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La prière du coucher : une source de protection

Jeudi 8 Avril 2010 | 10h45   Vue : 22569 fois
 
 
 
 



      La prière du coucher est née de deux sentiments différents d'une part, celui de la gratitude pour les bienfaits du sommeil, et d'autre part, celui du besoin de protection contre les dangers de la nuit et des ténèbres.

      La détente procurée par un sommeil paisible est considérée par nos Sages comme un des plus grands bienfaits prodigués à l'homme par le Créateur. " Et voici, c'était éminemment bien ". D'après R. Simon ben Eléazar, cette phrase de la Genèse fait allusion au sommeil qui, même en un bref moment, rend à l'esprit la capacité de recevoir à nouveau la lumière de la connaissance (Gen. R. chap. 9). Nous consacrons donc une bénédiction spéciale à ce bienfait, immédiatement avant de nous mettre au lit. Mais nous joignons également à cette bénédiction une demande de protection contre le double péril nocturne : celui qui menace notre bien-être physique autant que spirituel. En effet, c'est la nuit que certaines forces obscures menacent les êtres sans défense. L'épouvante les saisit " à cause du piège tendu et de la mort qui guette dans les ténèbres " (ps. XCI).

      Cependant, l'âme non moins que le corps doit affronter les périls de la nuit évoqués par " les mauvais rêves et les imaginations mauvaises ". Elles menacent de souiller la pureté de nos pensées et de nos sentiments. Nos Sages enseignent que la meilleure protection contre les " frayeurs de la nuit" (ibid.) est une conscience nette acquise par une conduite morale conforme à la volonté du Créateur.


      Mais ils nous recommandent, en outre, deux armes, pour préserver l'âme durant les heures nocturnes. L'une est la lecture du premier passage du Chéma', qui .nous enseigne le précepte d'aimer Dieu " de tout ton cœur, de toute ton âme et 'de tout ton pouvoir ".

      Ces paroles ne peuvent manquer d'avoir un effet profond sur quiconque a su conserver un cœur pur et généreux. Cette arme qui nous préserve des mauvaises pensées est accessible à tous. Celui qui " récite le Chéma' avant de se coucher, tient dans ses mains l'épée à double tranchant des justes ", dont parle le Psalmiste (CXLIX, 5).

      Une seconde mesure de protection, non moins efficace que la première, est recommandée au juif instruit: s'occuper de l'étude de la Tora. Ce moyen peut même remplacer la lecture du Chéma' (Bérakhote 5a). Nos Sages, qui ont eu une parfaite connaissance de la psychologie humaine, nous conseillent, soit de répéter le Chéma' ans discontinuer, soit de garder l'esprit occupé du sujet étudié de la Tora jusqu'au moment de sombrer dans le sommeil (Choul'hane 'Aroukh Ora'h 'Haïm, chap. 239, par.1). Car celui qui s'endort dans un état d'esprit aussi pur, se protège jusqu'à l'extrême limite de nos possibilités humaines des (" accidents nocturnes ", souillants et humiliants, qui surprennent l'homme dans son sommeil.


      Ainsi donc la bénédiction " Hamapil ", comprenant les remerciements pour le bienfait du sommeil et la demande de protection, forme avec le " Chéma' ", l'essentiel de la prière avant de se coucher.

      Hamapil : " Sois béni, Seigneur, notre Dieu, Roi de l'Univers., qui fait descendre le bandeau du sommeil sur mes yeux et l'assoupissement sur mes paupières.

      Et telle puisse être Ta volonté, Seigneur, mon Dieu et Dieu de mes pères, que de me faire coucher en paix et relever en paix et que ne me troublent pas mes pensées, ni des mauvais rêves ni des visions impures et que ma couche soit parfaite devant Toi. Rends la lumière à mes yeux afin que je ne m'endorme pas du sommeil de la mort, car c'est Toi qui rends la lumière à la prunelle des yeux. Sois béni, Seigneur, qui éclaires tout l'univers de Sa majesté ".


      Cette Bérakha abonde en versions différentes dans le Talmud (Bérakhote 60b) et elle correspond, selon l'une d'entre elles, à la Bérakha " Hama'avir Chéna Mé'énaï… ", dite le matin, où nous remercions Dieu de nous avoir délivrés des liens du sommeil, tandis qu'ici nous le remercions de nous donner ce même sommeil.

      Cette bénédiction se rapporte d'abord à la protection contre le danger menaçant notre corps, puis, aux pensées troublant notre esprit et notre âme. Les pensées qui nous hantent pendant nos heures de veille donnent lieu à des rêves et à des hallucinations pendant notre sommeil (selon le Ps. XIII, 4 ; cf. Bérakhote 57b).

