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Déterminisme et Judaïsme

Mercredi 6 Octobre 2010 | 12h12   Vue : 5824 fois
 
 
 
 



" Et tu pratiqueras ce qui est droit et bon aux yeux de D., afin d'atteindre au bonheur..." (Dévarim 6, 18).

      Le principe de libre-arbitre ou la liberté du Vouloir constitue une idée phare dans la Tradition juive, un pilier de la Tora et de la Mitsva écrit le Rambam (Michné Tora Hilkhote Téchouva 5, 3).

      En effet, le libre-arbitre constitue la pierre angulaire de tout le Judaïsme : D. s'engage, se risque d'une certaine manière à créer l'homme en le dotant de l'édifiant pouvoir de pencher en faveur du bien ou du mal. Pleinement confiant en sa créature, Il attend de celle-ci de choisir naturellement le bien car "D. a créé l'Homme droit" (Kohélèt 7, 29).

      Pour preuve, à la création de l'homme, contrairement aux autres jours de la Création, le terme "ki tov" (car il est bon) est omis.

      Cette omission délibérée atteste l'idée majeure selon laquelle l'homme détient, à lui seul, le choix de pratiquer le bien ou le mal, de réparer ou non ses erreurs passées en s'efforçant, par un acte de volonté intense, de se libérer des chaînes entravant son être, le rendant esclave de sa propre nature. La notion de Téchouva, de retour vers soi et D., y trouve son fondement.


      " Mais si le méchant revient de toutes les fautes qu'il a commises... qu'il pratique le droit et la vertu, il vivra…" ('Hizkiya 18, 21). Bèn Zoma dit : " Qui est fort ? Celui qui domine ses passions ; " Qui domine ses passions l'emporte sur un preneur de villes " (guerrier) (Michlé 16, 32 ; Pirké Avote 4, 1).

      Ainsi, D. présageant le pire pour Abèl après son refus d'agréer l'offrande de Caïn, fait appel à la conscience de ce dernier : " Si tu t'améliores, tu pourras te relever, sinon le péché est tapi à ta porte ; il aspire à t'atteindre, mais toi, sache le dominer" (Béréchite 4, 7).

      Selon le Rambane "deux voies reposent dans les mains de l'homme et il est libre d'aller où bon lui semble, rien ne l'y empêche, ni les hommes, ni les anges".

      Le Gaone de Vilna explique que le libre arbitre suppose un dépassement de notre nature rendu possible par la lutte permanente entre des forces contraires (Yétsarim).

      Celles-ci sont inscrites en l'homme, qui n'ont de cesse de le tirailler : " Je donne aujourd'hui la bénédiction et la malédiction " (Dévarim 11, 15).

      Cette faculté de dépassement s'exprime chez l'homme par la lettre lamèd qui compose son être intérieur (Lénéfèch 'Haya Béréchite 2, 7), la seule et unique de l'alphabet hébraïque à s'élever au delà de la ligne scripturaire.

      Le Lamèd (l'enseignement) habite l'homme et le pousse à la Connaissance véritable appelée Da'ate (Le Savoir par excellence) où la distinction entre le bon et le mal prime sur le savoir du Siècle des Lumières.


      Toutefois, l'homme est-il pleinement libre de ses pensées, dires et actions, peut-il prétendre à la conquête du bonheur parfait ?

      N'est-il pas soumis, d'une part, aux contraintes intérieures acquises par son éducation et dictées par son subconscient asservi par des besoins futiles, et d'autre part, aux normes imposées par son environnement ?

      Et en imaginant qu'il domine toutes ses forces et pulsions intérieures, lui est-il permis de disposer comme bon lui semble, au nom du principe de libre arbitre, de sa propre personne (de son corps en décidant volontairement de ne pas engendrer, d'avorter ou de se suicider) et de celle de son prochain (euthanasie) ?

      Quelles sont donc les limites de ce libre-arbitre ? Pourquoi D. n'intervient-il pas afin de mettre un terme à l'iniquité ici-bas et semble indifférent à la douleur humaine : " Pourquoi me laisses-tu voir l'iniquité et restes-tu témoin de l'injustice?" ('Habakouk 1, 3).

      " Quand on viole la justice humaine à la face du Très- Haut, quand on fait tort à autrui dans sa cause, le Seigneur ne le voit-il pas ? Qui dira qu'une chose arrive sans que le Seigneur l'ait ordonnée ? N'est-ce pas de la volonté du Très-Haut que viennent les maux et les biens ? " (Ekha 3, 35-38). Comment la Volonté divine génératrice de toute l'histoire de ce monde est-elle conciliable avec l'idée de libre-arbitre chez l'homme ? " Le monde est jugé avec bienveillance et tout dépend de la majorité des œuvres " (Guémara Avote 3, 15).

