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Lorsqu'un vol n’en est pas un

Lundi 9 Février 2009 | 22h45   Vue : 5138 fois
 
 
 
 





      Relations interdites et pratique de l'idolâtrie furent sans conteste généralisées à l'époque pré diluvienne.

      Le déluge n'aurait été qu'une sanction de la part d'un Créateur, qui avait attendu 10 générations. Pourtant le commentateur Rachi, dans la Parachate Noa'h, déclare que la cause du déluge, fut plutôt la propension au vol de l'ensemble de la population de l'époque.


Pièces anciennes datant de 1280
      Notre étonnement ira en grandissant lorsque les commentateurs (cf. le Kli Yakar ou Maimonide) diront que la faute incriminée n'était pas le vol proprement dit, mais l'appropriation d'objets valant moins d'une Prouta.

      Rappelons que la Prouta est une pièce de monnaie de l'époque qui pourrait correspondre aujourd'hui à une valeur encore moins grande que 0,024 centimes d'euro ! En quoi, le vol d'objets n'ayant pas ou prou de valeur marchande, était plus gravissime que les deux premières fautes citées plus haut ?


      Et en quoi, la disparition pure et simple de toute cette génération, représentait une réponse, sinon justifiée, tout au moins juste, de la part du Créateur qui, somme toute, avait témoigné de son infinie patience.

      Précisons tout d'abord que d'après la loi Juive, la Halakha, celui qui s'approprie un objet de cette valeur n'enfreint même pas l'interdit de la Tora " Tu ne voleras point ". Il ne transgresse que l'injonction de devoir se comporter avec droiture. A première vue, le degré de gravité de chacune de ces fautes est sans rapport, et chaque interdit sera régit par des règles tout à fait différentes.

      Concernant le vol, La Tora nous rapporte qu'un voleur doit rendre l'objet à sa victime. C'est une Mitsva ! Il peut y être également contraint par le tribunal rabbinique.

      De plus, lorsqu'il rendra l'objet volé, le voleur réparera son acte et accomplira une autre Mitsva.

      Par contre, celui qui enfreint l'injonction de devoir se comporter avec droiture, n'a ni l'obligation, ni la Mitsva de rendre l'objet approprié , et le Tribunal rabbinique ne peut rien intenter contre lui.

      En d'autres termes, il ne s'agit pas d'un problème juridique mais d'un problème éthique !

      Là encore, la vision éthique du problème a été l'objet d'une controverse entre les commentateurs.

      Le Rambam précise qu'un objet ayant la valeur de moins d'une Prouta n'a aucune valeur aux yeux de la Halakha.

      Cependant, l'avis du Hinoukh (1235-1290) est que le problème n'est pas la valeur intrinsèque de l'objet mais le fait que les gens ne soient pas exigeants et pardonnent de tels vols.

      Ainsi, la Tora elle aussi pardonne, en quelque sorte, l'acte une telle conduite.

      Pour comprendre la différence entre ces deux approches, nous pouvons citer le cas de quelqu'un à qui on aurait volé un objet de moins d'une prouta, mais qui n'en aurait pas connaissance .

      Selon Rambam, le voleur n'aurait aucune obligation de la Tora de rendre l'objet volé. Seule une volonté d'éthique l'obligerait à rendre l'objet.

      Mais selon le Hinoukh, le voleur devrait rendre l'objet même selon la Tora puisque la victime, n'ayant même pas connaissance de ce vol, ne pourrait jamais le pardonner.

      Pourtant, à bien les observer, ces deux avis, à priori contradictoires, se complètent. En effet, la Tora, lorsqu'elle parle de valeur de l'objet, ne parle pas de la valeur de l'objet en soi, mais plutôt de l'importance que revêt cet objet auprès du public.


      En d'autres termes, la transgression de l'interdit de voler dépend de l'avis des personnes concernées par le vol et notamment des victimes ! Si elles ne peuvent pardonner cet acte, et même si la valeur de l'objet est infime, le voleur sera coupable de vol.

      Mais si elles font preuve de compassion et pardonnent au voleur, ses actes ne seront pas considérés comme étant du vol. Le lecteur ne manquera pas de s'étonner d'une Halakha qui serait sujette à l'appréciation, subjective et partiale, des parties prenantes de l'affaire.

      Il est notoire que la loi juive n'est aucunement liée à un contexte, un lieu ou une époque. Par essence la loi de la Tora qui a été donnée à Moise au mont Sinaï est immuable. En fait, si on peut considérer la loi comme immuable, ce ne sera qu'à partir du moment où elle a été décrétée.


      Par exemple, citons un cas ramené par le 'Hazone Ich (1878-1953) qui donne l'exemple d'une bête considérée comme Tréfa (non cachère) par les sages du temps du Talmud a cause de certains défauts corporels qui semblait la rendre non viable.

      Aujourd'hui, bénéficiant d'une médecine vétérinaire performante, cette bête pourrait certainement être maintenue en vie. La cause n'étant plus actuelle, nous devrions considérer cette bête comme Kachèr. Et pourtant la halakha est très claire, une bête présentant ce genre de défauts est, et restera Tréfa à tout jamais. En effet, à la fin de la rédaction du Talmud, les sages ont décrétés que la loi Juive serait dés lors irrévocable et immuable.

      Nous comprenons dès lors que dans le cas du vol d'un objet dont la valeur est infime, la loi fut fixée à une époque où les personnes avaient la capacité de pardonner un tel acte. Celui-ci sera donc toléré à tout jamais. La gravité de cet acte, qui comme nous l'avons précisé a conduit au déluge, sera donc à percevoir dans sa dimension éthique plutôt que juridique.

Rav Haim Sabbah, Directeur de l'Institut Tsedek.
Centre de recherche sur l'ethique Juive des affaires





   

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