UniversTorah      Questions aux  Rabbanim      Médiathèque &  Playlist      Special Pourim   Yom Shishi
 
Infos Vidéos Photos Chiourim Dossiers Annuaire Qui sommes nous ? R. Shlomo Aben Danan Faire un don BONUS
    Divers   |   Dvar Tora   |   Les Fêtes   |   Halakha   |   Le Saviez Vous ?   |   Documents PDF
 

  Accueil Dossiers Dvar Tora

Rav Eliahou Dessler : Prendre et donner -partie II

Dimanche 8 Mai 2011 | 08h51   Vue : 5870 fois
 
 
 
 


1. Les racines de l'amour


Il n'y a personne au monde qui ne possède au moins une étincelle de la capacité de donner.

On s'en aperçoit par exemple dans les fêtes de famille: la joie n'est pas complète tant qu'elle n'a pas été partagée. De même tout homme aspire au plus profond de lui-même à une forme quelconque de vie sociale (la preuve en est que la peine de prison - qui consiste en une séparation d'avec la société est considérée comme un châtiment très lourd). Quelle est la nature de ces aspirations? Ce sont des étincelles du "donner" .

Tous, nous désirons des enfants. Il y a à cela deux sortes de raisons. L'une est que les enfants donnent un sentiment de continuité. On veut laisser quelque chose derrière soi quand on quitte ce monde. L'autre, peut-être plus forte encore, est la nécessité d'avoir quelqu'un à aimer et à qui faire du bien. C'est pourquoi les couples stériles adoptent souvent des orphelins qu'ils élèvent comme leurs propres enfants. Il y en a même qui adoptent un chien ou un autre animal domestique et qui les traitent presque comme des enfants. C'est bien un signe que l'élan du don est ancré au plus profond de l'âme humaine.

Nous rencontrons là une question intéressante. Nous avons vu que l'amour et le don ne vont pas l'un sans l'autre. Est-ce le don qui engendre l'amour, ou l'amour qui provient du don?

En général, nous pensons que le don vient de l'amour. Quand on aime quelqu'un, on veut lui faire du bien. Mais on peut parfaitement voir les choses de façon opposée. On aime ce que l'on a créé ou entretenu parce qu'on y a investi une part de soi, et c'est soi-même que l'on y retrouve. Il peut s'agir d'un enfant qu'on a engendré ou adopté, d'un animal qu'on a élevé, d'une plante qu'on a soignée, voire même d'un objet inanimé comme une maison qu'on a construite. L'homme est attaché à ses propres œuvres par des liens d'amour, car il se retrouve en elles. Un passage des maximes de nos Sages va dans ce sens. Ils disent, dans le traité Dérèkh Eretz Zouta (chapitre 2): "Si tu veux rester proche de l'amour de ton ami, efforce-toi de rechercher son bien".

Cet amour peut aller très loin. Voyons ce que dit la Tora (la seule source capable de nous enseigner les véritables profondeurs du cœur humain, puisque seul le Créateur connaît tous les secrets de l'âme qu'Il a créée).

Il y a certaines catégories de personnes à qui l'on permet de rentrer chez elles avant une bataille. Ce sont entre autres:
-Quiconque a construit une nouvelle maison et ne l'a pas inaugurée ...
-quiconque a planté une vigne et n'a pas racheté les fruits de la quatrième année qui sont consacrés ...
-quiconque a épousé une femme et ne l'a pas fait entrer chez lui ... (deutéronome 20/5-7). Tous sont traités exactement sur le même pied: le constructeur de la maison et le planteur de vigne sont assimilés au jeune époux, impliqué dans la plus intime des relations humaines. La Tora nous révèle ainsi que l'amour porté au fruit de notre labeur est directement comparable à l'amour d'un homme pour sa fiancée. Il n'y a aucun doute qu'on se trouve là en présence de l'amour engendré par le don.


J'ai été témoin du cas suivant. De jeunes parents avaient un fils qui adoucissait leur existence.

