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Le son du Chofar: l'ultime réveil

Mardi 14 Aout 2018 | 16h32   Vue : 10846 fois
 
 
 
 



Rabbi Yéhochoua Ben Kor'ha disait: Le Chofar n'a été créé que pour le bien d'Israël. C'est au son du Chofar que la Torah a été donnée à Israël: "II y eut un son de cor très intense" (Exode 19).

C'est au son du Chofar que s'est écroulée la muraille de Jéricho, "Dès que le peuple entendit le cor retentir, il poussa un grand cri de guerre et la muraille s'écroula sur elle-même" (Josué 6).

C'est le son du Chofar qui retentira à l'époque messianique, "D-ieu fera retentir la trompette ... " (Zacharie 9). C'est le Chofar qui annoncera le rassemblement des exilés: "En ce jour résonnera la grande trompette" (Isaïe 27), c'est pourquoi il est dit: "Crie à plein gosier, ne te ménage point! Comme le Chofar, fais retentir ta voix" (Isaïe 58) (Tana Débé Eliyahou).


1. La sonnerie du Chofar

La Tora nous ordonne de sonner le Chofar : au septième mois le premier de ce mois, il y aura pour vous une convocation sainte ... ce sera un jour de Térou’a (fanfare) pour vous (Nomb. 29, 1).

Le Rambam dit à ce propos (Halakhote Téchouva, chap. 3) : bien que la sonnerie du Chofar soit une ordonnance de la Tora, on peut y voir un véritable appel aux fidèles : réveillez-vous de votre torpeur, de votre insouciance, fouillez vos actes, faites retour vers Dieu, souvenez-vous de votre Créateur ! Vous tous qui avez oublié la Vérité, détournés d'elle par les vanités de l’époque ; vous qui pendant toute l'année vous occupez de choses vides de sens, sondez vos âmes, redressez votre mode de vie, améliorez vos activités! Que chacun abandonne ses mauvaises habitudes et ses pensées frivoles !

Pour le Rav Saadia Gaon, le Chofar répond à dix buts différents :
1) En ce jour, Dieu a créé le monde et de ce fait s'est proclamé maître absolu du monde qu'Il a conçu et créé. Or c'est l'habitude des rois d'annoncer par des fanfares l'avènement de leur règne. Ainsi nous devons proclamer le règne du Créateur Béni soit-Il en ce jour anniversaire!


2) Roch Hachana introduit la période des dix jours de pénitence. Le Chofar doit nous exhorter à la pénitence, nous rappeler qu'il est possible à chacun de revenir vers Dieu. Malheur à celui qui ne veut pas entendre cet appel ultime !
3) Le son du Chofar doit évoquer en nous la révélation du Sinaï, précédée d'un son de cor puissant allant en s'amplifiant (Ex. 19, 19). Ainsi serons-nous prêts à reprendre à notre compte le serment de nos ancêtres « Nâassé Vénichema » !


4) Le son du Chofar nous rappelle les messages de nos prophètes, comparés à la voix du Chofar (Ezech. 33, 4 et 5).
5) La Térou’a vient nous rappeler la destruction du Temple, les fanfares guerrières des ennemis qui par deux fois nous ont vaincus et ont mis fin à notre existence nationale. Aussi nous supplierons l'Éternel de mettre fin à nos malheurs et de reconstruire son Sanctuaire !


6) En sonnant dans une corne de bélier, nous rappelons devant Dieu le sacrifice d'Isaac, qui était prêt à donner sa vie en l'honneur de l'Éternel. Ainsi nous, descendants du patriarche, rappelons à la miséricorde divine les titres que nous confère cette filiation !
7) En entendant le son du Chofar, nous sommes brisés, humiliés devant le Créateur; car tel est l'effet de la Térou’a, comme le souligne le passage prophétique (Amos 3, 6) : « le Chofar sonnera-t-il dans une ville sans mettre son peuple en émoi » ?


8) Le son du Chofar évoque pour nous le Dernier Jugement, comme le dit Céphania (1, 14 et 16) : «Il est proche, le grand jour de l'Éternel, il est proche et vient avec une extrême rapidité ... un jour de trompette et de fanfare » !

