Thèmes Chema Israel

À savoir
La déclaration de foi centrale du judaïsme
Le Chema Israël est le verset le plus fondamental de toute la tradition juive. Tiré du livre Devarim (Deutéronome, VI, 4), il proclame : « Chema Israël, Hachem Eloheinou, Hachem E'had » - « Ecoute, Israël, l'Éternel est notre Dieu, l'Éternel est Un. » Cette affirmation du monothéisme absolu constitue la base de la foi juive orthodoxe depuis des millénaires.
Origines et transmission
Selon le Talmud (traité Pessa'him 56a), ce verset fut d'abord prononcé par les fils de Yaakov devant leur père mourant, pour lui attester leur foi pure et indivise. Yaakov répondit alors : « Baroukh chem kevod malkhoutou leolam vaëd ». Plus tard, Moshé le transmit solennellement au peuple d'Israël dans son discours d'adieu, tel que rapporté dans la Torah. Cette double origine patriarcale et mosaïque confère au verset une autorité inégalée.
La Kériat Chema : obligation quotidienne
La Halakha impose la récitation du Chema Israël deux fois par jour : le matin (Cha'hrit) et le soir (Arvit), conformément à l'injonction « quand tu te couches et quand tu te lèves ». Une troisième récitation a lieu avant le sommeil (Kériat Chema al hamita). Le Choulhane Aroukh (Ora'h 'Haïm, ch. 61-67) détaille précisément les lois qui encadrent cette obligation : intention (kavana), prononciation correcte, direction du regard. On pose la main droite sur les yeux pour mieux se concentrer sur l'unité divine.
Prononciation et vigilance halakhique
Le Talmud Bavli insiste sur la nécessité d'allonger la prononciation de la lettre Dalet du mot E'had (Un), afin qu'on ne puisse confondre avec le mot A'her (un autre dieu). Cette vigilance reflète la gravité de l'affirmation : Hachem est le seul et unique Dieu d'Israël. Dans le Sefer Torah, les lettres Ayin (de Chema) et Dalet (de E'had) sont écrites en grand (otiyot rabbati), soulignant l'importance capitale de ces deux mots.
Circonstances solennelles et symbolique spirituelle
Au-delà de la prière quotidienne, le Chema Israël accompagne les moments les plus intenses de l'existence juive. Il est récité à la fin de la prière de Néïla, qui clôt Yom Kippour, sept fois par la communauté réunie. Il est prononcé au seuil de la mort, comme ultime déclaration de foi. Après la Choah, l'Admour de Kalib, Rav Mena'hem Mendel Taub, a instauré la coutume de dire le Chema en souvenir des martyrs à la fin de chaque rassemblement commémoratif, perpétuant ainsi la mémoire des millions de Juifs assassinés qui moururent avec ce verset sur les lèvres.
Le Chema, symbole d'identité juive universelle
Le Chema Israël dépasse le cadre de la liturgie formelle : il est le signe de reconnaissance de tout Juif, quelle que soit son origine ashkénaze ou séfarade. Rav Ovadia Yossef rapportait avoir été informé en rêve que le Machia'h ne viendrait pas tant qu'un million d'enfants juifs ne connaîtraient pas encore ce verset fondamental. Apprendre le Chema est ainsi le premier enseignement transmis à un enfant juif, avant même qu'il entre à l'école : c'est la porte d'entrée de toute la Torah.
