Michel-Yves Bolloré et Olivier Bonnassies, auteurs du livre
L'EXISTENCE DE D-IEU A L'EPREUVE DU SAVOIR MODERNE
Pendant près de trois siècles, le discours scientifique a semblé s'ériger en rempart contre la foi, reléguant l'idée d'un Créateur au rang de superstition. Pourtant, nous assistons aujourd'hui à un basculement paradigmatique porté par deux figures atypiques : Michel-Yves Bolloré et Olivier Bonnassies.
Michel-Yves Bolloré est ingénieur de l'École de Physique et Chimie de Paris, maître ès sciences et docteur en gestion. Olivier Bonnassies, ancien élève de l'École Polytechnique (X), est diplômé de l'Institut HEC et licencié en théologie. Ces deux esprits cartésiens, formés à la rigueur des sciences dures, n'ont pas cherché à valider un dogme, mais à suivre les faits.
Leur virement à contre-pied est né d'un constat : les découvertes du XXe siècle (Relativité, Big Bang, complexité biologique) ont rendu l'hypothèse d'un univers purement matériel statistiquement intenable. Pour eux, le matérialisme n'est plus une conclusion scientifique, mais une croyance obsolète.
Leur approche rejoint l'Unicité (le Monothéisme) en démontrant que le principe de causalité impose une cause transcendante à l'univers. Ce dossier explore comment ces preuves contemporaines viennent confirmer, avec 3000 ans de retard, la Révélation du Sinaï.
L'APPROCHE SCIENCE : LA FIN DU HASARD
Pour ces auteurs, la science pure mène irrémédiablement à l'idée d'une intelligence hors-système par deux arguments majeurs. L'impossibilité du réglage fin (Fine Tuning) par le hasard. Le réglage Fine Tuning désigne le constat scientifique que les lois et constantes physiques de l'univers (gravité, vitesse de la lumière, charge de l'électron, etc.) semblent avoir été ajustées avec une précision infinitésimale.
Ces constantes de l'univers sont si précises que si l'on modifiait une seule d'entre elles d'un millimètre, l'univers s'effondrerait ou ne serait que fumée. Ils comparent cela à un archer qui tirerait une flèche depuis la Terre et toucherait une cible d'un centimètre située à l'autre bout de la galaxie.
Olivier Bonnassies
Pour un esprit rationnel, un tel succès n'est pas une coïncidence, c'est une intention. Si l'une de ces valeurs différait d'un milliardième de degré, les étoiles ne se seraient jamais formées et la vie serait mathématiquement impossible. Pour Bolloré et Bonnassies, cette précision exclut le hasard au profit d'une intelligence créatrice. (D-ieu, la science, les preuves, M-Y Bolloré & O. Bonnassies (2021).
Michel-Yves Bolloré
Cette intuition d'un réglage volontaire se trouve déjà chez Rabbi Akiva (un des plus grands Tanaïm), qui répondait aux sceptiques de son temps :
"De même qu'un édifice témoigne du bâtisseur... ainsi le monde témoigne du Saint Béni soit-Il" (Midrache Témoura, Chapitre 5).
Pour Rabbi Akiva, la structure même du monde (le vêtement) rend l'existence du Créateur logiquement indiscutable.
Ainsi, D-ieu a créé le monde par la Rigueur (Middate Hadine), fixant des limites précises à la matière pour qu'elle puisse porter la vie. Cette Rigueur est définit en Kabbala par le concept de limite créée par le Créateur…..

PHILOSOPHIE ET LOGIQUE EN CONVERGENCE AVEC NOS SAGES
La science repose sur le principe de causalité qui exprime l'idée que tout effet a une cause. Si l'univers a un début (ce que prouve l'expansion galactique), alors la cause de l'univers ne peut pas être l'univers lui-même. Cette cause doit donc être immatérielle, hors de tout concept spatio-temporel et dotée d'une volonté, une définition qui rejoint celle de D-ieu.
Si ces preuves impressionnent le monde moderne, les Sages d'Israël les accueillent avec un sourire bienveillant. Non par orgueil, mais parce que pour celui qui étudie la Torah, la science ne fait que lire, avec un microscope, ce qui est écrit dans le texte depuis le Mont Sinaï.
Le Midrache enseigne :
D-ieu a regardé dans la Torah et a créé le monde (Midrach Rabba, Béréchit chapitre 1, 1)
Pour nos Sages, la Torah est le plan de l'assemblage et d'ajustage, mais la nature en est l'exécution matérielle.
