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Altruisme ou savoir se dépasser

Vendredi 10 Juin 2011 | 08h59   Vue : 1881 fois
 
 
 
 

La Guemara (Taanite 25b) relate un incident d'une époque où les Juifs souffraient de la sécheresse. Ils vinrent trouver R' Eliezer et lui demandèrent de prier pour la pluie. Il s'exécuta, mais la pluie ne vint pas. Ils s'adressèrent alors à Rav Akiva et le supplièrent de prier pour la pluie. Il se mit à réciter des prières qui commençaient par les mots :
"Avinou Malkeinou : notre Père, notre Roi, " et la pluie se mit à tomber.

Quand les gens virent cela, ils critiquèrent R' Eliezer, et déduisirent de cet incident que R' Akiva était un plus grand Tzaddik. Une Bate Kol (Voix Céleste) s'exclama alors:
"Ce n'est pas parce que R' Akiva est plus grand (plus érudit) que R' Eliezer; c'est parce que R' Akiva est "Ma'avir 'Al Midotav : celui qui ne fait pas cas du mal que les autres lui ont fait. " (cf Rachi, Roch Hachana 17a.).

C'est ce noble trait de caractère qui persuada Hachem d'écouter la prière de R' Akiva.
Quand une personne est disposée à oublier le mal qu’on peut lui avoir fait, Hachem est à son tour disposé à oublier le mal (c'est-à-dire les péchés) que cette personne peut avoir commis envers Lui.

Ces péchés n'interfèrent pas dans ses prières, qui sont donc exaucées.

L'épisode suivant est un exemple extraordinaire de Ma'avir 'Al Midotav".
On raconte que Rabbi Aharon Kotler (1891-1962), Roch Yéchiva et fondateur du Beit Midrach Gavoha de Lakewood, dans le New Jersey, fut ému aux larmes quand il l’entendit pour la première fois.

Rabbi Baroukh Ber Leibowitz (1870-1941), le Roch Yéchiva de la Yéchiva de Kamenitz en Pologne, était un homme très sensible qui se réjouissait du bonheur de ses frères juifs et partageait leur angoisse quand ils souffraient.

Rabbi Berel Wein, dans sa série de cassettes éducatives autobiographiques, raconte qu'on demanda un jour à R' Baroukh Ber pourquoi il ne lisait pas les journaux. On aurait pu penser, suggérait Rabbi Wein, que R' Baroukh Ber expliquerait son refus à la lumière du Issour (interdiction) de Bitoul Torah (perte de temps qui pourrait servir à l'étude de la Torah), ou par les innombrables articles et images "non-casher" figurant habituellement dans les journaux, qui ne valent guère la peine d'être lus ou regardés.
Mais R' Baroukh ne donna aucune de ces raisons. Il expliqua que les journaux contenaient tant de tragédies, de malheurs et d'horreurs qu'il n'avait pas la force physique de les lire.

Son empathie à l'égard des gens était telle qu'il souffrait littéralement de la souffrance d'autres individus en détresse.
On peut aisément imaginer dans ce contexte les tourments que R' Baroukh Ber dut endurer au cours de cet épisode si émouvant.
R' Baroukh Ber avait une fille qui avait du mal à trouver un chiddoukh (parti convenable).

Au fur et à mesure que le temps passait et que "la personne adéquate" tardait à se montrer, elle devenait de plus en plus frustrée et déprimée. Son père, qui ressentait les souffrances de tous, était tout particulièrement remué par la détresse de sa fille. Enfin, le jour tant attendu arriva. Un jeune homme de la Yéchiva de Kamenitz lui fut présenté et les deux jeunes gens se fiancèrent. La joie était immense dans la maison de R' Baroukh Ber. Selon la coutume de l'époque, les parents de la kalla offrirent au 'hatan un chapeau, un costume et une montre à gousset comme cadeau de fiançailles.

