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'Hanouka, entre sept et huit

Lundi 19 Novembre 2007 | 22h35   Vue : 39 fois
 
 
 
 



'Hanouka : Nature et Miracle…

Le miracle de ‘Hanouka introduit l’ordre métaphysique au cœur de la nature…

Dans le Traité Chabbate, 21b, la Guemara demande :
«Qu’est-ce que c’est ‘Hanouka?» Ce à quoi elle répond :
« Comme il est enseigné, le 25 Kislèv, débutent les huit jours de ‘Hanouka, pendant lesquels il est interdit de prononcer une oraison funèbre et de décréter un jeûne. Car, quand les Grecs pénétrèrent dans le Sanctuaire, ils y rendirent impures toutes les huiles. Mais quand la main des Asmonéens se leva et qu’ils l’emportèrent, ils cherchèrent partout et ne trouvèrent, fermée avec le sceau du Grand Prêtre, qu’une seule fiole d’huile, dont la quantité ne pouvait suffire à l’allumage que d’un seul jour. C’est alors qu’un miracle se produisit, et qu’ils parvinrent à allumer [le Candélabre] pendant huit jours consécutifs. L’année suivante furent alors institués huit jours de louange et de remerciement».


Et dans son livre Nèr Mitsva, le Maharal de Prague explique que « le fait que le miracle de la lumière se réalisa précisément pendant huit jours rend manifeste la gloire propre au Saint des Saints, et au sceau du Grand Prêtre sur lesquels les Grecs ne pouvaient avoir d’emprise.
Car s’il fut possible d’allumer huit jours, c’est en vertu du fait que le Saint des Saints prolonge la dimension du sept et qu’il corresponde à la sphère du huit. Et ce parce que, le monde matériel ayant été créé pendant sept jours, la nature est soumise à l’économie du sept, tandis que, chevauchant l’ordre naturel, le huit est cette couronne qui surplombe les sept jours de la nature ».



Nèr Mitsva

Tombe du Maharal à Prague

Ainsi, si nous voulons essayer de saisir la nature de cette puissance attachée au Saint des Saints qui offrit la victoire au peuple juif sur l’empire grec, nous devons nous attarder sur le sens de ces deux ordres résumés dans les chiffres sept et huit.

Nous serons alors en mesure de comprendre pour quelle raison c’est précisément face à l’empire de la raison que devait se dévoiler au peuple juif, avant qu’il ne soit plongé dans les ténèbres de l’exil où nous nous trouvons encore aujourd’hui, la nature intime de sa présence au monde.



Sept jours : signature du Créateur sur son ouvrage…


Si le chiffre sept est ambivalent, c’est parce que, d’une part, il représente toujours l’idée de la loi naturelle, comme l’indiquent les sept jours de la création qui sont ceux de notre semaine, mais que d’autre part, il relève pour le peuple juif de l’ordre de la Kédoucha, de cette possibilité de rattacher la création à une dimension qui la dépasse.

Et tel est le sens même des Mitsvote : prendre en charge cette responsabilité unique offerte à l’homme d’être la seule créature à pouvoir assurer le lien entre le haut et le bas, d’être ce réceptacle du sens rendant possible le dévoilement du projet divin, notre perception du chiffre sept exprimant ainsi ce pouvoir laissé au peuple juif de révéler l’intention qui préside à l’existence du monde, et l’intimité du lien que celui-ci entretient avec son Créateur.

Ainsi que nous l’attestons par exemple lors de la récitation du Kiddouch, le Chabbate matin : « Ki Chéchèt Yamim ‘Assa Hachèm èt Hachamaïm véèt Harèts, ouvaYom Hachévi’i, Chavate Vayinafach », le Chabbate étant littéralement l’âme des six jours de la création1 et, en vertu du respect que lui confère le peuple juif, le signe d’une Présence qui outrepasse le règne naturel2.



Ce que l’humaine raison ne veut pas voir…


Or Yavane, la Grèce, est précisément cet empire qui, prenant sa source dans le Sékhèl, la pensée définie comme saisie des choses du monde en vue de leur utilisation, incarne l’idée de la domination de l’homme sur la nature.

Envisageant que toute connaissance possible ne peut trouver son origine que dans la matière à partir de laquelle la compréhension du monde s’élabore progressivement pour venir se loger dans les limites que la raison a elle-même fixées à toute connaissance possible, son rapport au réel est littéralement une « préhension », c’est-à-dire une prise, une saisie du monde matériel désormais soumis au sujet connaissant et maîtrisant la nature3.



Destruction du Temple par les Grecs

Guerriers Grecs

C’est la raison pour laquelle, ce qui fait la particularité de l’exil de Yavane, c’est de vouloir faire disparaître le régime propre au chiffre sept, comme possibilité de la révélation de la sainteté inhérente au monde.

