Thèmes Chaharit

À savoir
Chaharit : la prière du matin dans la tradition juive
Chaharit est la prière matinale du judaïsme, récitée chaque matin depuis l'aube. Son élaboration a commencé à l'époque du Second Temple, puis s'est poursuivie durant les périodes de la Michna et du Talmud. Selon la tradition, c'est Avraham Avinou qui institua cette prière, en se levant tôt le matin pour se tenir devant Hachem, comme le rapporte la Torah.
Les éléments fondamentaux de Chaharit
Les deux piliers les plus anciens de Chaharit sont le Kériat Chéma et la Amida (Chemone Essré). Au fil des générations, de nombreuses bénédictions et prières supplémentaires y ont été ajoutées. Les lundis, jeudis, chabbatot, jours de fête et Roch 'Hodech, une lecture de la Torah vient compléter l'office.
Les horaires de la prière
Le temps idéal pour réciter Chaharit commence au lever du soleil (hanets ha'hama). Cette prière au lever du soleil est appelée « tefila vatikin », considérée comme particulièrement méritoire. En cas de besoin, on peut commencer dès l'alot hachakhar (l'aube). Concernant la fin du temps de Chaharit, la Michna rapporte un débat entre les Tanaïm : la Halakha retient l'opinion de Rabbi Yehouda, qui fixe la limite à la quatrième heure temporelle. Le Choulhane Aroukh et le Rambam font autorité sur ces questions de calcul du temps.
Talith et Téfiline à Chaharit
Il est d'usage de s'envelopper dans le talith gadol durant Chaharit. Dans de nombreuses communautés, seul l'homme marié porte le talith, tandis que dans d'autres, tout homme depuis sa bar-mitsva le revêt. Les téfiline sont également posés à Chaharit en semaine, car leur port est interdit le chabbat et les jours de fête (Yom Tov), ceux-ci étant eux-mêmes qualifiés d'« ot » (signe), tout comme les téfiline. Durant 'Hol ha-Moëd, les coutumes divergent.
Interdits avant la prière
Il est interdit de manger et de boire avant Chaharit. Cette règle est déduite d'un verset de la Torah. Le Choulhane Aroukh autorise de boire de l'eau avant la prière, en s'appuyant sur l'opinion du Raavia. Le Michna Beroura précise qu'il est également permis de boire du thé ou du café sans sucre. Ces détails halakhiques montrent la rigueur et la précision avec lesquelles la tradition juive encadre la prière quotidienne.
Chaharit selon les traditions ashkénaze et séfarade
Le calcul des heures temporelles diffère selon les communautés : la méthode du Maguén Avraham, suivie notamment par les communautés séfarades et les Yéménites, se base sur la durée entre l'alot hachakhar et la sortie des étoiles. La méthode du Vilna Gaon (Gra), adoptée par la majorité des communautés ashkénazes, se fonde sur le temps entre le lever et le coucher du soleil. Cette diversité illustre la richesse des traditions au sein du peuple juif.
Lois de Chaharit : questions-réponses pratiques
Après la Chira, il est d'usage d'ajouter "Nishmat kol hai", car ce texte mentionne la sortie d'Égypte, et c'est pour cela qu'il a été placé à côté du chant. Il est correct de dire "Nishmat" avec mélodie. La formulation correcte est de dire "Hen hem yodou ve-yebarekhou ve-yeshabhou et shimkha..." et il faut sauter le mot "veyashorerou".
Il est recommandé, lorsque cela est possible, d'avoir un talit gadol réservé au Chabbat, plus beau que celui utilisé en semaine. Cependant, il n'y a pas d'obligation d'acheter un manteau de pluie spécialement pour le Chabbat.
Il est d'usage d'ajouter le mizmor « Hachamayim mesaprim » et d'autres mizmorim le Chabbat et les jours de fête, car il n'y a pas de crainte d'interruption du travail pour le peuple.
Même pendant Chabbat et Yom Tov, il faut juxtaposer la guéoula à la téfila, sans parler ni interrompre entre la guéoula et la téfila. Toutefois, si l'on entend le Kaddich ou la Kedoucha pendant Chabbat entre la guéoula et la téfila, on interrompt pour répondre avec l'assemblée, comme pour la lecture du Chema et ses bénédictions.
Il existe une coutume de retarder légèrement l'heure de la tefila de Chaharit les Chabbat et jours de fête, et de ne pas prier aussi tôt que les jours de semaine. Cependant, il faut veiller à ne pas dépasser le temps limite de la Kriat Chema et de la tefila. En cas de nécessité, on peut s'appuyer sur les horaires de Kriat Chema selon le Gaon de Vilna et le Hazon Ich, comme indiqué dans les calendriers. Malgré tout, il est préférable d'adopter la pratique de réciter la Kriat Chema avant « Baroukh Cheamar », en ayant l'intention que si l'on n'a pas le temps de la réciter avec ses bénédictions dans le temps prescrit, on s'acquitte de son obligation avec la Kriat Chema récitée avant « Baroukh Cheamar ».
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