La guerre éclata dans leur région et tous les habitants furent obligés de fuir. Il advint que les armées ennemies séparèrent ceux qui étaient unis: le père et le fils furent isolés d'un côté, la mère se retrouva de l'autre. Cette douloureuse situation devait durer quelques années. Puis la guerre prit fin, la paix fut rétablie et la famille fut enfin réunie - dans le bonheur qu'on imagine.

Hélas! Ils ne purent réparer ce que le temps leur avait pris. L'amour entre le père et le fils était plus profond et plus intime que l'amour de la mère pour le fils. Elle l'avait laissé petit et l'avait retrouvé grand. Il lui paraissait autre - elle avait encore la nostalgie du petit qu'elle avait quitté. C'est tout au moins ce qu'elle imaginait. La cruelle vérité était différente: c'est le père qui avait élevé l'enfant à sa place. C'est cela qu'elle ne pouvait rattraper, les mille et un petits actes d'abnégation de la vie quotidienne qui sont habituellement le lot de la mère, et que le père avait assumés. L'amour engendré par tout ce "don" était entièrement passé au père.

On trouve un autre exemple de ce principe dans la règle Halakhique qui traite de l'aide à apporter à un Juif en détresse.

La Guémara examine deux cas. L'un est celui de la bête de faix dont le fardeau est tombé: c'est une Mitsva d'aider le propriétaire à recharger l'animal. L'autre est celui d'une bête qui ploie sous un fardeau mal chargé. La Mitsva est alors double: éviter à l'animal de continuer à souffrir en le déchargeant, et aider le propriétaire à mieux le recharger.

Si les deux cas se présentent en même temps, le second a la préséance, car il comporte une Mitsva supplémentaire: aider l'animal. En présence de deux situations identiques, si l'un des propriétaires est un ami, et l'autre un ennemi, il faut d'abord aider l'ennemi, parce qu'il existe une Mitsva spécifique d'aider son ennemi, "afin de surmonter son Yétsèr". Mais que faire d'abord: décharger la bête de faix d'un ami en premier, ou recharger celle d'un ennemi? Là encore, dit la Guémara, la Mitsva d'aider son ennemi a la priorité. Bien que ce soit une Mitsva d'éviter la souffrance à un animal, "surmonter son Yétsèr " a la préséance. Il y a ici quelque chose de plus. En résistant à son premier mouvement et en aidant l'ennemi, on élimine automatiquement un peu de la haine de son cœur et on la remplace par l'amour qu'engendre le fait de donner. Avec un peu de sens d'observation, on peut constater de nombreux exemple similaires.

En résumé, ce qui est donné à l'autre n'est jamais perdu, car c'est une prolongation de soi-même. Un peu de soi se retrouve dans la personne à qui l'on a donné. C'est cela l'attachement entre les hommes auquel nous donnons le nom « d'amour ».


2. Tu aimeras ton prochain comme toi-même


Nous avons expliqué dans le chapitre précédent que chaque être humain possède une étincelle du "donner". En d'autres termes, le "prendre" n'a pas reçu l'autorisation d'abolir jusqu'à cette étincelle, sans quoi le monde ne pourrait subsister: qui se marierait, qui aurait des enfants?

Cependant chez la plupart des gens, ce vestige du "donner" est uniquement orienté vers un petit cercle de proches (famille, parents, amis) qu'ils aiment et qui sont pour ainsi dire les leurs. Envers le reste de l'humanité, ils se comportent comme des étrangers, c'est-à-dire d'après les lois du "prendre": envie, exploitation et concurrence féroce. Si seulement l'homme comprenait que l'on finit par aimer celui à qui l'on donne! Il se rendrait compte que J'autre lui paraît étranger uniquement parce qu'il ne lui a encore rien donné, il n'a pas cherché les moyens de lui rendre service. En donnant on se rapproche de la personne, on participe à elle. Si l'on se mettait à faire du bien à tous les gens qu'on rencontre, on ne tarderait pas à s'apercevoir 'lue tous sont des proches, tous sont aimés, tous sont devenus une part de soi-même. Celui qui a atteint ce niveau :élevé conçoit très littéralement le commandement: "Tu aimeras ton prochain comme toi-même - "comme toi ¬même sans aucune différence ... comme toi-même ,véritablement". Car l'âme découvre bientôt que lui et moi sont un, qu'il est véritablement devenu "comme moi-même" .


