Thèmes Tefiline

À savoir
Qu'est-ce que les Tefiline ?
Les Tefiline sont deux boîtiers en cuir contenant quatre passages de la Torah, portés lors de la Téfila du matin (Chaharit). Ils constituent une mitsvah de rang élevé, mentionnée explicitement dans quatre versets du Tanakh (Chemot 13:9 et 13:16, Devarim 6:8 et 11:18). Comme pour la Mezouza ou le Tsitsit, leur confection obéit à des règles halakhiques strictes définies dans le Choulhan Aroukh Orah Hayim (simanim 25 à 45).
Composition et structure
Les Tefiline se composent de deux éléments distincts : les Tefiline du bras (chel yad), attachées au bras gauche, et les Tefiline de la tête (chel roch), posées entre les yeux. Chacune contient des parchemins gravés à la main par un sofer. L'ordre d'insertion de ces parchemins fait l'objet d'une divergence célèbre entre Rachi et Rabbeinou Tam, divergence encore observée dans certaines communautés.
Quand les porte-t-on ?
Selon la Halakha, les Tefiline se portent de jour, en semaine uniquement. Elles ne sont pas portées le Chabbat ni les jours de fête (Yom Tov). L'usage établi est de les revêtir durant la prière de Chaharit, en récitant notamment le Chema Israel et l'Amida. La Kavana, intention spirituelle, est particulièrement requise pour cette mitsvah.
Lien avec la Bar-Mitsva
La coutume veut que l'on commence à porter les Tefiline à l'approche de la Bar-Mitsva, contrairement à d'autres mitsvot pour lesquelles on éduque les enfants bien plus tôt. Les Tefiline sont ainsi devenues l'un des symboles centraux de ce rite de passage à la majorité religieuse.
Rapprochement avec le Talit et autres mitsvot
Les Tefiline s'associent naturellement au Talit lors de la prière matinale, formant ensemble le cadre de la Téfila. Comme le Tsitsit ou la Mezouza, elles rappellent au juif l'unité divine et la sortie d'Égypte. Le Rambam, dans le Michné Torah (Hilkhot Tefiline), souligne leur sainteté particulière et le soin exceptionnel qu'elles exigent.
Sources halakhiques
Les principales sources sur les Tefiline sont le traité Mena'hot du Talmud (feuillets 34a-37b), le Michné Torah du Rambam (Séfer Ahava) et le Choulhan Aroukh Orah Hayim. La mishna du traité Mena'hot (chapitre 4, mishna 1) détaille leur fabrication. Ces textes fondateurs encadrent chaque détail de leur confection et de leur port.
Lois de Tefiline : questions-réponses pratiques
Certains disent que celui qui entend la bénédiction des tefiline de la bouche de son ami, alors qu’il se trouve entre la pose des tefiline du bras et de la tête, peut répondre Amen, car cela concerne les tefiline et n’est pas considéré comme une interruption. D’autres s’opposent à cela et estiment qu’il ne faut même pas répondre Amen à la bénédiction des tefiline, car cela constitue une interruption. Il vaut mieux s’abstenir de répondre. Toutefois, si l’on a répondu Amen, il n’est pas nécessaire de refaire la bénédiction sur les tefiline de la tête. Mais si l’on a prononcé un mot entre la bénédiction lehaniah tefiline et la pose des tefiline, il faut recommencer la bénédiction lehaniah tefiline, car même sans avoir interrompu par trois mots, cela est considéré comme une interruption.
Si l'on s'est trompé et que l'on a dit sur le tefiline du bras "al mitsvat tefiline" ou "al hanahat tefiline", si l'on se rend compte de l'erreur dans le laps de temps appelé "tokh kedé dibour", on corrigera et on dira "lehaniah tefiline". Si ce laps de temps est dépassé, on ne recommence pas la berakha.
Dans les tefiline de la tête, on écrit les quatre parachiot sur quatre parchemins, et non sur un seul. Mais si l'on a écrit les quatre parachiot sur un seul parchemin, elles sont cachères, même s'il n'y a pas d'espace entre elles, à condition qu'il y ait un fil ou une ficelle entre chaque boîtier.
Il faut veiller à ce qu'aucune lettre ne soit collée à une autre, chaque lettre devant être entourée de parchemin. De plus, chaque lettre doit former un ensemble cohérent, c'est-à-dire que toutes ses parties doivent être reliées, comme les petits youdin sur les lettres alef, ayin, pe, tsadi, shin, ou la jambe du tav, et ainsi de suite.
Si une personne a perdu un proche le Chabbat et que l'enterrement a eu lieu à la sortie de Chabbat, puisqu'elle n'a pas observé le deuil pendant Chabbat, il faut être rigoureux et ne pas mettre les tefiline du tout le dimanche, même sans berakha. Le lundi, il mettra les tefiline uniquement après le lever du soleil. Toutefois, même si on ne doit pas protester contre un endeuillé qui souhaite mettre les tefiline le lundi avant le lever du soleil, celui qui demande conseil doit être orienté à les mettre après le lever du soleil.
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