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Sciences et Talmud: Première Partie

Jeudi 16 Octobre 2008 | 11h02   Vue : 4078 fois
 
 
 
 




Dans le Choul'hane 'Aroukh (Ora'h 'Haïm, 224), code législatif qui régit la vie juive, parmi les lois relatives aux bénédictions, nous lisons: Celui qui voit un 'Hakham Juif (Sage Juif) dit: "Béni soit Celui qui a distribué de sa 'Hokhma, (de sa sagesse), à ceux qui le craignent".

Celui qui voit un 'Hakham non Juif, savant dans la connaissance du monde, dit: "Béni soit Celui qui a donné de sa 'Hokhma à un être de chair et de sang". Nous observons qu'un même mot hébreu, le mot 'Hakham, désigne indifféremment celui qui s'adonne aux sciences de la nature, le savant, et celui que l'on a coutume d'appeler le Sage, celui qui s'adonne à l'étude et à l'approfondissement de la Tora.

De même, la connaissance acquise par l'étude de la Tora et les connaissances sur le monde, les sciences, sont désignées par le même terme 'Hokhma. L'objet de cette étude est d'éclairer cette analogie. Pour la commodité, elle est divisée en deux parties. Dans un premier temps, la tradition juive par rapport à la science ; puis, dans une seconde partie, en quel sens la connaissance issue de la Tora s'appelle également science et quelle est alors sa place, en tant que science, dans l'ensemble de toutes les connaissances.



Les talmudistes avaient devant eux l'exemple d'une science exacte, l'astronomie, portée dès l'antiquité à un haut degré de perfectionnement. Les Grecs ou les Chaldéens observaient avec minutie le mouvement des astres et savaient effectuer des prévisions précises. Il est donc naturel que ce soit à propos de l'astronomie que la position des talmudistes ait été formulée en premier lieu.

Première question : la connaissance scientifique a-t-elle une valeur en soi ? Ou bien au contraire, sa valeur et son importance résultent-elles seulement de ses applications pratiques ?

Une réponse sans ambiguïté est donnée dans le traité Chabbate (75a) : Rabbi Chim'one Bèn Pazi affirme : "celui qui est capable de faire des calculs d'astronomie et ne le fait pas, sur lui le verset dit: l'œuvre de l'Éternel, ils ne la regardent pas, et le travail de ses mains, ils ne le voient pas" (Isaïe, V, 12).

Le sens premier du texte d'Isaïe cité n'a aucun rapport avec l'astronomie. Pour s'en convaincre, il suffit de replacer le verset dans son contexte (Isaïe, V, 11) : Malheur à ceux qui se lèvent de bon matin pour courir aux liqueurs fortes et s'attardent dans la nuit, échauffés par le vin, qui mêlent la harpe et la lyre, le tambourin, la flûte et le vin à leurs repas. L'œuvre de l'Éternel, ils ne la regardent pas, le travail de ses mains, ils ne le voient pas.


Le prophète Isaïe ne traite pas d'astronomie mais décrit la vie de jouissance des hommes de son temps et leur reproche de s'abrutir dans le vin sans réfléchir à la signification dernière des choses.

Rabbi Chim'one ne cherche pas à expliquer ce sens premier et évident mais veut lui ajouter une autre dimension. Dans son sens coutumier, la contemplation de l'œuvre de l'Éternel est une notion religieuse. Rabbi Chim'one lui donne un sens nouveau : "contempler l'œuvre de l'Éternel" devient par définition accéder à la vision scientifique du monde, vision de lois rigoureuses, de lois mathématiques cachées derrière l'apparence sensible.

Et inversement, la réelle connaissance des lois du monde, le calcul auquel l'homme est capable de soumettre les phénomènes, prennent une valeur intrinsèque qui dépasse celle de leur seule utilité : l'approche scientifique est une vision véritable de la réalité, vision de l'œuvre de l'Éternel.

Cette première conclusion soulève une nouvelle question : la science est-elle seulement juste vision, juste approche du monde sensible ? Ou bien au contraire, a-t-elle également une valeur théorique ? Est-elle aussi un modèle de pensée ? La suite du texte nous éclaire sur ce point : Rabbi Chémouèl Bèn Na'hmani a dit au nom de Rabbi Yo'hanane : "d'où savons-nous que c'est une obligation de faire des calculs d'astronomie ? C'est qu'il est dit: Vous les garderez et vous les accomplirez, car c'est votre sagesse et votre intelligence aux yeux des peuples ; qu'est-ce qui est sagesse ('Hokhma) et intelligence (Bina) aux yeux des peuples ? C'est l'astronomie" (Deutéronome, IV, 6).


Ici encore, le verset cité est pris dans un sens différent de son sens premier indiqué par le contexte.

En effet, il s'agit dans ce passage des lois de la Tora et non d'astronomie (Idem): "Voyez, je vous ai enseigné des lois et des statuts, selon ce que m'a ordonné l'Eternel mon Dieu, afin que vous vous y conformiez dans le pays où vous allez entrer pour le posséder". Vous les garderez et les accomplirez... La distorsion que Rabbi Chémouèl Bèn Na'hmani fait subir à ce sens premier nous montre que, à ses yeux, l'astronomie relève, comme les lois de la Tora, des concepts de 'Hokhma et Bina, science et intelligence.

Une importance dans l'ordre de la pensée est reconnue à l'astronomie. La science ne constitue pas seulement une relation éminente avec le monde sensible comme nous l'avons déjà établi. Sa valeur en tant qu'activité théorique est également reconnue. L'astronomie est une 'Hokhma, un savoir qui prolonge celui qui nous est donné dans la Tora.


