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Mémoire de la Choah : la proposition de Sarkozy

Jeudi 6 Mars 2008 | 23h35  
 
 
 
 

A partir de la rentrée scolaire 2008, chaque élève de classe primaire de CM2 se verra confier la mémoire d’un enfant français victime de la Shoah", a annoncé le Président français au cours du dîner annuel du CRIF, la semaine dernière.

La Conseillère du Président de la République, Mme Mignon, assure qu"enseigner la Shoah, c'est combattre toutes les formes de racisme. Les discriminations dont sont victimes aujourd'hui les personnes issues de l'immigration ont la même origine que les crimes dont les juifs ont été victimes : la bête immonde du racisme", dit-elle. "Le président de la République a la volonté très nette de ne pas céder sur cet enseignement".

L’un des objectifs avoués de cette initiative lancée par Nicolas Sarkozy est de "traiter à la racine", le mal de l’antisémitisme, c’est-à-dire dans les premières années d’un enfant. Mais déjà, certaines voix se sont fait entendre pour évoquer d’autres souffrances, jugées équivalentes à celles de la Shoah. Mais la directrice de cabinet de Nicolas Sarkozy souhaite ainsi justement "empêcher les amalgames entre la Shoah et d'autres drames". "Personne ne conteste qu'il existe d'autres drames, mais ce sont des drames politiques. Les enfants palestiniens, vietnamiens, d'autres encore ont été victimes de conflits politiques, qui doivent et qui sont enseignés, mais avec la Shoah, les enfants ont été victimes du racisme. En enseignant la mémoire de ce génocide, on prémunit toute la société contre ce fléau", estime-t-elle.

Cependant, certaines critiques se sont fait entendre quant au bien-fondé éducatif même de cette proposition, notamment celles de Mme Simone Veil, pour qui grand est le risque de culpabiliser ou même traumatiser des jeunes enfants : "C’est une idée inimaginable, insoutenable, dramatique et, surtout, injuste. Nous-mêmes, anciens déportés, avons eu beaucoup de difficultés après la guerre à parler de ce que nous avions vécu, même avec nos proches. Et aujourd’hui encore, nous essayons d’épargner nos enfants et nos petits-enfants. Par ailleurs, beaucoup d’enseignants parlent très bien de ces sujets.". Mme Mignon répond : " On va travailler avec la communauté éducative et avec tous ceux qui s'investissent dans la mémoire de ces sujets, pour voir la meilleure manière de faire. Il ne s'agit ni de traumatiser, ni de culpabiliser les enfants, mais il ne faut pas non plus les infantiliser en permanence", ajoute-t-elle. "Il a été suggéré que la mémoire d'un enfant victime de la Shoah puisse être confiée à une classe entière. Nous sommes tout à fait ouverts à ce genre de propositions", affirme-t-elle également.

"Je pense qu'il y a quelque chose de réellement monstrueux de vouloir faire porter par un enfant de neuf, dix, ou onze ans la mémoire d'un enfant mort à une autre période", a déclaré sur une radio française une spécialiste reconnue de l'histoire de la Shoah et elle-même petite-fille de déportés. Quant à l'historien Henry Rousso, il dénonce un "marketing mémoriel" : "Le bruit médiatique vient, une fois de plus, troubler le respect et le silence des morts de l'Histoire", écrit ce spécialiste de la Seconde guerre mondiale.

L'association Liberté pour l'histoire, qui regroupe plusieurs centaines d'historiens et enseignants, comme Mona Ozouf, Pierre Nora ou Jean-Pierre Azéma, a également fait part de sa réserve. Pour l'association, "quelque respectable que soit l'intention" de M. Sarkozy, cette initiative "substitue une démarche purement émotive à un apprentissage critique de l'histoire qui demeure le premier devoir des éducateurs".

Le principe et la méthode envisagés par le chef de l’Etat sont également contestés par l'Union des étudiants juifs de France (UEJF), qui a accueilli "de manière réservée" l'annonce de Nicolas Sarkozy, jugeant que la mémoire "ne se transmet pas par un processus d'identification." Elle préconise que ce travail soit fait "de manière collective et permette de tirer des leçons." La Licra doute également de la pertinence du projet. "L'enseignement de l'histoire de la Shoah ne saurait passer prioritairement par le recours à l'émotion", écrit l'association dans un communiqué diffusé vendredi. "Profiter de l'immaturité psychologique de jeunes élèves de CM2 ne nous paraît pas judicieux si c'est l'histoire qu'on veut leur transmettre. Est-il sage, à l'âge où l'enfant construit sa personnalité, de lui demander de s'identifier à un enfant mort?", demande la Licra. Le MRAP a également fait part d'un "profond malaise" face à un "tri sélectif des mémoires.".

Malgré ce concert de réserves, le Président entend mener à bien cette initiative qu’il juge très importante.

Source : Arouts7 février 2008
Photos : Univers Torah
   


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