Thèmes Tich'a BeAv

À savoir
Tich'a BeAv : le jour de deuil national du peuple juif
Tich'a BeAv, le 9 du mois d'Av, est le jeûne le plus solennel du calendrier hébraïque après Yom Kippour. Ce jour de deuil commémore la destruction du Premier Temple (Beth Hamikdach) par les Babyloniens, puis celle du Second Temple par les Romains, deux catastrophes survenues le même jour à des siècles d'écart. Il marque aussi plusieurs autres tragédies du peuple juif : la condamnation de la génération du désert à ne jamais entrer en Terre d'Israël, la chute de Beitar et la dévastation de Jérusalem.
Les Bein Hametsarim : trois semaines de préparation
Tich'a BeAv est le point culminant de la période de deuil appelée Bein Hametsarim, qui débute le 17 Tamouz - jeûne qui commémore la brèche dans les murs de Jérusalem. Ces trois semaines s'accompagnent de restrictions progressives, s'intensifiant lors des neuf jours du mois d'Av. La Galouth (exil) du peuple juif, qui dure depuis près de deux millénaires, est au coeur de la méditation de cette période.
Le jeûne et ses obligations halakhiques
À la différence des autres jeûnes mineurs comme le 10 Tevet, le Tsom Guedaliah ou la Taanit Esther, Tich'a BeAv dure de la tombée de la nuit précédente jusqu'à la sortie des étoiles le lendemain, soit environ 25 heures. Il comprend les cinq privations habituelles de Yom Kippour : abstention de manger et de boire, interdiction de se baigner, de porter des chaussures de cuir, de se parfumer et des relations conjugales. Le traité Taanit de la Michna décrit en détail l'ensemble de ces interdictions.
Les rites du jour : Eikha et Kinot
Le soir de Tich'a BeAv, la communauté se réunit pour lire à voix haute le livre de Eikha (les Lamentations), dont les versets décrivent avec une profonde émotion la destruction de Jérusalem et du Beth Hamikdach. Le lendemain matin, on récite les Kinot, élégies poétiques qui évoquent la ruine du Temple, les souffrances de l'exil et les épreuves traversées par le peuple juif au cours de l'histoire. En signe de deuil, il est d'usage de s'asseoir à terre, d'éviter toute étude de Torah non liée au deuil, et de renoncer aux salutations habituelles.
Le Mont du Temple et l'espoir messianique
Tich'a BeAv est intimement lié au souvenir du Mont du Temple, emplacement sacré du Beth Hamikdach dont la destruction est pleurée chaque année. La tradition enseigne, rapportée dans le Talmud de Jérusalem, que le Machia'h naît le jour de Tich'a BeAv, portant en lui la promesse de la rédemption. Le prophète Zacharie annonce que les jeûnes du deuil, dont Tich'a BeAv, se transformeront en jours de fête et de joie lors de la reconstruction du Troisième Temple.
Un jour de deuil tourné vers l'espérance
Tich'a BeAv n'est pas seulement un jour de tristesse : il est aussi un appel à la téchouva et à la prise de conscience collective. Les autorités halakhiques, depuis le Talmud jusqu'au Choulhane Aroukh, ont codifié ses lois pour que chaque génération en transmette le souvenir. En 2026, Tich'a BeAv est observé le 23 juillet (10 Av, la date étant reportée car le 9 Av tombe un Chabbat).
Lois de Tich'a BeAv : questions-réponses pratiques
Le jour de Tich'a Beav, il est interdit de manger, de boire, de se laver, de s'enduire le corps, de porter des chaussures en cuir et d'avoir des relations conjugales. La nuit de Tich'a Beav est soumise aux mêmes interdictions que le jour. Il n'est permis de manger que tant qu'il fait encore jour la veille de Tich'a Beav. Dès le début de la période de ben hachmachot (crépuscule) précédant Tich'a Beav, les interdictions s'appliquent comme pour Yom Kippour.
Lors de la prière de Min'ha à Tich'a Beav, on s'assoit sur des bancs comme les autres jours de l'année.
Ceux qui mettent les tefiline de Rabbénou Tam chaque jour doivent aussi les mettre à Tich'a Beav. Si, dans leur lieu, on a l'habitude de mettre les tefiline à Cha'harit à Tich'a Beav, ils mettront également les tefiline de Rabbénou Tam à Cha'harit. Si, dans leur lieu, on a l'habitude de mettre les tefiline à Min'ha à Tich'a Beav, il convient qu'ils mettent les tefiline de Rachi et de Rabbénou Tam chez eux avant la prière de Cha'harit, et qu'ils lisent avec eux le Chema, puis qu'ils remettent les tefiline de Rachi à la prière de Min'ha à la synagogue.
Un malade ou une personne âgée qui est dispensée de jeûner lors de ces jeûnes n'a pas besoin de procéder à une hatara avant de manger. Il en va de même pour un hatan ou les personnes impliquées dans une berit qui ne terminent pas le jeûne lorsque celui-ci est repoussé : ils peuvent manger sans hatara. Toutefois, celui qui prend sur lui la rigueur de faire une hatara lorsque cela est facilement possible sera béni.
Il est approprié et correct d'être strict et de ne pas fumer de cigarettes pendant Tich'a Beav. Il convient particulièrement d'être strict lors de la lecture de Eikha et des kinot à la synagogue. Toutefois, en cas de nécessité, comme pour une personne très habituée à fumer et qui souffre beaucoup de l'arrêt, il est permis de fumer à Tich'a Beav discrètement dans sa maison ou dans un lieu similaire, mais il ne faut pas fumer en public ce jour-là. Pendant les autres jeûnes, même ceux qui ont l'habitude de fumer pendant Yom Tov en allumant d'une flamme à une autre, car cela est considéré pour eux comme okhel nefesh permis à Yom Tov, même ainsi, il est permis de fumer pendant un jeûne.
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