Thèmes Arvit

À savoir
Arvit : la prière du soir dans la tradition juive
Arvit est l'office du soir, troisième prière quotidienne du juif après Cha'harit (matin) et Min'ha (après-midi). Son nom vient de la racine hébraïque erev, qui signifie « soir ». Contrairement aux deux autres prières, le statut halakhique d'Arvit a fait l'objet d'un débat entre les autorités talmudiques : le Talmud (traité Berakhot) rapporte que certains Sages la considèrent comme une obligation formelle (hovah), tandis que d'autres l'estiment facultative (rchout). En pratique, la décision halakhique retenue dans le Choulhane Aroukh est de la réciter obligatoirement.
Institution et origine
La tradition attribue à notre patriarche Yaakov l'institution de la prière du soir, comme Avraham est associé à Cha'harit et Yits'hak à Min'ha. Ce fondement patriarcal souligne la profondeur spirituelle d'Arvit dans la liturgie juive. La prière est fixée à partir de la tombée de la nuit (tseit hakhokhavim), moment où trois étoiles sont visibles.
Structure de l'office
Arvit s'articule autour de la récitation du Chema Israël, précédé et suivi de ses bénédictions spécifiques, puis de la Amida du soir (Chmoneh Esré), récitée à voix basse. La Amida d'Arvit comporte, comme les autres jours de semaine, dix-neuf bénédictions. Les jours de Chabbat et des fêtes, elle est adaptée en conséquence, avec des versions propres à Roch Hachana, Yom Kippour, Pessa'h, Souccot et 'Hanouka.
Particularités de Chabbat et des fêtes
L'office d'Arvit du vendredi soir inaugure le Chabbat et inclut le Kabbalat Chabbat dans les communautés qui ont adopté cet usage. A la sortie du Chabbat, Arvit intègre la Havdala dans la Amida. Lors de Roch Hachana et de Yom Kippour, des piyoutim (poèmes liturgiques) solennels enrichissent l'office et marquent la gravité de ces jours saints.
Arvit dans les communautés ashkénazes et séfarades
Les rites ashkénaze et séfarade présentent quelques différences dans l'ordre et le texte des bénédictions entourant le Chema, ainsi que dans certaines prières supplémentaires. Rav Ovadia Yossef a longuement traité les nuances du rite séfarade pour Arvit dans ses responsa, veillant à la préservation de la tradition des communautés d'Orient.
Valeur spirituelle
Au-delà de son cadre halakhique, Arvit représente un moment de bilan et de reconnaissance envers Hachem à la fin de chaque journée. Les maîtres 'hassidiques insistent sur la concentration (kavana) requise lors de la récitation du Chema du soir, moment où l'âme se tourne vers son Créateur avant le sommeil.
Lois de Arvit : questions-réponses pratiques
Il faut terminer la kriat Chema en disant "Hachem Eloheikhem emet". Celui qui prie en communauté a intérêt à écouter ces mots du chaliah tsibour, en ayant l'intention de s'acquitter de son obligation. Si le chaliah tsibour n'est pas expert dans les lois de la tefila pour acquitter l'assemblée de ces trois mots, par exemple s'il n'est pas un chaliah tsibour régulier, il est préférable que l'individu dise lui-même "Hachem Eloheikhem emet", puis continue "Ve-emouna kol zot". Mais si le chaliah tsibour est régulier et manifestement compétent dans les lois de la tefila, sachant qu'il doit avoir l'intention d'acquitter les auditeurs par ces mots, il est préférable d'écouter ces trois mots du chaliah tsibour sans les dire soi-même.
Le temps optimal pour réciter le Kriat Chema du soir est, a priori, jusqu'à la moitié de la nuit. Si l'on a tardé à prier Arvit et que l'on sait qu'il y aura un minyan après la moitié de la nuit, il faut d'abord réciter le Kriat Chema avant la moitié de la nuit, puis prier Arvit avec la communauté, en incluant les bénédictions du Kriat Chema, le Kriat Chema et la Amida. Le temps de la prière d'Arvit s'étend jusqu'à l'aube. Si quelqu'un, pour une raison de force majeure ou maladie, n'a pas prié Arvit pendant la nuit et que l'aube est déjà arrivée, il récitera le Kriat Chema avec ses bénédictions, mais ne dira pas la bénédiction "hachkivénou". Avant de prier, il formulera la condition suivante : si je peux prier Arvit maintenant, que ce soit en tant qu'obligation ou en tant que rattrapage, je prie ; sinon, que ma prière soit considérée comme volontaire. Il priera ensuite Cha'harit ce jour-là après le lever du soleil. Tout cela concerne un cas de force majeure ; mais s'il s'agit d'une erreur ou d'un oubli, il priera Cha'harit deux fois.
Celui qui se trouve en train de prier la Amida d'Arvit et se rappelle au milieu qu'il a déjà prié, doit penser dans son esprit qu'il prie une tefila de nedava et continuer sa prière sans s'interrompre. Il ajoutera une demande personnelle dans sa prière. Cependant, si cela arrive à Chaharit ou à Min'ha, il doit s'arrêter même au milieu d'une berakha.
Après avoir répondu "Baroukh Hachem hamevorakh leolam vaed" avant la berakha de Ma'ariv Aravim, il ne faut pas interrompre par la parole, même pour une mitsva ou pour les besoins de la communauté. Il ne faut pas non plus répondre "Baroukh Hou ouvaroukh Shemo". Si l'on entend le verset "Chema Israel" récité par l'assemblée, on ne doit pas l'interrompre pour le dire avec eux, mais commencer immédiatement la berakha "Asher bidvaro". Il est toutefois permis de répondre Amen aux berakhot. Il est aussi permis de réfléchir dans un livre, mais seulement en pensée. Celui qui n'a pas eu le temps de dire "Ve-hou rahoum" avant la tefila de Arvit et a déjà répondu "Baroukh Hachem hamevorakh leolam vaed" ne dira ce verset qu'après la tefila.
A priori, il est préférable de prier Arvit et de réciter le Kriat Chema après la sortie des étoiles. Cependant, il est déjà d'usage chez nous de permettre de prier Arvit avant le coucher du soleil (après le plag haminha, soit une heure et quart, en heures saisonnières, avant la sortie des étoiles). On prie même Minha proche du coucher du soleil, et on enchaîne la prière de Minha avec celle de Arvit. Il faut alors recommencer à réciter le Kriat Chema après la sortie des étoiles. Toutefois, il est très approprié d'étudier la Torah entre Minha et Arvit, puis de prier Arvit après la sortie des étoiles, car une mitsva en entraîne une autre. Certains ont l'habitude de ne pas prier Arvit alors qu'il fait encore jour, les jours où ils ont prié Minha après le plag haminha (une heure et quart avant la sortie des étoiles), afin de ne pas faire deux pratiques contradictoires le même jour. Même dans ce cas, il est déjà d'usage de permettre, et ceux qui agissent ainsi ont sur qui s'appuyer.
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