      De même que la bénédiction correspondante au matin, celle-ci est rédigée à la première personne du singulier, car elle concerne le bien-être personnel, physique et mental, et n'est pas prescrite pour l'office en commun (cf. cependant Maguèn Avraham chap. 46, 4).


      R. Yéhochoua' Bèn Lévi avait l'habitude de dire (Ps. XCI), " Yochèv Béssétèr 'Élyone " et (Ps. III) " Hachèm Ma Rabou Tsaraï ", avant le coucher (Chévou'ote 15b). C'est pourquoi tous deux furent inclus dans la Prière du Coucher. En fait, leur contenu n'est rien d'autre qu'une imploration pour la protection contre toutes les forces et influences nuisibles.

      Le Psaume 91, en particulier, l'un de ceux attribués à Moïse, est une demande de défense contre toutes sortes de périls (c'est pourquoi on le dit également à la fin du Chabbate quand celui-ci, qui est un " Tabernacle de paix ", se retire). Cependant, le Talmud souligne qu'on ne doit, en aucun cas, considérer la récitation de versets des Psaumes comme une panacée de toutes les souffrances et tourmentes. On souleva la question suivante : Comment R. Yéhochoua' ben Lévi pouvait-il penser se protéger la nuit en lisant ces psaumes ? Lui-même n'avait-il pas interdit d'utiliser les versets de l'Ecriture comme moyen de guérison? Et l'on répondit : " Ceci est néanmoins permis à des fins préventives ".



RAMBAM
      Le Rambam nous explique plus clairement : "Chercher à se guérir par les paroles de l'Ecriture est interdit. L'Ecriture sainte n'est pas destinée à guérir le corps, mais l'âme.

      Un homme sain peut cependant lire des passages de la Bible et des Psaumes, afin que le mérite acquis par cette lecture le protège du danger et des influences nocives ". (Hilkhote 'Akoum, XI, 12 ; Voir Guémara Bérakhote 54b : " Trois personnes ont besoin d'une protection particulière, etc. ").

      Au temps de son désespoir le plus profond, David retrouva force et espoir par le simple fait de se coucher, de dormir et de s'éveiller. Il y reconnut la garantie que Dieu ne l'avait pas abandonné. Et, s'inspirant de sa propre expérience, il rend à tous ceux qui ont failli à leur tâche et qui ont connu la souffrance, J'éternel espoir. Si Dieu permet à un homme de s'éveiller pour accueillir un jour nouveau, c'est qu'Il l'assure de Son aide pour recouvrer une vie pure et sereine (S. R. Hirsch).

      Voici maintenant un certain nombre de versets que le Talmud appelle " Péssouké Déra'hamim ", versets de divine miséricorde. Il est recommandé de les réciter avant de se coucher (Bérakhote5 a).


      Hamalakh - " Que l'ange qui m'a délivré de tout mal, bénisse ces enfants. Puissent-ils perpétuer mon nom, et le nom de mes pères, Abraham et Isaac, et qu'ils se multiplient à l'infini au milieu de la terre. Et Il dit (le Seigneur à Israël) : Si tu écoutes la voix du Seigneur, ton Dieu, si tu fais ce qui est droit à Ses yeux, prêtes l'oreille à Ses préceptes et observes toutes Ses lois, Je ne t'infligerai pas toutes les plaies dont J'ai frappé l'Egypte, car c'est Moi, le Seigneur, qui te guéris.

      Le Seigneur dit à Satan : Le Seigneur te repousse, Satan, Il te repousse, le Seigneur, qui choisit Jérusalem. Celui-ci n'est-il pas qu'un tison sauvé du feu? Vois la couche de Salomon, soixante guerriers l'entourent d'entre les héros d'Israël; ils sont tous armés du glaive, exercés à la guerre, chacun son glaive au côté, à cause des terreurs des nuits. - Que le Seigneur te bénisse et te garde ; que le Seigneur fasse luire Sa face vers toi et t'accorde la grâce; que le Seigneur lève Sa face vers toi et t'établisse dans la paix ".


      Le premier (l'ange qui m'a délivré) est l'invocation avec laquelle Jacob bénit ses petits-fils (Gen. XLVIII, 16). Le Zohar fait remarquer que le texte ne dit pas " qui m'a sauvé ", mais " Qui me sauve ", forme du présent. Ceci fait allusion à l'Ange gardien qui accompagne et garde perpétuellement le juste (Ex. XV, 26).

      Se référant à ce verset, le Talmud précise que l'étude de la Tora protège l'homme contre les calamités, non moins que la récitation du Chéma' (Bérakhote ibid.)

