Comment le judaïsme réformé organise sa propre extinction

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C'est avec une rage sourde et une tristesse infinie que nous assistons aujourd'hui à l'un des spectacles les plus affligeants de l'histoire moderne de l'État d'Israël : l'immixtion brutale, illégitime et sans fondement juridique d'une cour de justice déconnectée de son peuple.

Sous la pression des "Femmes du Kotel" et de mouvements réformateurs qui réclament un lieu de « prière » sans séparation et sans les règles de Halakha (loi juive) ancestralement définies et acceptées, une nouvelle audience s'est tenue hier (mardi), devant le Bagats (Haute Cour de Justice d'Israel) pour statuer sur le lieu le plus saint du judaïsme.

Le Bagats s'est érigé, sans base constitutionnelle réelle, en un organe de pouvoir absolu capable d'annuler des lois et de dicter sa vision laïque au détriment du caractère juif de l'État. Bras armé d'une idéologie anti-traditionnelle, il s'autorise à profaner par ses décrets le cœur battant du peuple juif, le Kotel HaMa'aravi.

Cette ingérence n'est pas seulement un abus de pouvoir ; c'est une insulte à la mémoire de nos ancêtres. Voir des juges tenter de démanteler la structure millénaire de notre prière pour satisfaire une poignée de provocateurs financés par l'étranger est une blessure ouverte dans l'âme de la nation.

La genèse d'une trahison : de l'érudition au reniement

Le mouvement réformiste n'a pas surgit du néant, il est le fruit empoisonné de la Haskala (mouvement des Lumières juives) initiée par Moses Mendelssohn au XVIIIe siècle

Le venin réformiste n'est pas né de l'ignorance, mais d'une perversion de la connaissance. Tout commence avec Moses Mendelssohn. En utilisant son érudition talmudique, non pour servir la Révélation du Sinaï, mais pour la disséquer, il a créé la première fissure dans l'édifice de l'Orthodoxie.

Il est crucial de saisir cette nuance historique : si Mendelssohn a ouvert la brèche, c’est par une forme de naïveté intellectuelle tragique, croyant pouvoir marier l’immuable et le mouvant. Mais ses héritiers, loin de son érudition tourmentée, ont transformé cette brèche en une démolition contrôlée.
Ils n'ont pas cherché à expliquer le judaïsme aux nations, mais à le normaliser jusqu'à l'effacement.

L'ironie tragique, c'est que Mendelssohn pensait protéger le judaïsme en lui donnant un vernis moderne. Mais en acceptant de soumettre la Révélation au tribunal de la Raison humaine, il a validé le principe selon lequel l'homme est le juge de D-ieu. Si Mendelssohn voulait donner au judaïsme ses lettres de noblesse, ses successeurs ont surtout voulu lui donner son certificat de décès en tant que nation séparée et sainte.

Ses élèves, comme David Friedländer, ont poussé cette logique jusqu'à l'abjection, proposant un "baptême sec" aux autorités prussiennes. acceptant de rejoindre l'Église à condition qu'on ne l'oblige pas à croire en la divinité de Jésus, montrant ainsi un mépris total pour l'unicité juive.

Ce qui n'était qu'une velléité d'intégration chez le maître est devenu, chez les disciples, une haine de soi institutionnalisée. Ils ont utilisé le bras laïc de gouvernements hostiles pour dénoncer les Hassidim et les Sages fidèles, prouvant que le réformisme, dès l'origine, préfère la toge du magistrat étranger au Talite du Sage.

Avec Abraham Geiger, la réforme devient scientifique (Wissenschaft des Judentums). Il a utilisé la critique biblique pour prétendre que la Torah n'était qu'un produit de l'histoire humaine, évolutif et donc modifiable à souhait. C'est lui qui a systématiquement supprimé des livres de prières toute mention du retour à Sion, de la reconstruction du Temple ou du Messie, car ces concepts offensaient son patriotisme allemand. Il a transformé le Juif, membre d'un peuple en exil, en Allemand de confession mosaïque, ouvrant la voie à la dilution totale de l'identité nationale.

Quand le sacré devient un accessoire politique

L'expression la plus grotesque de cette dérive se joue chaque mois au Kotel avec les "Femmes du Kotel" (Néchote HaKotel). Sous couvert de spiritualité, ce groupe pratique une politique de la terre brûlée. L'agressivité de ces femmes du Kotel atteint le sommet du cynisme.

Prétendre vouloir honorer la Torah tout en faisant transiter des rouleaux de Sifré Torah par les toilettes pour déjouer la surveillance, montre leur véritable priorité : leur propre satisfaction politique prime sur la sainteté (Kédoucha). Elles ne servent pas D-ieu, elles se servent de Lui.

Le manteau qui recouvre le Séfèr Torah du centre, arbore l'arc en ciel, symbole du mouvement LGBT

Le mouvement réformiste actuel ne se contente plus de réformer, il solde toutes les valeurs plusieurs fois millénaires sur l'autel du bien être et son confort opportuniste.


Les réformistes célèbrent les mariages mixtes et valident la filiation patrilinéaire, brisant la chaîne ininterrompue de la judéité. Comment revendiquer l'appartenance à un peuple dont on organise scientifiquement la disparition biologique et spirituelle ?

Mariage mixte à l'église 

La nomination de "rabbins" vivant en contradiction flagrante avec les interdits explicites de la Torah (tels que l'homosexualité) est une insulte à l'intelligence. Précisons-le, il ne s'agit pas ici de juger les inclinaisons individuelles, mais de souligner l'absurdité de vouloir représenter une Loi (la Torah) tout en en piétinant ses injonctions les plus explicites. On ne peut être le gardien d'un code que l'on déclare caduc.