Lorsque Bolloré et Bonnassies découvrent le réglage fin des lois de l'univers, ils admirent la précision des murs et de la plomberie d'un édifice dont les Sages possèdent les plans originaux depuis 3000 ans. Le sourire vient confirmer le fait que le scientifique témoigne, par l'expérience, la cohérence de la théorie révélée au Sinaï.
Le Ram'hal explique dans son Derekh Hachem que le monde est contingent, c'est-à-dire qu'il n'a pas sa propre source d'énergie en lui-même. Un arbre a besoin d'eau, l'eau de molécules, les molécules d'atomes. Rien ne se maintient tout seul.
Voici une explication de ce Ram'hal pour le sceptique.
La deuxième loi de la thermodynamique (l'entropie) dit que l'univers s'use et perd de son énergie, comme une pile qui se décharge. Le Ram'hal rejoint cette loi en affirmant que puisque le monde s'use et n'est pas éternel, il a forcément besoin d'une pile originelle qui, elle, ne s'use jamais car elle est en dehors du système. Le Ram'hal appelle cela l'Être Nécessaire, celui qui donne l'énergie sans en avoir besoin.
Pour un esprit cartésien ou un sceptique, le lien entre la thermodynamique moderne et la pensée du Ram'hal (XVIIIe siècle) constitue l'un des ponts les plus saisissants entre la foi et la raison.
La deuxième loi de la thermodynamique stipule aussi que l'entropie (le désordre) d'un système fermé ne peut qu'augmenter.
C'est à dire que dans un système fermé, l'énergie se dégrade inéluctablement : l'ordre tend vers le désordre et le chaud vers le froid.
Appliqué à la cosmologie, ce principe prouve que l'univers n'est pas éternel : s'il n'avait pas de commencement, il aurait déjà épuisé toute son énergie utile. Comme l'expliquent Bolloré et Bonnassies, cela implique qu'une main a dû remonter le mécanisme à un instant T.
Nous demanderons au sceptique d'imaginez l'univers comme une tasse de café chaud posée dans une pièce froide. Naturellement, le café refroidit jusqu'à atteindre la température de la pièce. Il ne se réchauffera jamais tout seul.
L'argument de Bolloré et Bonnassies est le suivant: si l'univers était éternel dans le passé, il aurait déjà dû atteindre sa mort thermique (le café serait déjà froid depuis une éternité). Puisqu'il y a encore de l'énergie et de la vie, c'est que l'univers a eu un commencement et qu'il a été chargé en énergie à un instant T et par conséquent maintenu depuis.
Par une pure déduction logique, le Ram'hal affirme que cette cascade de dépendances ne peut pas être infinie. Il faut, au sommet de la pyramide, un Être Nécessaire, un Être dont l'existence ne dépend d'aucune cause extérieure et qui possède une source d'énergie infinie.
Le virement révolutionnaire pour ces scientifiques est de dire au sceptique : Vous croyez être rationnel en refusant D-ieu, mais en refusant une Cause Première, vous acceptez l'idée illogique d'un effet sans cause.
LE BIG BANG POUR LE ARI ZAL
Le Ari Zal a révélé le concept révolutionnaire philosophiquement et scientifiquement du Tsimtsoum (Le retrait ou la contraction du créateur).
Avant la création, la Lumière Divine remplissait tout (Ets 'Haïm).
Il est essentiel de préciser que cette vision révolutionnaire n'est pas une simple métaphore poétique, mais le cœur même de la cosmologie kabbalistique telle qu'enseignée par le Ari Zal. Pour que l'univers physique existe, D-ieu a dû se contracter pour laisser un vide.
Rationnellement, le concept de Tsimtsoum du Ari Zal peut se comprendre comme un passage de l'infini au fini.
Avant la création, l'Infini divin (Ein Sof) occupe toute la place conceptuelle. Pour qu'une existence distincte, matérielle et limitée (comme l'univers) puisse apparaître, D-ieu doit instaurer un retrait (conceptuel) de sa présence manifeste. Ce n'est pas un déplacement physique, mais une occultation : D-ieu crée un espace de vide apparent pour que l'homme puisse exister librement sans être annulé par l'éclat de l'infini.
Ce que la science appelle le Big Bang (une explosion d'énergie à partir d'un point minuscule) est en réalité la traduction physique du Tsimtsoum. Le vide scientifique n'est pas le néant, c'est l'espace où la Volonté Divine a permis à la matière de prendre forme.
Le cartésien demande :
Comment quelque chose peut-il naître de rien ?