      Le Seigneur dit à Satan, personnification de tous les obstacles et de toutes les puissances qui nous contrarient, particulièrement aux heures nocturnes, n'est aucunement une puissance indépendante. Il est soumis à la volonté divine autant que tout autre créature (Zach. III, 2) et l'Eternel lui-même " le réprouve comme un tison sauvé du feu ". (Cant. III. 7).


      Avant de nous abandonner au sommeil, notre prière nous amène auprès du lit de Salomon et nous dit : " Voyez Salomon qui fut le plus riche, le plus puissant, le plus sage des rois, mais lorsqu'il eut un moment de faiblesse morale et d'égarement, soixante guerriers armés devaient entourer son lit, brandissant leur glaive pour le protéger des terreurs de la nuit ".

      Avant que " l'homme ne pêche ", remarque le Talmud à propos de ce verset, " ses semblables le considèrent avec crainte et respect; mais dès qu'il a péché, la frayeur s'empare de lui et le fait trembler devant les autres. Mais vous qui n'êtes ni roi, ni riche, ni puissant, si seulement vous avez la conscience nette, vous n'avez besoin d'aucun guerrier porteur de glaive pour vous sauver des terreurs nocturnes, mais l'Eternel vous bénit et vous protège".

" Que l'Eternel te bénisse et te garde, fasse rayonner Sa face sur toi et te soit bienveillant, qu'Il tourne Son regard vers toi et t'accorde la paix. "


      Puis on récite les versets suivants : " Non certes, il ne s'endort ni ne sommeille, celui qui est le gardien d'Israël. " En Ton secours, j'espère, ô Seigneur. J'espère, ô Seigneur, en Ton secours. Ô Seigneur, en Ton secours, j'espère.

      " C'est l'aide de Dieu et de personne d'autre que nous souhaitons. C'est de la source de toute miséricorde que nous attendons une aide. La triple répétition a lieu, pour des raisons Kabalistiques, sur recommandation de l'auteur du " Chéla ".

      " Au nom du Seigneur, Dieu d'Israël, que (l'ange) Michaël soit à ma droite, Gabriel à ma gauche, Ouriel devant moi, derrière moi Raphaël, et sur ma tête la Majesté divine.

      Cette description de la position des anges entourant le trône divin est donnée dans le Midrach Nombre Rabba chap. 2. A sa droite Michaël, exécuteur des prodiges surnaturels, à sa gauche Gabriel, messager de Sa Toute-puissance; Ouriel, en face, portant la lumière divine; et enfin Raphaël, héraut des guérisons.


      L'homme cependant, au nom et avec la permission du Très-Haut, se place ici lui-même au centre de cette assemblée d'anges, sentant la divine présence au dessus de sa tête (R. Hirsch). Car le juste est toujours pénétré de la certitude "qu'un ange du Seigneur entoure ceux qui le craignent, et les fait échapper au danger" (Ps. XXXIV, 8).

      " Chir Hama'alote (Ps. CXXVIII). Ce psaume est ajouté ici, car, selon le Talmud (Bérakhote 57 a), les deux images qui y sont évoquées sont d'un heureux présage pour ceux qui en rêvent. (Matté Moché, n° 401). Une raison supplémentaire est sa mention de Sion et Jérusalem, auxquels nous vouons notre pensée avant de nous endormir.

      " Tremblez et ne vous livrez pas au péché, dites-le en votre cœur sur vos couches et soyez tranquilles. Sélah ! " Nous ne devons avoir qu'une crainte, celle du péché. L'éviter, doit être notre vœu silencieux le plus fervent, que nous exprimons maintenant, dans la solitude, et qui n'est entendu que de Dieu seul. Voir le Maguèn Avraham, chap. 239 par. 7 : " Avant de se coucher, chacun doit faire son examen de conscience, peser ses actions de la journée écoulée et se repentir des injustices et des péchés commis, particulièrement des plus fréquents, tels que la flatterie, l'hypocrisie, la raillerie, la calomnie " .

      " Adone 'Olam : Le verset final de ce poème indique que sa place réelle est bien à cet endroit, dans la prière du coucher. Ce chant exprime une confiance calme, sereine et constante en l'Eternel. Le juif termine sa journée avec la confession de sa foi profonde en Dieu, et dès qu'il s'éveille, il accueille le nouveau jour avec la même exclamation optimiste et joyeuse. Comme toutes les autres additions à la prière originelle du coucher, celle-ci accentue le but de cette prière qui est d'élever le fidèle à la foi confiante en Dieu, au niveau d'une pensée purifiée, et à la paix de l'âme. Cet état d'esprit forme la base idéale d'un sommeil bienheureux, paisible et reposant.

Extrait de l'excellent livre du Rav Munk, " le monde des prières "






   


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