Mariage juif gay

La profanation revendiquée du Chabbate et l'abandon de la Cacheroute (fondements du judaïsme) ne sont pas des "évolutions", mais des capitulations devant le désir de confort personnel.

On atteint les rivages du surréalisme avec la célébration de "Bar Mitzvah" pour chiens. En élevant l'animal au rang de sujet de commandement divin, le réformisme quitte le domaine de la religion pour entrer dans celui de la psychiatrie sociale. C'est le stade ultime d'un judaïsme vidé de sa substance, où le sacré est devenu un gadget pour satisfaire des besoins affectifs domestiques.


"Bark-Mitzva" aux Etats Unis

En effaçant la distinction entre l'homme, sujet de la Mitsva, et l'animal, ils ne font pas qu'insulter la Torah, ils abdiquent toute raison humaine.

Comment ne pas rire, si ce n'était tragique, devant de telles incohérences ? C'est un chef-d'œuvre de contradiction : ils revendiquent bruyamment leur place au sein du peuple juif tout en brisant la chaîne biologique et spirituelle qui permet à ce peuple d'exister. Ils organisent scientifiquement leur propre extinction tout en criant à l'exclusion.

L'avertissement des Sages

Le 'Hatam Sofer avait anticipé ce naufrage et pour comprendre comment il procéda, il faut percevoir en lui non pas un simple réactionnaire, mais un stratège de la survie spirituelle. Il a compris, avant tout le monde, que le réformisme n'était pas une "adaptation" du judaïsme, mais un mécanisme d'effacement.

Le 'Hatam Sofer a utilisé une technique classique de la pensée juive, mais avec une audace sans précédent. Il a pris une loi de la Torah appelée Issour 'Hadach (l'interdiction de consommer le grain nouveau) et l'a sortie de son contexte strictement agricole pour en faire une catégorie métaphysique.

Dans la loi agricole, le blé est interdit tant qu'il n'a pas été autorisé par le sacrifice au Temple. Par analogie, il a décrété que toute idée ou pratique nouvelle est impure tant qu'elle n'a pas été validée par la Tradition (la Massorète).

En détournant la loi agricole sur le grain nouveau, il a décrété que

"Le "nouveau" est interdit par la Torah"
חדש אסור מן התורה

Il avait compris que toucher à un seul iota de la Massorète (Tradition) revenait à faire s'écrouler tout l'édifice.

Le 'Hatam Sofer a perçu que le danger de son époque (le XIXe siècle) n'était plus seulement de manger du grain avant l'heure, mais de vouloir consommer des idées nouvelles avant qu'elles ne soient passées au crible de la Tradition.

En déclarant que "le nouveau est interdit", le 'Hatam Sofer crée une barrière psychologique et juridique. Il signifie aux réformateurs :

"Si vous commencez à modifier la forme, vous finirez par détruire le fond."

Il a vu que les réformistes utilisaient la logique pour grignoter la Torah (d'abord l'orgue dans des temples qui n'ont rien à envier aux églises, puis la langue, puis le dogme). En interdisant le principe même de la nouveauté, il a supprimé le terrain de négociation. On ne discute pas avec un interdit de la Torah.

Sans ce verrou posé par le 'Hatam Sofer, le processus d'érosion initié par les élèves de Mendelssohn aurait tout emporté. C'est ce qui permet aujourd'hui de dire que les provocations des "Femmes du Kotel" ou les "Bar Mitsva de chiens" ne sont pas des évolutions, mais des corps étrangers.  Puisqu'ils sont "nouveaux" (dans le sens de rupture avec la transmission), ils sont automatiquement exclus du périmètre de la Torah.

Le Rav El'hanan Wasserman rappelait de son côté une vérité amère : lorsque le Juif cherche à effacer sa différence (la Havdala) par l'assimilation réformiste, ce sont les nations du monde qui se chargent de lui rappeler sa singularité par la rigueur et la haine. Le réformisme n'est pas un bouclier contre l'antisémitisme, il en est le catalyseur par la haine gratuite (שינאת חינם) qu'il génère au sein de notre peuple.

Les fondements de la fracture

Le Bagatz et les mouvements réformistes tentent d'appliquer une logique de droits individuels là où ne règne que la responsabilité collective (ערבות) devant l'Éternel.
Le judaïsme repose sur le principe de :

 "Tous les enfants d'Israël sont garants les uns des autres" (כל ישראל ערבים זה לזה).

Au Sinaï, nous n'avons pas reçu une déclaration des droits, mais une constitution de devoirs.

Ce qui veut dire que tout ce qu'un individu fait au Kotel n'est pas une affaire privée. Cela engage la responsabilité de toute la nation devant D-ieu. Nos sages ont compris que si l'homme devient le maître du temps et de la Loi, il n'y a plus de limite. Ils ont procédé ainsi pour que, des siècles plus tard, nous puissions immédiatement identifier le ridicule des "Bar Mitsva pour chiens" ou l'agressivité des "Femmes du Kotel" comme des corps étrangers au système.

En traitant le Kotel comme un parc public où chacun aurait un "droit particulier", le Bagats et les réformistes vident le lieu de sa spécificité : sa Transcendance. Ils ne demandent pas l'égalité, ils demandent la désacralisation.

Comme l'exprimait le Rav Jonathan Sacks, le judaïsme est une religion du "Nous". En transformant le Kotel en un espace de revendication narcissique, ils tentent de vider le cœur du Roi de sa substance.

Mais la Tradition est un roc, et l'idéologie une écume. Le monde de la Torah restera vibrant, tandis que ces innovations délirantes finiront dans les oubliettes de l'histoire, victimes de leur propre vacuité.