Thèmes Tou Bichvat

À savoir
Tou Bichvat : le Nouvel An des arbres dans la tradition juive
Tou Bichvat, célébrée le 15 du mois de Chevat, est l'une des quatre nouvelles années mentionnées dans la Michna (Roch Hachana 1:1). Son nom signifie littéralement « le quinzième de Chevat ». Comme Roch Hodech marque le renouveau mensuel, Tou Bichvat marque, dans le calendrier agricole d'Israël, le moment où la sève commence à remonter dans les arbres fruitiers après l'hiver.
Origines halakhiques
Dans la Halakha, Tou Bichvat sert de date de référence pour le calcul des dîmes agricoles (ma'asser) et des années de la chemita. Le Talmud (traité Roch Hachana) présente deux opinions : celle de Beit Chamaï (1er Chevat) et celle de Beit Hillel (15 Chevat), retenue définitivement. Cette date délimite l'année fruitière pour les fruits des arbres.
Le Séder de Tou Bichvat
À l'époque des kabbalistes de Safed, au XVIe siècle de l'ère commune, la coutume du Séder de Tou Bichvat se développa, notamment sous l'influence de Rabbi Yits'hak Louria (Ari Zal). Ce repas rituel, inspiré du Séder de Pessa'h, consiste à déguster les fruits caractéristiques d'Israël — figues, dattes, grenades, olives, raisins — en suivant un ordre précis, et à réciter des bénédictions et des passages du Tanakh liés à la terre et aux arbres.
Place dans le calendrier juif
Tou Bichvat s'inscrit dans un calendrier riche où chaque saison porte ses fêtes propres. Après les jours solennels de Roch Hachana et le recueillement de Tich'a BeAv, après la lumière de 'Hanouka en hiver, Tou Bichvat annonce le printemps qui vient, ouvrant la voie vers Pourim, puis Pessa'h, le compte de l'Omer, Chavouot et Souccot. En été, Lag Ba'Omer et Tou Béav ponctuent eux aussi le cycle du calendrier hébreu. Mimouna, fête joyeuse au lendemain de Pessa'h dans les communautés d'Afrique du Nord, témoigne également de cet attachement profond à la nature et aux fruits de la terre.
Coutumes et pratiques
Il est d'usage de ne pas réciter de Ta'hanoun (supplications) ce jour-là, et certains jeûnent la veille pour marquer une forme de préparation spirituelle. La coutume de manger des fruits nouveaux, en particulier les sept espèces louées dans la Torah (Devarim 8:8), est universellement répandue. Dans les communautés séfarades, le Séder de Tou Bichvat est particulièrement développé et fait l'objet de liturgies spécifiques.
Dimension spirituelle
Au-delà de sa dimension agricole, Tou Bichvat invite à une méditation sur le lien entre le peuple juif et la Terre d'Israël. Les Maîtres enseignent que l'arbre est une métaphore de l'homme (Devarim 20:19 : « car l'homme est l'arbre des champs »), ce qui confère à cette fête une profondeur éthique et spirituelle propre à la pensée juive orthodoxe.
Lois de Tou Bichvat : questions-réponses pratiques
Pour les fruits susceptibles de contenir des vers, il faut les ouvrir et les examiner avant de réciter la berakha de jouissance. Il est nécessaire de rappeler régulièrement l'importance de vérifier les fruits et légumes réputés pour contenir des vers, car il s'agit d'une interdiction grave : celui qui mange un ver transgresse cinq interdits de la Torah. Une telle personne souille son âme et éloigne son cœur du service d'Hachem.
Certains ont la coutume de confire l'etrog dans du sucre pour en faire une confiture et de le consommer la nuit de Tou Bichvat. Il ne faut pas réciter la bénédiction de chehecheyanu sur cet etrog selon tous les avis, car on a déjà récité cette bénédiction lors de la prise de l'etrog avec le loulav pendant la fête de Souccot, ce qui dispense également de la réciter pour la consommation, comme c'est le cas lorsqu'on récite chehecheyanu à la vue d'un fruit nouveau et qu'on ne la répète pas lors de la consommation. Cependant, une femme doit réciter la bénédiction de chehecheyanu à Tou Bichvat lors de la consommation de l'etrog, puisqu'elle ne récite pas cette bénédiction sur le loulav.
Il est d'usage de multiplier la consommation de fruits d'arbres la nuit de Tou Bichvat, en particulier des fruits pour lesquels la terre d'Israël a été louée, afin de montrer que c'est le Roch Hachana des arbres, et de réciter sur eux les berakhoth appropriées. C'est une belle coutume.
Dans les endroits où il est d'usage que le fiancé jeûne le jour de son mariage, il ne jeûnera pas à Tou Bichvat, même s'il jeûne le jour de son mariage pendant le mois de Nissan. De toute façon, la coutume des Séfarades est que le fiancé ne jeûne pas du tout le jour de son mariage, même les autres jours de l'année.
Lorsque Tou Bichvat tombe un Chabbat, certains ont l'habitude d'apporter les fruits pour réciter la berakha dessus immédiatement après le Kiddouch, avant la Nétilat Yadaïm du repas. Il y a lieu d'émettre des réserves sur cette coutume, car il existe une divergence parmi les décisionnaires pour savoir s'il faut réciter une berakha aharona après ces fruits, ou si l'on est quitte par le Birkat Hamazon après le repas. En tout cas, si l'on a apporté les fruits avant le repas et qu'on en a mangé la quantité requise, on ne récitera pas de berakha aharona.
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