3. L'amour entre l' homme et la femme


L'amour entre un homme et une femme est l'une des merveilles de l'âme. Il semblerait à première vue que cet amour n'ait aucun contenu réel et ne soit pas autre chose qu'un artifice de la sagesse du Créateur pour assurer la continuité du monde, de même que la faim assure la préservation du corps.

L'explication n'est pas là. Si tel était le but, il aurait suffit de créer le désir physique et le désir d'avoir des enfants. Pourquoi donc l'addition de ce lien affectif? J'ai entendu dire que cet amour résulte de la gratitude mutuelle des membres du couple qui s'aident l'un l'autre à accomplir leurs instincts naturels. Mais c'est une erreur. Il ne manque certes pas d'ingrats en ce monde, pourtant eux aussi sont capables d'aimer une personne de l'autre sexe. On doit plutôt comprendre que cet amour vient de ce qu'ils se complètent l'un l'autre. Hachèm a créé l'être humain défectueux et incapable d'assumer seul la mission qui lui incombe. C'est ce qu'ont dit nos Sages: "Celui qui n'a pas de femme ... n'est pas un être complet". Ensemble ils se donnent l'un à l'autre cette complémentarité. Nous l'avons vu: celui qui donne, aime. Ils en viennent donc à s'aimer. Naturellement, leur amour les poussera en retour à vouloir donner. En se prodiguant l'un à l'autre plaisir et bonheur, leur amour se consolidera et s'intensifiera. Cela peut nous aider à comprendre un autre fait non moins étonnant: pourquoi arrive-t-il si souvent que cet amour ne résiste pas à l'épreuve du temps? C'est bien simple. La plupart des gens prennent plus qu'ils ne donnent. Lorsque leur instinct biologique prend le dessus, ils se mettent à donner - donc à aimer. Mais dès que la nature est apaisée, ils se remettent bien rapidement à prendre, sans forcément s'en rendre compte eux-mêmes. On s'aimait, on se "donnait" mutuellement. Et voilà qu'on se met à "prendre", à exprimer des exigences, à évoquer des obligations ... Comment l'amour survivrait-il à un pareil traitement?

C'est ce que je dis toujours aux jeunes couples l'heureux jour de leur mariage: "Soyez vigilants, mes chers amis, pour garder vivant en vous ce grand désir de donner plénitude et bonheur l'un à l'autre. Car sachez bien qu'au moment où vous commencerez à avoir des exigences l'un envers l'autre, votre bonheur ne sera plus qu'un souvenir".


Il y a des gens qui ne veulent pas se marier. Cela tient au fait qu'ils sont incapables de s'arracher au "prendre" qui règne en eux et que même leurs instincts naturels n'arrivent pas à les transformer en "donneurs", fût-ce temporairement.

De la même façon, il y a des couples qui veulent aussi peu d'enfants que possible, phénomène très fréquent à notre époque. Ce sont des spécimens remarquables de la puissance du "prendre": ils ne veulent absolument pas "donner", fût-ce à leurs propres enfants.

En résumé, la plus belle relation entre mari et femme se noue lorsque tous deux ont atteint le niveau du don mutuel. Alors leur amour ne s'éteint jamais et leur vie est toute de bonheur et de satisfaction aussi longtemps qu'ils vivent sur terre.

Extrait du Mikhtav Mé-Elihaou du Rav Élihaou Dessler

Voir la première partie
.




   


L'extraordinaire prédiction du Rav Ovadia Yossef
La fabrication du vin Kacher
Laurel et Hardy, danseurs Yéménites
Bar Yo'haï, pilier du monde
Peut on faire une bénédiction sur un aliment interdit ?
Jerusalem 1935



Annuaire de sites
Découvrez
Cyber Espace Du Judaïsme
http://www.cedj.org/
 

    © Copyright UniversTorah.com 2011 - Tous droits réservés à Na'halat Shlomo