l'époque ancienne, on forçait la personne à s'asseoir dans la souka. Il en va de même pour celui qui porte un vêtement à quatre coins sans y mettre de tsitsit. Cependant, celui qui ne mange pas du tout pendant les autres jours de Soukot, ou qui ne porte pas de vêtement à quatre coins, n'est pas contraint d'accomplir la mitsva, car il s'agit d'une mitsva de type kiyoumit et non hiyouvit. Si l'on prend un repas fixe dans la souka, on accomplit une mitsva de la Torah pendant tous les sept jours de la fête.
Les personnes qui voyagent pendant la journée pour des raisons professionnelles sont exemptées de la mitsva de souka durant la journée, mais elles y sont tenues la nuit : si une souka existe à cet endroit, elles doivent y manger et y dormir ; si elles n'en trouvent pas, elles sont exemptées. Cette règle concerne uniquement ceux qui voyagent pour leur subsistance ou une raison similaire. En revanche, ceux qui partent en excursion pendant la fête de Soukot n'ont pas le droit de se soustraire à la mitsva de souka et sont tenus de manger toute leur seoudat keva dans une souka. L'exemption n'a été accordée aux voyageurs que pour des raisons professionnelles. D'autant plus qu'il est possible de programmer les excursions à un autre moment, il faut donc éviter de voyager à Soukot vers des endroits où il n'est pas certain qu'il y aura une souka disponible au moment du repas. Il est préférable, pendant Hol Hamoed, de consacrer son temps à l'étude de la Torah, comme il est expliqué dans le Yerouchalmi Moed Katan, que l'interdiction de travailler pendant Hol Hamoed vise à permettre de manger, boire et étudier la Torah. Les Chabbat et jours de fête n'ont été donnés à Israël que pour s'adonner à l'étude de la Torah. À ce sujet, Rabbi Eliezer a dit : « Je loue les paresseux qui ne quittent pas leur maison pendant la fête. »
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