Dans le même mouvement, Rabbi Chémouèl Bèn Na'hmani énonce que le peuple juif ne saurait limiter son horizon intellectuel à la seule connaissance de la Tora. Cette connaissance doit impérativement être complétée par une activité scientifique. Il y a là une condition nécessaire au rayonnement du peuple juif dans le monde.

Croire que l'étude et la pratique de la Tora puissent à elles seules valoir au peuple juif l'estime des autres peuples est une illusion. Remarquons incidemment que, d'une manière générale, le commandement dont il est question a été mis en pratique et que le rôle du peuple juif dans le développement des sciences est tout à fait honorable. Venons-en maintenant à une question de nature épistémologique. Doit-on accorder à la vérité qui apparaît dans la science une valeur absolue ou seulement une valeur relative ? Est-elle entachée par définition d'un doute provenant de son origine non révélée ? La raison et l'expérience humaine convenablement dirigées permettent-elles d'atteindre dans le domaine où elles s'exercent une vérité indiscutable ?



Edition du Michné Tora (1550)
Les passages déjà cités laissent plus ou moins entendre que la réponse à cette question épistémologique est positive mais un texte important du Rambam lève toute ambiguïté à ce sujet.

Dans le Michné Tora (Lois de la fixation des mois, XVII, 24), Rambam, après avoir établi les règles du calcul du calendrier juif, conclut ainsi: "La raison de tous ces calculs, la manière dont tout cela a été connu et peut se prouver, constitue la science de l'astronomie et de la géométrie. Les savants grecs ont écrit à ce sujet de nombreux livres qui se trouvent à présent entre les mains de nos sages. Les livres qu'avaient écrit les savants de la tribu d'Issakhar au temps des prophètes ne nous sont pas parvenus ; mais étant donné que toutes ces choses se démontrent par des preuves sans défaut qu'il est impossible à quiconque de contester, on ne tient pas compte de l'auteur, qu'il s'agisse d'un prophète ou d'un savant étranger. Plus généralement, pour toute chose dont la raison est évidente et dont la vérité se démontre par des preuves sans défaut, nous nous appuyons sur l'homme qui l'a dite ou enseignée".

Pour le Rambam, la raison humaine et l'expérience constituent donc des sources de vérité authentiques, sous réserve qu'elles soient utilisées avec précaution. Si la raison des phénomènes apparaît de manière claire et si les preuves théoriques ou expérimentales sont sans défaut, on doit accorder foi aux affirmations du savant. Il n'y a pas lieu de se retrancher derrière un quelconque scepticisme pour en minimiser la valeur. L'évidence et la démonstration sont les critères d'une vérité authentique.



Le Rambam
On doit cependant remarquer que le Rambam laisse percer entre les lignes une certaine inquiétude. Une raison alléguée peut ne pas être évidente, une preuve peut être truquée ou insuffisante.

Cela nous conduit à une nouvelle interrogation. N'y aurait-il pas des perversions de la science ? Ce qui est présenté comme vérité objective ne peut-il pas être parfois une illusion ? N'y a-t-il pas même lieu éventuellement de s'imposer une autocensure relativement à certains enseignements ou certaines recherches ?

La suite du texte de la Guémara de Chabbate déjà cité va nous éclairer sur ce point en introduisant une distinction essentielle : "Qu'est-ce qu'un Magouch ? Rav et Samuel en discutaient. L'un disait : "c'est un sorcier". L'autre disait : "c'est un blasphémateur" (Rachi explique : un militant d'une doctrine idolâtre). On peut démontrer que c'est Rav qui disait : "c'est un blasphémateur". En effet Rav Zoutra a dit au nom de Rav : "celui qui apprend quelque chose d'un Magouch mérite la mort".

Or, à propos des sorciers il est dit (Deutéronome, XVIII, 9) : "Tu n'apprendras pas à pratiquer les abominations de ces peuples". Ce qui sous-entend: "tu ne peux apprendre pour pratiquer mais tu peux apprendre pour comprendre et légiférer". Donc puisque Rav interdit d'apprendre d'un Magouch, cela ne peut s'appliquer à un sorcier et par conséquent c'est lui pour qui Magouch signifie blasphémateur.


Ainsi, le Talmud distingue deux aspects dans la perversion de la vérité. Le premier se définit par le concept de sorcellerie.

Il s'agit de l'exploitation sous des formes infiniment variées de la crédulité populaire ; toutes les pratiques de charlatans, nécromanciens, devins..., relèvent évidemment et directement de cette notion de sorcellerie. L'analyse de ces pratiques commence dans la Tora, puis est développée par le Talmud et les décisionnaires. Mais l'on peut également rattacher à ce concept toute forme d'escroquerie intellectuelle, ancienne ou nouvelle. Longue est la liste des illusions, mensonges et escroqueries qui ont accompagné le progrès scientifique. Tout se passe comme si, spécialement dans ses débuts, chaque science sécrétait sa propre sorcellerie.

L'astrologie, l'alchimie, les potions magiques et les cures de jouvence en sont quelques exemples. Plus près de nous, la psychanalyse, bien que science véritable dans son principe, a donné et peut-être donne encore lieu à de multiples abus, que ce soit dans la pratique psychanalytique elle-même ou surtout dans les conclusions idéologiques et morales auxquelles elle conduit parfois.






   


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