Lois de Chema Israel : questions-réponses pratiques
Celui qui entend la Kedoucha au milieu de la Kriat Chema interrompt et répond avec l'assemblée, même au milieu d'un verset. Cependant, il ne dira pas le texte "Nekadeshcha Venaritscha" ni "Leoumatam Meshabchim Veomrim", mais seulement "Kadosh Kadosh Kadosh..." et "Baroukh Kevod Hachem Mimkomo". Il ne répondra pas non plus le verset "Yimloch". Il ne faut pas répondre "Amen" aux bénédictions au milieu de la Kriat Chema, même pas "Amen" après "Hael Hakadosh" ou après "Shomea Tefila" dites par le Chaliah Tsibour. Celui qui entend le tonnerre alors qu'il est entre les paragraphes de la Kriat Chema interrompt et récite la bénédiction "Shekoho Ougvourato Male Olam" avec le nom et la royauté. Celui qui lit la Kriat Chema ne doit pas interrompre pour dire les treize attributs avec l'assemblée. De même, il ne dira pas avec l'assemblée le verset "Vezot Hatorah" lors de l'élévation du Sefer Torah, mais il regardera le Sefer Torah et méditera dans son cœur le verset "Vezot Hatorah".
Si l'on a commencé par le verset "Vehayu hadevarim haele..." puis ensuite dit le verset "Veahavta et Hachem...", il faut recommencer et dire à nouveau le verset "Vehayu hadevarim haele...". Il n'est pas nécessaire de répéter le verset "Veahavta", même si ce verset a été dit après "Vehayu hadevarim haele...".
La halakha établie est que le temps de la Kriat Chema du matin s’étend jusqu’à la fin de la troisième heure du jour. Ces heures sont des heures proportionnelles à la durée du jour : si le jour est long, les heures sont plus longues, et si le jour est court, elles sont plus courtes, de sorte que les trois heures se terminent à la fin du premier quart de la journée. Les décisionnaires divergent sur le point de départ du calcul de ces trois heures : certains estiment qu’il faut compter depuis l’aube jusqu’à la sortie des étoiles (zman magen Avraham), d’autres depuis le lever du soleil jusqu’au coucher (zman haGra). À priori, il faut être rigoureux et calculer la fin du temps de la Kriat Chema à partir de l’aube. Concernant les bénédictions de la Kriat Chema, qui sont d’ordre rabbinique, il faut calculer les quatre heures (fin du temps des bénédictions) à partir du lever du soleil. Toutefois, en cas de nécessité, on peut être indulgent et calculer les heures à partir du lever du soleil même pour la fin du temps de la Kriat Chema. Ainsi, un érudit qui étudie tard dans la nuit peut retarder la prière du matin et réciter la Kriat Chema selon le temps du zman haGra. De même, une communauté qui a l’habitude de retarder la prière le Chabbat ou les jours de fête, et qui arrive à la Kriat Chema après trois heures proportionnelles depuis l’aube, il ne faut pas protester contre eux, mais ils devront veiller dans tous les cas à arriver à la Kriat Chema avant la fin du temps de la Kriat Chema calculé à partir du lever du soleil (zman haGra). Il est correct d’avancer aussi la lecture complète de la Kriat Chema avant « Hodu » ou avant « Baroukh Cheamar », afin de s’acquitter de la mitsva selon toutes les opinions.
Si un fils lit la Kriat Chema et que son père entre dans la pièce, il ne doit pas lui dire "Chalom", car de nos jours, tout le monde pardonne le fait de ne pas interrompre la Kriat Chema et ses berakhot pour saluer son père ou son maître. Cependant, il doit se lever de toute sa hauteur devant lui, même au milieu de la Kriat Chema, comme expliqué précédemment. Si le fils est revenu à la pratique religieuse et que son père reste non pratiquant, et que si le fils ne lui dit pas "Chalom", le père ne comprendra pas que c'est parce qu'il est occupé par la Kriat Chema, dans ce cas, il est permis de lui dire "Chalom" même au milieu de la Kriat Chema.
Certains ont l'habitude, lorsque le chaliah tsibour dit dans la Kriat Chema le verset "lema'an yerbou yemechem", de tourner leur visage vers la droite, et pour "veyeme benechem" vers la gauche. Il n'est pas correct d'agir ainsi.
Quiz sur le thème de Chema Israel
Un mini quiz pour tester vos connaissances. Vous relevez le défi ?