9) Il évoque en nous l'idée du rassemblement des dispersés de notre peuple, que nous attendons avec impatience, selon Isaïe (27, 13) : « en ce jour résonnera la grande trompette... ».

10) Il nous fait penser à la résurrection des morts (Is. 18, 13) « vous tous qui habitez le globe et qui peuplez la terre, quand la bannière se dressera sur les montagnes, regardez, quand sonnera le Chofar, écoutez ! »


2. Jour de la Térou’a


C'est ainsi que la Tora désigne le premier Tichri : la Térou’a est en effet, la partie essentielle de la Mitsva, encadrée par une Téki’a (son prolongé et droit) avant et après.

L'idée essentielle de cette Térou’a, c'est de briser les cœurs, de les remuer jusqu'au repentir et à la pénitence. Car celui qui regrette vraiment ses fautes, pleure et se lamente, son corps est secoué par les sanglots ! "Heureux le peuple connaissant la Térou’a, cheminant, Éternel, à la lumière de Ta face." Psaume 89). Térou’a est un terme employé par la Tora pour qualifier la sonnerie du Chofar. Dans le langage Rabbinique, ce terme peut, selon les cas, qualifier l’ensemble de la sonnerie du Chofar, ou simplement une partie bien spécifique de celle-ci.

Le verset précise : "connaissant la Térou’a ", et non " écoutant ou sonnant la Térou’a ", nous invite à approfondir et à connaître le sens véritable de la Térou’a.

Rabbi Isaac dit : Pourquoi sonne-t-on du Chofar à Roch Hachana? "Pourquoi sonne-t-on ? Parce que D-ieu l’a ordonné !" (Traité Roch Hachana).
- Bien que la sonnerie du Chofar à Roch Hachana soit une ordonnance divine dont la signification profonde nous échappe, elle suggère à l'homme de se secouer de sa torpeur, de se réveiller, d'examiner ses actions, de "retourner" vers Dieu, et de se rappeler à son Créateur (Maïmonide, lois du repentir).


3. Nombre obligatoire de sonneries du Chofar

Combien de sonneries doit-on entendre obligatoirement à Roch Hachana ? Selon la tradition, elles sont au nombre de neuf, et voici pourquoi : dans la Tora, le mot Térou’a apparaît 3 fois; deux fois à propos de Roch Hachana (Lévit. 23,24; Nomb. 29, 1), et une fois à propos du Yom Kippour de l'année jubilaire (Lévit. 25, 9).

Or selon la tradition, chaque Térou’a est précédée et suivie d'une Teki’a, et d'autre part, toutes les sonneries du septième mois ont le même caractère. Aussi bien celles de Roch Hachana chaque année que celles de Yom Kippour de l'année jubilaire sont donc obligatoirement formées de 9 notes : Teki’a, Térou’a, Teki’a trois fois. Au cours des siècles, des doutes ont surgi sur la nature exacte de la Térou’a. Ce mot signifie « soupir, sanglot, pleurs, sanglots suivis de pleurs? Le sanglot et les pleurs qui suivent, sont appelés Térou’a selon la tradition ; car sous le coup de la douleur, on soupire, on sanglote puis on éclate en pleurs!

Le premier mode est appelé Chévarim (sons courts et répétés), le second mode Térou’a (sons saccadés, évoquant les pleurs). La réunion des deux, donne Chévarim Térou’a.

Le programme des sonneries est donc, depuis l'époque talmudique : Teki’a/Chévarim/Térou’a/Teki’a/ Teki’a/Chévarim/Teki’a/ Teki’a/Térou’a/ Teki’a. Au total 30 sons successifs.

Ces sonneries du Chofar, qui ont lieu après la lecture de la Tora, avant Moussaf, sont appelées sonneries dans la position assise, par opposition avec celles qui accompagnent la prière de Moussaf, pendant laquelle la communauté reste debout. Les premières, on peut les entendre à la rigueur étant assis (pourvu que le sonneur soit debout). Dans la répétition de Moussaf, on sonnera encore le Chofar après chacune des trois bénédictions appelées Malkiyote, Zikronote et Chofarote : 3 fois, 3 fois, 3 fois.