Pénétrant dans l’enceinte du Sanctuaire (le Hékhal) où se trouvait la Ménora à sept branches, Yavane s’attaque aux huiles servant à son allumage afin de les rendre impures. Car, ce qui lui est insupportable, c’est cette idée que le monde puisse participer à une hauteur qui le dépasse.

Et l’épreuve l’épreuve pour la Emouna que met en lumière la fête de ‘Hanouka, c’est justement le fait que l’empire de la raison (« ‘Hokhma Bagoïm Taamine ») a effectivement une véritable emprise sur ce monde, capable, ‘Halila, de faire disparaître cette possibilité d’un dévoilement métaphysique inscrit au creux de la matière et dont le peuple juif est à la fois l’acteur et le dépositaire.



Il aura fallu huit jours…

Pourtant, parce que la sainteté conférée au monde par l’entremise des Mitsvote est elle-même le reflet de la volonté divine ayant présidé à sa création, le Sanctuaire relève d’une autre réalité que les Grecs ne pouvaient atteindre. Cette dimension, comme le souligne le Maharal, c’est celle du Saint des Saints, de cette hauteur imprescriptible et mystérieuse du Sanctuaire (Nèr Mitsva, ibid.), et à laquelle correspond le chiffre huit qui, indécelable et hermétique pour une intelligence trop humaine, vient s’ajouter au monde physique4.

Car, , si au sept correspond le règne naturel comme accomplissement, (comme cela ressort de son étymologie, le sept se disant en hébreu Chéva’ qui vient du mot Savéa’ ou en français le sept indiquant l’idée de satiété, de cette plénitude de l’existence révélée dans le Chabbate), le huit quant à lui se dit Chmoné. Il est de même racine que le terme Choumane qui signifie gras, indiquant par là l’origine même de ce paradoxe d’une révélation métaphysique du sens qui, bien que débordant le monde physique, vient pourtant se loger dans les limites de notre perception.

Le dévoilement ainsi atteint ayant pour conséquence de modifier les conditions mêmes de son apparition, élevant le sujet connaissant (c’est-à-dire la matière comme support de la connaissance) à une nouvelle modalité de l’être, à laquelle désormais il participe activement.

C’est pourquoi, le chiffre huit vient dire la source d’où tire son origine la sainteté, telle qu’elle nous est donnée à vivre dans ce monde.

Comme c’est le cas du huitième jour de la Mila, des huit vêtements du Cohen Gadol, des sept plus une aspersions de sang du Grand Prêtre le jour de Yom Kippour sur le rideau qui relie précisément le Saint des Saints au Sanctuaire.

Et bien sûr, c’est pour cette même raison que le chiffre huit est par essence celui du règne messianique, comme il ressort de plusieurs endroits : « C’est à la sortie de l’année sabbatique que le fils de David arrive » (Traité Sanhédrine, 97a).

« Puisque, n’étant pas circonscrite dans le temps, il n’y a pas de temporalité propre à l’époque messianique, comme il est dit : « C’est aujourd’hui que j’arrive (…) ‘‘Si vous écoutez Ma voix, aujourd’hui’’ (Psaumes, 95, 7) » (Traité Sanhédrine, 98a) 5» (Nèr Mitsva).



Zote ‘Hanouka


Ainsi, l’empire grec ne peut porter atteinte qu’à l’huile uniquement, c’est-à-dire à ce qui constitue le support matériel du dévoilement de la vérité, sans pouvoir jamais en saisir la nature métaphysique, son origine.

La fête de ‘Hanouka est donc la seule a durer huit jours, dans la mesure où le chiffre huit représente cette ouverture sur une dimension qui échappe au monde de la nature. Et si le dernier d’entre eux porte le qualificatif de Zote ‘Hanouka, c’est justement parce qu’il désigne par là cette espérance qui vient se loger au cœur de la matière.

Comme le rappelle le « Sfate Emèt », la fête de ‘Hanouka étant la dernière de l’histoire du peuple juif avant son entrée dans l’interminable exil que nous connaissons.

Cette promesse que, par-delà la domination de la pensée matérialiste opérée par la philosophie grecque depuis Aristote6, le peuple juif a la possibilité de rester attaché à cette ouverture sur la libération du sens caractérisée par le chiffre huit et qui prend acte dans le monde à travers la Tora et les Mitsvote.

Ainsi, dans le Sédèr de Péssa’h, la troisième et la quatrième coupes sont bues « en dehors » de la Sé’ouda, elles ne sont pas inclues dans une histoire qui s’est déjà jouée7. Car l’exil inauguré par Yavane n’a pas encore pris fin, et c’est à nous qu’il incombe de relever le défi de la Kédoucha et d’endosser la responsabilité du dévoilement de la Présence divine et de son unité.

Non pas tant donc chercher ou décider du sens du monde, que l’accueillir, s’ouvrir à lui et prendre en charge cette responsabilité de devenir le support susceptible d’en être le réceptacle authentique et fidèle.