Le Ari Zal répond :
Rien ne naît de rien. Le monde naît du retrait de Tout.
En rejoignant cette vision, Bolloré et Bonnassies replacent l'homme non pas dans un univers froid et mécanique, mais dans un espace de dialogue voulu par le Créateur dès l'instant initial du Tsimtsoum.
Ce que les physiciens mesurent comme une explosion de matière est en réalité, selon la Torah, l'irruption de l'énergie divine dans l'espace libéré par le Tsimtsoum. Le Big Bang est l'écho physique du retrait métaphysique de D-ieu.
L'UNICITE DU PREMIER MOTEUR
Le Rambam (Maïmonide) est celui qui est perçu comme étant le plus rationnel des Sages, s'adresserait à ces deux auteurs en leur disant : Votre science prouve le mouvement, mais ma logique prouve l'Unité (Guide des Égarés chapitre 2).
Le Rambam continuerait dans sa logique et affirmera que le fait que toutes les lois de la physique soient les mêmes partout dans l'univers prouve qu'il n'y a qu'une seule Source. La science moderne, en cherchant la théorie du tout, ne fait que chercher l'Unicité (אחד) que nous proclamons chaque jour.
Le Rav Moché Shapira enseignait que la nature (טבע) a la même valeur numérique (Guématria) que le nom de D-ieu (Elo-him). Il explique que la science étudie le vêtement. Bolloré et Bonnassies ont découvert que les coutures du vêtement sont parfaites.
Cette métaphore du Rav Moché Shapira illustre le paradoxe de la connaissance de D-ieu à travers la nature : tout comme un vêtement épouse les contours d'un corps et permet d'en deviner la carrure, les lois de la physique révèlent l'intelligence, la sagesse et la puissance du Créateur. En étudiant la couture (le réglage fin), le scientifique perçoit la forme d'une intention.
Le vêtement cache la nudité, c'est-à-dire l'essence même de celui qui le porte. La nature (Hatéva') agit comme un écran de fumée. Elle est si régulière et structurée qu'elle peut laisser croire qu'elle fonctionne seule, occultant la présence directe de D-ieu.
Bien que le constat scientifique de ces deux auteurs soit révolutionnaire pour le monde moderne, il s'arrête à l'étoffe. On peut admirer la couture sans jamais lever les yeux vers le Visage de Celui qui porte l'habit. Pour les cartésiens, Bolloré et Bonnassies ont prouvé que le vêtement a un Tailleur.
Pour le Rav Moché Shapira, le défi n'est plus de prouver l'existence du Tailleur, mais d'écouter ce que le Roi a à nous dire à travers le vêtement qu'Il a choisi de porter devant nous.
Cette équivalence (Nature et Elokim) signifie que ce que nous appelons lois de la nature n'est rien d'autre que la manifestation rigoureuse et structurée de la volonté de D-ieu. Le nom Elokim représente l'attribut de Justice et de Rigueur, celui qui fixe des limites. La science étudie ces limites, mais elle oublie souvent qu'une limite est toujours tracée par quelqu'un.
Cette approche du Rav Moché Shapira apporte une dimension métaphysique cruciale au travail de Bolloré et Bonnassies. Elle permet de comprendre pourquoi la science, aussi précise soit-elle, reste à la périphérie de la vérité.
QUAND LA SCIENCE BRISE LE MUR DE L'ATHEISME
Les Sages d'Israël pourraient rire de ces découvertes, car pour la Torah, il est évident que le monde a un Créateur. C'est comme si quelqu'un venait prouver scientifiquement, après des années de calculs, que le soleil brille.
D-ieu n'est pas une partie de l'univers, Il est la condition de son existence.
Il est la Source qui maintient la pile allumée à chaque instant, car sans ce flux constant de l'Être Nécessaire, l'univers retournerait instantanément au néant, ce que la Kabbala appelle le renouvellement permanent de la Création. Comme nous l'affirmons quotidiennement dans la prière :
"Celui, qui dans Sa bonté, renouvelle sans cesse l'oeuvre de création"
המחדש בטובו תמיד מעשה בראשית
Cependant, l'approche de Bolloré et Bonnassies est cruciale pour notre génération. Elle permet de briser la muraille de fer de l'athéisme militant. Elle offre un pont aux esprits cartésiens pour qu'ils puissent enfin passer de la preuve par le calcul à la relation par la foi (אמונה). Ce que la science appelle une Cause Première, la Torah l'appelle Avinou (Notre Père).