4. Les cent sonneries


L'usage s'est répandu en Israël d'entendre un total de 100 sonneries le Roch Hachana. Certains se basent, pour ce nombre 100, sur les cent lamentations que la mère de Sisséra, selon la tradition, aurait proférées sur son fils qui tardait de rentrer du combat (Juges. 5, 28).

Dans ce passage précisément, on emploie l'expression Tévav, et le mot Térou’a du Lévitique qui est traduit par Onkelos Yévava (gémissement). Aussi nous apprenons la signification de la Térou’a par les paroles de la prophétesse Déborah dans son Cantique.

Nos Sages ont trouvé une allusion à ce chiffre cent dans le texte même du cantique de Déborah: du début du verset 28 à la fin du verset 29, il Y a 101 lettres, chacune exprimant le désespoir de la mère. Toutefois les paroles de cette mère (verset 29 notamment) expriment la consolation qu'elle trouve dans l'idée que son fils, vainqueur, exerce sa cruauté sur l'ennemi : ... « Sans doute, ils enlèvent, ils partagent le butin; une jeune fille, deux jeunes filles par guerrier; pour Sisséra, les étoffes richement teintes ... qui brillent au cou des captives! »

Quel rapport entre les 100 voix du Chofar et les lamentations de la mère de Sisséra? Et si rapport il y a, pourquoi 100 sonneries et non 101 ? C'est que la voix du Chofar vient intercéder auprès du Très Haut, en faveur des descendants d'Isaac, qui fut prêt à se sacrifier pour Lui, alors que les larmes de la mère de Sisséra sont des larmes hypocrites, empreintes de la cruauté quasi inhumaine de cette femme ! La mère du guerrier qui pleure pour son fils ne doit-elle pas avoir une pensée miséricordieuse pour d'autres mères qui elles aussi pleurent pour un enfant tombé au combat ? Mais elle, la mère de Sisséra, n'a de pensées que pour le butin, les prisonniers que son fils est en train de partager avec ses guerriers (On trouve une manière de s'exprimer analogue dans le Cantique de la Mer Rouge, (Exode 15,9). « Il disait, l'ennemi: courons, atteignons, partageons le butin ... ».


Les Séfaradim ajoutent une sonnerie à la fin de la prière avant ‘Alénou Léchabéa’h. La dernière Téki’a, à la fin de toutes les séries de sonneries, est prolongée plus que les autres: c'est pour troubler le génie du Mal disent nos Sages, afin qu'il ne vienne pas accuser Israël après la prière, lorsque les fidèles se rendront chez eux pour prendre le repas de fête, faisant croire qu'ils ne craignent plus la rigueur du jugement)!

C'est cette pensée qui adoucit son chagrin! Que viennent donc dire les 100 voix du Chofar, évoquant le souvenir d'Isaac, pour annihiler toutes ces lamentations hypocrites : toutes, sauf une qui malgré tout exprime la douleur d'une mère ! Nous sonnons donc le Chofar 100 fois et non 101 fois !


5. Le chofar : notre suprême protection


Le Maguid de Doubno nous rapporte une histoire Un homme se promenait dans une forêt pleine de bêtes féroces avec pour toute protection un arc et des flèches.

Chaque fois qu'il apercevait quelque chose au loin, il s'imaginait que c'était un ours ou un lion et lançait une flèche dans cette direction. Il se rendit vite compte que ce n'étaient que de vieux arbres desséchés. Il n'eut bientôt plus qu'une seule flèche et il prit alors la précaution de la conserver soigneusement. Si un danger se présentait en face, il pourrait encore tirer et peut-être cette flèche lui sauverait-elle la vie. Cette flèche est comme le Chofar. Tant que nous étions à Jérusalem, nous étions protégés de toutes parts: le Temple, l'autel, les sacrifices, et le Grand Prêtre .... Nous étions soutenus et sûrs de trouver la force de demander pardon. Il n'en est plus ainsi et à présent que toutes ces protections ont disparu, il ne nous reste plus que le Chofar.






   


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