Car, c’est uniquement de cette manière que, s’accordant au préalable avec le monde et avec l’exigence de la Parole qui lui donne forme, l’homme qui se met en quête de la sagesse sera disposé à en révéler le sens et l’intention inscrits dans la création, et dont les huit jours de ‘Hanouka offrent à notre regard éclairé la révélation.

Zote ‘Hanouka, cela veut dire faire résonner l’acte de la charge significative de la Parole et de sa transmission à travers les siècles. Exister dans l’intensité de la transcendance.


Yéhouda Hamakabi poursuivant ses ennemis


1 Voir le Or Ha’haïm Hakadoch sur Béréchite, 2, 3 : « C’est en vertu d’une raison qui n’est connue que de Lui seul et de ceux qui sont versés dans la science authentique, que D.ieu ne donna au monde la force d’exister que pendant six jours seulement. Il créa alors un jour unique [le Chabbate] pendant lequel D.ieu insuffle au monde une âme susceptible de le faire perdurer pendant encore six jours, et ainsi de suite ; et sans l’apparition de ce jour, le monde se serait détruit au bout de six jours et serait revenu au ‘‘Tohou vaVohou’’, etc. ».
2 Et comme l’explique le Rabbénou Ba’hya, dans son livre « Kad Hakéma’h » sur le sens du mot « Chabbate » : si le Chabbate est appelé « Ote », un « signe », c’est en vertu du fait qu’il témoigne de la nature même du monde. Ainsi le verset «Béni ouVèn Bné Israël Ote Hi Lé’Olam », vient rappeler que le monde est le résultat d’un acte créateur (« Yéch mi Èn »), et non le règlement hasardeux d’une matière qui existerait de toute éternité (« Kadmoute Ha’olam »).
3 Ainsi, la valeur numérique du mot « Yavane » (66) est la même que celle du mot « Galgal », la roue ou le cycle [de la nature]. Elle tire sa racine du mot « Gal » qui signifie « dévoiler », l’empire grec n’ayant d’emprise que sur le monde des apparences, sur les phénomènes, sur ce qui est de l’ordre du dévoilé.
4 Comme cela ressort de cette rencontre qui eut lieu entre Platon et le prophète Jérémie et dont on trouve mention dans le livre Nichmate ‘Haïm, du Rav Ménaché Bèn Israël (2nde partie, chap.10). Et surtout dans l’ouvrage du Rama « Torate Ha’ola », cité par l’auteur du « Lèv Eliyahou », sur Béréchite, p.263, et rapporté aussi par le Rav Pinkous, in Galout ouNe’hama, p.53. Où il est dit qu’alors que Jérémie pleurait la destruction du Temple, Platon s’approcha de lui et lui dit : « Toi, homme sage parmi les Juifs, pourquoi pleures-tu des pierres et des poutres ? ». Ce à quoi le prophète répondit : « Tu es, dit-on, un grand philosophe ; n’es-tu pas confronté à de grandes questions philosophiques ? ». « Bien sûr, répondit-il, mais je ne pense qu’il soit homme qui puisse y répondre ». « Pose-les moi toujours », lui dit Jérémie. Et c’est alors que Platon interrogea Jérémie sur les grands paradoxes de la pensée dialectique, et Jérémie les répondit tous, au point où Platon ne savait plus si l’homme qui se tenait devant lui était un homme fait de chair et de sang, ou un ange. Le prophète lui dit alors : « Sache que toute ma sagesse me vient de ces pierres et de ces poutres que je pleure ! ».
5 « Le Messie n’entre pas sous la catégorie du temps, et sa venue est de chaque instant. C’est la raison pour laquelle, il est nécessaire que le réceptacle soit susceptible de l’accueillir », Nétsa’h Israël, chap.28 ; et au chap. 60 : « Le Messie déclare : ‘‘Je viens aujourd’hui !’’. Et ce, parce que la temporalité propre à la venue du Rédempteur, c’est la pure présence ».
6 Cf. « Nichmate ‘Haïm » (Amsterdam, 1652) du Rav Ménaché Bèn Israël, 4ème partie, chap.21 où, citant le Rékanati sur les paroles du Zohar (Parachate ‘Houkate,19, 2) : « ‘‘Sans défaut’’, c’est l’empire grec dont les représentants se rapprochent des sentiers de la foi », on peut lire qu’il est question de « la philosophie des anciens [Grecs] ayant précédé Aristote, et dont les propos vont dans le même sens que les paroles de nos Sages ».
7 Il s’agit des coupes du Birkate Hamazone et du Hallèl. Cf. Bné Issakhar, Péssa’h, Maamar 4, les quatre coupes du Sédèr, p.61 et suivantes.


R. Yehuda-Israël Rück
Pour vous procurer le « Nèr Mitsva » traduit en français, contacter l’auteur: ruck@bezeqint.net





   

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