Thèmes Chabbat

À savoir
Le Chabbat : septième jour sacré du calendrier juif
Le Chabbat est le jour saint par excellence du calendrier juif, observé chaque semaine du vendredi soir au samedi soir, de la tombée du soleil jusqu'à l'apparition des étoiles. Fondé sur le récit de la Création dans la Torah, ce jour commémore le repos divin au terme des six jours d'oeuvre créatrice. Sa sainteté est intrinsèque et ne dépend pas d'une proclamation rabbinique, à la différence des fêtes du Yom Tov.
Sources et fondements dans la Torah et le Talmud
La mitsva de sanctifier le Chabbat figure parmi les Dix Commandements et est mentionnée huit fois dans le Tanakh. Le Traité Chabbat du Talmud lui consacre une analyse approfondie des 39 catégories de travaux interdits (avot melakhot). Selon la tradition, observer le Chabbat équivaut à l'ensemble des mitsvot de la Torah, comme l'enseigne la littérature midrachique.
La halakha du Chabbat
La Chabbat halakha est codifiée dans le Choulhane Aroukh (Ora'h 'Haïm, chapitres 242 à 416). Elle encadre les interdictions de melakhot, les règles de l'Eirouv permettant de porter dans l'espace public, ainsi que l'Eirouv Tavchiline lorsque le Chabbat jouxte un Yom Tov. Le Rambam consacre plusieurs chapitres de Michneh Torah à ces lois.
Le rituel du Chabbat, de l'entrée à la sortie
L'entrée dans le Chabbat est marquée par Kabbalat Chabbat, la prière d'accueil composée de psaumes et du poème Lekha Dodi. La table familiale réunit les convives autour des bougies allumées, du Kidouch sur le vin et des repas traditionnels dont les recettes Chabbat (tsholent, 'hallot tressées) sont transmises de génération en génération. La sortie du Chabbat est célébrée par la Havdala, cérémonie de séparation entre le saint et le profane, avec vin, aromates et feu.
Chabbat matin : prière et lecture de la Torah
La prière du matin inclut la Kriat haTorah, lecture de la paracha hebdomadaire devant l'assemblée. Certains Chabbatot voient le Hallel récité, notamment lorsqu'ils coïncident avec Roch Hodech. Durant la période du Omer, le Chabbat rythme le décompte des semaines entre Pessa'h et Chavouot.
Dimension spirituelle et identitaire
Le Séfer Hakouzari enseigne que l'observance du Chabbat est une affirmation concrète de la Création du monde et renforce la foi juive bien davantage que l'ascèse. Le Chabbat transcende la simple pause du travail : il est temps de sainteté, d'élévation de l'âme, d'étude et de rassemblement familial, pilier central de l'identité juive à travers les siècles.
Lois de Chabbat : questions-réponses pratiques
Un aliment qui n'a pas été cuit avant Chabbat ne doit pas être trempé pendant Chabbat dans de l'eau chaude dont la température est telle que la main s'y retire. Cependant, il est permis de le rincer avec de l'eau chaude pendant Chabbat. Certains expliquent qu'il est interdit de le tremper même dans un keli cheni, car bien que le keli cheni ne cuise pas, il est tout de même interdit par les Sages car cela ressemble à une cuisson. D'autres expliquent que l'interdiction de tremper ne concerne que le keli richon, mais qu'il est permis de le faire dans un keli cheni. Puisqu'il s'agit d'une interdiction d'ordre rabbinique, on adopte l'opinion indulgente et il est permis de tremper un aliment non cuit dans de l'eau chaude contenue dans un keli cheni. Celui qui se montre rigoureux à ce sujet sera béni.
Un trousseau de clés ou une chaîne sur laquelle une pièce de monnaie a été fixée à des fins décoratives peut être déplacé pendant Chabbat. Cependant, s'il y a un jeton dans un anneau contenant des clés ou similaire, il est préférable, a priori, de le retirer du trousseau avant Chabbat. Mais si l'on a oublié de le retirer avant Chabbat, il est permis de déplacer le trousseau de clés même s'il contient un jeton.
Il est évident qu’il est permis de retirer pendant Chabbat tout ce qui se trouve dans une assiette, comme les os, les épluchures et les restes de nourriture, avant de les mettre dans l’évier pour les laver. Il n’y a aucune crainte d’interdiction de borer dans ce cas.
Il est interdit d’accomplir une melakha le vendredi après neuf heures et demie saisonnières, afin de se consacrer aux préparatifs de Chabbat. Celui qui fait une melakha le vendredi à partir de minha ketana, soit deux heures et demie saisonnières avant la tombée de la nuit, ne verra pas de bénédiction dans ce travail, car même s’il en tire un profit immédiat, il perdra ailleurs. Tout cela concerne un travail effectué de manière régulière, mais il est permis d’accomplir un travail de façon occasionnelle, comme écrire une lettre à un ami, recoudre un bouton sur son vêtement, ou réparer et coudre son vêtement, ou un vêtement neuf pour soi-même, et choses similaires. Cependant, un sofer stam qui écrit un Sefer Torah, des tefiline ou des mezouzot, n’a pas le droit d’écrire le vendredi après le moment de minha ketana, sauf s’il est pressé pour les besoins de Chabbat. Il est permis de corriger le Sefer Torah utilisé pour la lecture publique de Chabbat et d’y rectifier les erreurs qui s’y trouvent, même après le moment de minha ketana.
Si un entrepreneur a laissé des sacs de ciment dans le domaine public et qu'il commence à pleuvoir pendant Chabbat, ce qui risque d'abîmer les sacs, il est permis d'appeler un non-juif, même si l'on sait avec certitude que le non-juif sauvera les sacs et les fera entrer dans un domaine privé. Si l'on souhaite les faire entrer d'un karmelit dans un domaine privé et qu'il s'agit d'une grande perte, il est même permis de lui ordonner de les mettre à l'abri.
Quiz sur le thème de Chabbat
Un mini quiz pour tester vos connaissances. Vous relevez le défi ?

