Thèmes Tsitsit

À savoir
La mitsva des Tsitsit : une obligation biblique
Les Tsitsit sont des franges nouées aux quatre coins d'un vêtement à quatre pans, conformément à la prescription de la Torah. La source principale de cette mitsva se trouve dans la paracha Chelah, au livre des Nombres (15, 38-39) : Dieu ordonne aux fils d'Israël de fixer des Tsitsit sur les coins de leurs vêtements, avec un fil de tekhelèt (bleu-violet). La mitsva est également mentionnée dans le Devarim (22, 12), qui prescrit de confectionner des guedilim sur les quatre coins du vêtement.
Signification et raison de la mitsva
La Torah elle-même explique la finalité des Tsitsit : « Vous les verrez et vous vous souviendrez de toutes les mitsvot de l'Éternel. » Le regard porté sur les Tsitsit doit préserver l'homme du péché en lui rappelant ses obligations envers le Créateur. Rachi, dans son commentaire du verset, note que le mot hébreu tsitsit évoque à la fois la notion de regarder (comme celui qui observe par une fissure) et celle de touffe de fils. Les Sages enseignent également que la couleur tekhelèt rappelle la mer, le ciel et le Trône divin.
Le Talit gadol et le Talit katan
Puisqu'il n'est plus courant aujourd'hui de porter des vêtements à quatre pans comme autrefois, la pratique courante consiste à observer la mitsva des Tsitsit de deux façons. Le Talit katan est un petit vêtement porté sous la chemise tout au long de la journée. Le Talit gadol, lui, est revêtu lors de la prière du Cha'harit. Les autorités rishonim débattent de la question de savoir si l'obligation s'applique uniquement le jour ou également la nuit.
Lois des Tsitsit selon la Halakha
Le Choulhan Aroukh, dans la section Choulhan Aroukh Orah Hayim (Hilkhot Tsitsit, siman 8 à 24), codifie en détail l'ensemble des lois relatives aux Tsitsit : matière des fils, nombre de nœuds et d'enroulements, conditions de validité du vêtement, bénédiction à réciter, etc. Le Rambam les traite dans le Sefer Ahava de son Michneh Torah (Hilkhot Tsitsit). L'obligation est imposée à tout homme juif, les femmes en étant exemptées selon la Halakha classique, bien que certaines autorités leur permettent de l'accomplir.
Les Tsitsit et la prière : lien avec le Chema Israël
La troisième section du Chema Israël (Bamidbar 15, 37-41) est précisément le passage qui prescrit les Tsitsit. C'est pourquoi cette lecture quotidienne est intimement liée à la mitsva : la récitation du Chema rappelle l'obligation de se souvenir de toutes les mitsvot, symbolisée par le regard porté sur les Tsitsit. Le Talit gadol est ainsi revêtu avant la prière du matin, renforçant le lien spirituel entre le vêtement et l'acte de prière.
Tsitsit parmi les mitsvot vestimentaires
Les Tsitsit forment, avec les Tefiline et la Mezouza, le triptyque des mitsvot les plus quotidiennes de la vie juive observante. Tandis que les Tefiline sont placés sur le corps lors de la prière du matin et que la Mezouza sanctifie l'entrée du foyer, les Tsitsit accompagnent l'homme juif dans ses déplacements tout au long de la journée, lui rappelant à chaque instant sa relation avec le Créateur et son appartenance au peuple d'Israël.
Lois de Tsitsit : questions-réponses pratiques
Il est bon de regarder les tsitsit au moment de s'en envelopper, lorsqu'on récite la bénédiction. Il est aussi approprié de regarder les tsitsit à tout moment, car cela apporte un bénéfice à la personne pour ne pas en venir à fauter.
Il est permis de prêter son talit à quelqu'un qui souhaite monter à la Torah ou monter à la douhan. Après la montée à la Torah ou à la douhan, il le rend et on peut le remettre sans réciter la berakha. Puisque la coutume est de ne pas réciter la berakha dans ce cas, il n'y a aucune inquiétude à avoir.
De même, les baalei techouva qui se renforcent dans l'observance de la Torah et des mitsvot, et qui souhaitent sortir les tsitsit à l'extérieur de leurs vêtements afin de se distinguer de l'environnement laïc dans lequel ils vivent, sont autorisés à le faire. Mais après s'être renforcés dans la Torah et les mitsvot, ou après avoir déménagé dans un environnement de personnes craignant le Ciel, ils devront revenir à la coutume de nos maîtres séfarades et rentrer les tsitsit sous leurs vêtements.
Il est interdit de porter un Sefer Torah sur son bras dans un cimetière, même s’il est enveloppé dans un tissu et qu’on ne lit pas dedans. Certains disent que l’interdiction ne concerne que le fait de marcher avec un Sefer Torah et de lire dedans, car cela constituerait une moquerie envers les morts, mais que le simple fait de le porter ne pose pas problème. D’autres sont rigoureux même pour le simple fait d’entrer dans un cimetière avec un Sefer Torah sur le bras. L’opinion principale est qu’il faut être rigoureux sur ce point.
Il convient de veiller à laver le talit de temps en temps s'il est sale, afin qu'il reste propre et blanc, d'autant plus que cela relève de "C'est mon D.ieu et je l'embellirai" et de l'honneur de la mitsva.
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