      Autrement dit, il s'avère que si la liberté d'action chez l'homme semble absolue, le choix de préférer la vie à la mort nous est, en vérité, ordonné par D. : Tu choisiras la vie.


Prophète Icha'ya arguant le peuple
      Les Sages rapportent le refus catégorique du roi 'Hizkiyahou de procréer de crainte que ses enfants ne soient destinés à devenir des impies comme l'Esprit Saint le lui révéla. Cependant, le prophète Icha'ya lui rappelle que nul n'a le droit d'extrapoler.

      En effet, après son union avec la fille du prophète lui naîtra Ménaché, le roi mécréant. Le prophète Icha'ya enseigne que si le déterminisme historique ne peut pas être nié (l'esclavage d'Israël fut annoncé dans Béréchite (15, 13) et la destruction de Jérusalem dans 'Hizkiya (4), nous devons l'ignorer et nous en dissocier en agissant au présent pour le bien.

      L'éthique juive s'interroge moins sur la question du déterminisme que, comme le soutient Abrabanèl, sur la voie menant au perfectionnement de l'homme : Toute la bonté et la perfection de l'homme se trouvent dans le libre-arbitre et dans sa capacité sincère de vouloir réparer la faute après qu'elle ait été commise. La faute de Caïn, après qu'il eut assassiné son frère Abèl, réside dans son refus d'accepter l'opportunité offerte par D. d'émettre un quelconque regret, de reconnaître et d'avouer, selon le principe du libre arbitre, sa responsabilité directe.

      Caïn, soumis à sa cruelle nature, pose la question : Suis-je le gardien de mon frère ?

      Paradoxalement, la perfection, loin d'être l'aboutissement d'une vie sans fautes, est plutôt l'expression de la faculté du libre-arbitre de distinguer le bien du mal confondu par la faute originelle d'Adam Harichone.

      " Tout dépend de D. à l'exception de la crainte de D." (Bérakhote 33). " L'homme n'a été créé que pour se complaire en D. et jouir de l'éclat de Sa Présence " (Rav 'Haïm Luzzatto, dans son Méssilate Yécharim). En effet, l'esclave est celui qui, privé de toute liberté de penser, se trouve interdit d'action autonome.

      Pharaon, pour avoir sciemment nié, ignoré ce Tsélèm Elokim (image de D.) des Fils d'Israël et de l'Homme en sa dimension universelle, sera sanctionné en conséquence et se verra retirer le libre-arbitre (Béréchite 1, 26).

      Aux cinq premières plaies d'Egypte, D. signifie clairement à Pharaon qu'il lui est encore temps de libérer les Fils d'Israël. En vain : " Pharaon endurcit son cœur " et aux cinq dernières plaies, Pharaon devient l'esclave de lui-même : " Mon Nil est à moi, c'est moi qui me suis fait ". Il s'aliène, définitivement, à sa propre conscience sans espoir de retour : " D. endurcit le cœur de Pharaon ".

      Là où l'homme décide d'aller, D. l'y conduit. Il rémunère " chacun selon ses voies et selon le mérite de ses œuvres " (Irmiya 32, 19).

      Les Enfants d'Israël prouvent leur maturité et font éclater leur grandeur au monde en attestant que la Sortie de l'esclavage ne résulte point du renvoi par Pharaon privé du libre-arbitre, mais de leur libre volonté : " Ils prendront pour eux-mêmes un agneau, le sang sera pour vous un signe ".

      D. n'impose jamais la Liberté aux hommes ; ce sont eux, les hommes à qui incombe la responsabilité de l'accepter et de se l'imposer. D. élit ceux mêmes qui choisissent d'agir comme des hommes libres.

      La vraie liberté, disent les Sages, se mesure à l'établissement par l'homme d'une juste adéquation entre sa volonté toute personnelle et celle de D., initiatrice du Grand projet. Quand devons-nous agir et quand devons-nous rester en retrait devant l'incompréhensible dessein de D. ? (Histoire de Joseph et ses frères).



      Pour conclure le Rambam écrit : "…l'homme détient la puissance absolue d'agir naturellement par son libre-arbitre et sa volonté" (Guide des Egarés 3, 17).

      Car " le bonheur découle de l'effort de l'homme " (Pirké Avote). Le Rambane, fidèle à la prophétie d'Icha'ya (11, 8) promettant l'avènement d'une ère idéale où " le nourrisson jouera près du nid de la vipère…", annonçant l'abolition du libre-arbitre aux temps messianiques, l'homme reviendra à sa situation primordiale d'avant la faute ".





   


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