Il était courant à Kamenitz qu'un 'hatan ne voie pas sa kalla entre les fiançailles et le mariage. R' Baroukh Ber suggéra donc au 'hatan de trouver une Yéchiva dans une autre ville afin de pouvoir étudier sans être distrait. Ce dernier accepta avec empressement, et partit ailleurs poursuivre ses études.
Quelques mois plus tard, un colis du 'hatan arriva par la poste, adressé à R' Baroukh Ber. Il contenait le chapeau, le costume et la montre à gousset qui lui avaient été offerts quelques mois auparavant. La lettre qui accompagnait le renvoi des présents contenait fort peu d'explications hormis quelques mots du 'hatan annonçant que les fiançailles étaient rompues.

R' Baroukh Ber était bouleversé. Rien n'avait laissé présager cette issue, et il prévoyait que la douleur de sa fille serait tragique. Mais il n'avait pas le choix et devait lui annoncer cette terrible nouvelle.

Quelque temps plus tard, R' Baroukh Ber reçut une lettre de ce même jeune homme. Il y expliquait qu'il souhaitait devenir rav d'une petite communauté, et qu'au cours de son entretien avec le comité de la ville, il avait mentionné sa période d'étude à la Yéchiva de Kamenitz.
Les gens de la ville avaient une opinion favorable à son égard; cependant, avant d'arriver à une décision finale, ils lui avaient demandé une lettre de recommandation de son Roch Yéchiva, R' Baroukh Ber.

Le jeune homme était conscient de la peine qu'il avait dû causer à son ancien Roch Yéchiva et ne pouvait se résoudre à l'aborder directement. Il avait donc décidé de tenter sa chance en sollicitant par écrit une lettre de recommandation.
En recevant cette missive, R' Baroukh Ber revécut la douleur et l'embarras qu'il avait ressentis à l'époque. Il prit cependant un stylo et du papier et entreprit de donner son assentiment.

Quand il eut terminé, R' Baroukh Ber relut plusieurs fois sa lettre afin de s'assurer que son ancien ressentiment n'atténuait pas les louanges qu'il désirait exprimer. Mais plus il la relisait, moins il était convaincu par ce qu'il avait écrit.
Il convoqua alors un jeune ba'hour dénommé Koppel Wolpert, qui lui rendait de nombreux services, et lui demanda de faire venir trois jeunes gens du beit hamidrach.

Les Ba'hourim, parmi eux Rav Chlomo Heiman (1893-1944), qui devait devenir le Roch Yéchiva de la Yéchiva Torah Vodaath de Brooklyn) convoqués pensaient que R' Baroukh Ber avait fait appel à eux pour le rituel de Hatarate Nédarim, afin d'annuler (d'un point de vue rabbinique) un vœu que le Roch Yéchiva avait pu faire au sujet d'un certain Sédèr d'étude. Il les avait déjà convoqués plusieurs fois pour cette raison. Ils furent donc surpris quand R' Baroukh Ber les fit asseoir car il désirait leur avis sur une question délicate.

R' Baroukh Ber commença ainsi: "Vous vous souvenez tous de ce jeune homme et de l'incident survenu entre ma famille et lui il y a quelques années. Ce même homme me demande maintenant de lui envoyer une lettre de recommandation afin de faciliter son obtention d'un poste de rav. Ma douleur est toujours vive, et je crains que mon trouble n'apparaisse entre les lignes de ma lettre. Je demande à chacun de vous de la lire attentivement. Quand vous aurez terminé, je vous prie de me dire honnêtement si mes louanges sont réellement convaincantes. Si les mots semblent hésitants, je réécrirai cette lettre car je désire l'aider de mon mieux."

Les trois Ba'hourim lurent attentivement la lettre et assurèrent à leur Roch yéchiva qu'elle était parfaitement éloquente.
Alors seulement, étouffant la peine dans son cœur, R' Baroukh Ber envoya la lettre de louanges qu'il tenait à la main.

Source : Sur les trace du Maguid – Editions Raphaël
   


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