Quand l'antisémitisme devient le politiquement correct

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La sentinelle de l'Histoire

Simon Sebag Montefiore
est un historien britannique de renommée mondiale, membre de la Royal Society of Literature, dont les travaux sur la Russie et sur Jérusalem font autorité. Sa motivation, dans sa récente prise de parole, dépasse le cadre académique. En tant qu'historien, il voit dans l'inversion de la Shoah une corruption délibérée de la vérité factuelle.


Sa démarche est celle d'un lanceur d'alerte. Il démontre que le détournement du langage moral par les élites académiques et diplomatiques est une arme idéologique. Pour lui, protéger le sens des mots, c'est empêcher que l'on transforme les victimes d'hier en coupables d'aujourd'hui pour mieux justifier une haine renouvelée.

Le masque de la vertu

Après la Shoah, la haine brute du Juif est devenue socialement et politiquement suicidaire pour quiconque prétend à la respectabilité. Le monde avait vu les fosses, les cendres, et le verdict était sans appel.
Pour survivre, cette haine a dû muter.

Elle ne porte plus de brassard, elle porte des toges universitaires, des cravates diplomatiques et des badges d'ONG. Ce n'est plus une agression physique directe, mais une exclusion intellectuelle : on ne dit plus que le Juif est inférieur, on dit qu'il est, par nature et par son État, l'ennemi des droits de l'homme.

Ce processus d'inversion est un vol d'identité morale. En utilisant les termes génocide, apartheid ou nazisme pour désigner l'action des Juifs, les accusateurs ne cherchent pas seulement à condamner une politique, ils cherchent à effacer la culpabilité historique de l'Occident. L'objectif est clair, si la victime devient le bourreau, alors le monde est libéré de sa dette envers elle.

L'effondrement du Sens

L'inflation du mot génocide dans les couloirs des institutions internationales n'est pas un hommage aux victimes, c'est une dévaluation volontaire de la souffrance. Comme le souligne Montefiore, si tout est Shoah, alors la Shoah n'est plus rien. C'est une stratégie de dissolution car en diluant l'atrocité dans un langage bureaucratique, on retire au peuple juif la spécificité de son martyre pour lui interdire son droit à la défense.

Cette manipulation est insidieuse car elle transforme le droit international en un tribunal politique. On ne juge plus des faits, mais on utilise des labels infamants pour exclure les Juifs de la famille humaine, sous couvert de rigueur académique ou de justice universelle.

L'Esprit des Sages

Nos Sages nous enseignent une vérité profonde sur la nature de la vérité elle-même. Dans le Talmud (Chabbate 104a), il est rappelé que le sceau de D-ieu est la Vérité (אמת). Or, le mensonge n'a pas de pieds (שקר אין לו רגלים). Pour tenir debout, le mensonge doit s'appuyer sur une parcelle de vérité ou s'emparer des vêtements de la justice.

Ce concept explique pourquoi les discours haineux modernes sont si dangereux. Ils ne nient pas l'existence du bien ou de la justice, ils les vident de leur substance pour y injecter leur propre venin. Comme l'affirmait le Rav Moché Shapira :

Tout mensonge qui ne contient pas une parcelle de vérité au début ne peut subsister à la fin.

En utilisant des institutions respectables, ils donnent des pieds à leur mensonge. 
C'est précisément ce que décrit Simon Sebag Montefiore : une haine qui, n'ayant aucune base morale propre, usurpe le vocabulaire de la justice internationale pour ne pas s'effondrer.

Le Rav Eliyahu Dessler expliquait que la haine gratuite ne naît pas d'une faute de l'autre, mais d'un besoin de l'agresseur de justifier sa propre malhonnêteté intérieure. Celui qui inverse la Shoah ne le fait pas par amour des droits de l'homme, mais pour faire taire sa conscience. En projetant sur le Juif les crimes qu'il a lui-même subis, le monde tente d'effacer le miroir de l'exigence morale que le peuple juif lui tend depuis le Sinaï.

Conclusion

Le pamphlet moderne ne doit pas seulement dénoncer les cris de la rue, mais surtout le silence complice des salons et des universités. La haine propre, celle qui se cite en note de bas de page ou s'exprime dans des résolutions feutrées, est la plus dangereuse car elle s'attaque à la structure même de la pensée.

Face à cette inversion, notre réponse doit être une résistance intellectuelle et spirituelle totale. Il faut démasquer ces humanistes de façade qui utilisent la mémoire des morts pour persécuter les vivants. Redonner aux mots leur poids, refuser que le sacré soit profané par des idéologues, et se souvenir que la lumière de la vérité finit toujours par percer les déguisements les plus sophistiqués.