Thèmes Soucca

À savoir
Qu'est-ce que la Soucca ?
La Soucca est une cabane temporaire que chaque juif est tenu de construire et d'habiter durant la fête de Souccot, célébrée le 15 Tichri. Cette demeure provisoire rappelle les abris sous lesquels les enfants d'Israël ont vécu durant leurs quarante années de pérégrination dans le désert. Le traité Souccah, l'un des traités les plus détaillés du Talmud, consacre l'intégralité de ses discussions aux lois minutieuses qui régissent sa construction et son usage.
Les règles de construction
La Soucca doit comporter au moins trois parois et être couverte d'une s'khakh, un toit végétal composé de branches, de roseaux ou de palmes non traitées, suffisamment aéré pour que les étoiles restent visibles la nuit. La halakha, codifiée notamment dans le Choulhane Aroukh, fixe des dimensions minimales précises et interdit tout matériau susceptible de recevoir l'impureté rituelle. Le Yom Tov halakha encadre également les travaux autorisés une fois la fête commencée.
Résider dans la Soucca : la mitsva de Yom Tov
Pendant les sept jours du Hol Hamoed et des jours de Yom Tov, le juif est invité à faire de la Soucca sa véritable demeure : y prendre ses repas, y étudier la Torah et, selon les opinions halakhiques, y dormir. La pratique de Hakhnassat Orhim, l'accueil chaleureux des hôtes, prend dans la Soucca une dimension particulière, enrichie par la tradition des Ousphizine, les invités spirituels de la fête.
La Soucca et les Quatre espèces
C'est à l'intérieur de la Soucca que l'on accomplit la mitsva des Quatre espèces : le Loulav, l'Etrog, le myrte et le saule sont agités ensemble dans les six directions cardinales, symbolisant la présence divine universelle. Ces deux mitsvot - résider en Soucca et prendre les Quatre espèces - forment un ensemble indissociable qui caractérise la fête de Souccot tout entière.
De Hochaana Rabba à Chemini Atseret
Le septième jour de Souccot, Hochaana Rabba, revêt une solennité particulière : les prières se déroulent en partie dans la Soucca, et la nuit précédente est traditionnellement consacrée à l'étude. À la fin de Souccot vient Chemini Atseret, où les avis halakhiques divergent quant à l'obligation de continuer à résider dans la Soucca. Quand la fête précède Chabbat, la règle de l'Eirouv Tavchiline s'applique afin de permettre la préparation des repas de Chabbat depuis Yom Tov.
Portée spirituelle
Au-delà de ses dimensions juridiques, la Soucca est, pour le Rambam comme pour Rachi, un symbole de confiance absolue en D.ieu. Quitter le confort de sa maison pour une demeure fragile exprime la foi que la véritable protection ne vient pas des murs de pierre, mais de la Providence divine. Cette leçon de vulnérabilité consentie résonne profondément à la suite de Yom Kippour, dont Souccot est le prolongement spirituel immédiat.
Lois de Soucca : questions-réponses pratiques
Il arrive que certaines personnes prennent des planches destinées à la construction sans l'accord de leur propriétaire, pour les utiliser comme parois ou skhakh de la souka. Il est interdit d'agir ainsi, même si l'on a l'intention de les rendre immédiatement après la fête, car on les utilise alors de manière interdite, puisque celui qui emprunte sans l'accord du propriétaire est considéré comme un voleur. Il est interdit de réciter la berakha sur une telle souka, sauf si le propriétaire lui a explicitement pardonné cet acte, ou si l'on a l'intention de payer la valeur du bois.
Celui qui construit une souka à l'entrée de sa maison, dans le domaine public, peut s'appuyer sur des avis autorisant d'accomplir la mitsva de souka dans cet endroit. Lorsqu'il s'y installe, il est permis de réciter la berakha « leishev basouka ».
La Torah dit « Kol haezrah beYisrael yechvou basoukat », écrit sans la lettre vav, ce que les Hakhamim ont interprété comme signifiant que tout Israël pourrait, en théorie, s’asseoir dans une seule souka. Selon Rachi, cela signifie que, puisque le mot est écrit au singulier, il serait possible pour tous d’utiliser la même souka l’un après l’autre, ce qui n’est réalisable que par le biais d’un prêt. Si quelqu’un a expulsé son prochain de sa souka et s’y est installé pour y manger, il est quitte de son obligation a posteriori, car la règle est que le sol ne peut être volé, et la souka est alors considérée comme empruntée. Cependant, a priori, il ne faut pas entrer dans la souka d’autrui pour y manger sans l’accord du propriétaire, et il ne faut pas y réciter la berakha « Lechev basouka » sans son consentement. Il ne faut pas non plus construire une souka sur le terrain d’autrui. Toutefois, si l’on a reçu l’autorisation de la femme du propriétaire de la souka, cela est valable et l’on peut réciter la berakha, car si elle a donné son accord, on suppose que son mari n’y voit pas d’inconvénient.
Si quelqu'un a volé du bois et a utilisé ce bois pour recouvrir la souka, puis s'est assis dedans, même s'il n'a pas modifié ou transformé ce bois, il est quitte de son obligation, car les hakhamim ont institué que le propriétaire du bois n'a droit qu'à la valeur du bois, à condition que l'utilisateur ait l'intention de payer cette valeur. Il est alors permis de réciter la berakha sur cette souka. Cependant, cela n'est valable qu'a posteriori. A priori, il ne faut pas agir ainsi. Si la personne n'a pas l'intention de payer la valeur du bois, il faut craindre l'avis selon lequel il ne s'acquitte pas de son obligation, et sa berakha serait alors vaine, car il s'agirait d'une mitsva accomplie par une transgression.
On peut accomplir la mitsva de la souka dans une souka empruntée, ainsi que dans une souka appartenant à des associés.
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