La Knesset protège la sainteté du Kotel contre l'activisme judiciaire

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Zone du kotel revendiquée par les mouvements réformés pour organiser des prières mixtes

Le Kotel, entre sanctuaire éternel et arbitrage judiciaire

Le Mur des Lamentations est aujourd'hui le théâtre d'un affrontement sans précédent entre la souveraineté du sacré et l'activisme judiciaire.

Face aux assauts répétés des mouvements progressistes et des Femmes du Mur, qui tentent d'imposer des réformes étrangères à la tradition millénaire (Halakha), la Haute Cour de Justice (Bagatz) a récemment outrepassé ses prérogatives en ordonnant l'aménagement d'espaces de prière égalitaires.

Considérant que le Kotel jouit d'une forme d'extraterritorialité spirituelle échappant par nature au droit civil, la Knesset a réagi ce mercredi 25 février 2026 en votant la loi sur le Kotel ('Hok HaKotel). Cette loi consiste en un projet législatif visant à définir légalement le statut religieux et administratif du site.

Cette séance marque un tournant décisif dans la préservation de l'intégrité du Mur des Lamentations. Le vote en lecture préliminaire de cette Loi n'est pas seulement un acte administratif, c'est un rempart érigé contre ce que beaucoup considèrent comme une dérive idéologique menée par des mouvements déconnectés de la tradition millénaire.

Ce vote vise finalement à sanctuariser l'autorité exclusive du Grand Rabbinat, faisant de la loi juive le seul rempart contre une dénaturation de l'identité juive profonde de l'État.

L'échec des mouvements progressistes

Le vote d'aujourd'hui sonne comme un désaveu cinglant pour les Femmes du Mur et les courants réformistes. Malgré des décennies de pressions médiatiques et de recours juridiques, leur tentative d'imposer des pratiques étrangères à la Halakha (loi juive) sur l'esplanade se heurte désormais à une volonté politique ferme de restaurer l'ordre et la dignité du lieu.

Pour les partisans de la loi, ces mouvements représentent une influence nocive qui nuit à la cohésion du peuple juif. Une forme de "gangrène" idéologique et pseudo-spirituelle cherchant à importer en Israël un judaïsme libéral qui fragilise l'identité juive profonde de l'État.

En définissant toute activité non conforme aux directives du Grand Rabbinat comme une profanation, la législation vise explicitement à mettre un terme aux provocations et aux prières démonstratives qui troublent la sérénité des fidèles attachés à la tradition.

Le Bagatz : une ingérence dans le domaine du sacré

Le point de rupture a été atteint jeudi dernier avec la décision de la Haute Cour de Justice (Bagatz). En ordonnant à l'État d'aménager une section égalitaire, les juges ont été accusés de dépasser largement leurs prérogatives en s'immisçant dans un domaine qui relève du sacré et non du droit civil.

L'argument central des défenseurs du 'Hok HaKotel repose sur une vision de souveraineté spirituelle. A l'instar d'une ambassade qui bénéficie d'une extraterritorialité pour échapper aux lois du pays hôte, le Kotel est perçu comme un territoire dont la législation est intrinsèquement liée à l'histoire éternelle du peuple juif.

Pour les promoteurs du texte, un forum de juges déconnectés de leurs racines n'a aucune légitimité pour arbitrer un lieu qui n'est pas un simple espace public, mais le vestige du Temple, régi par une loi immuable dominant toute considération administrative humaine. Le texte adopté aujourd'hui vient concrétiser cette volonté de protection par des mesures législatives précises.

La loi établit désormais que le Grand Rabbinat est la seule et unique autorité souveraine sur l'ensemble du périmètre du Mur, incluant sans exception la zone de l'arche de Robinson, dite Ezrate Israël. Cette centralisation du pouvoir religieux vise à garantir qu'aucune cérémonie mixte ou prière dérogatoire à la tradition ne puisse avoir lieu, sous peine de sanctions fermes.

L'analyse des Sages : le défi du Érèv Rav

Pour comprendre la profondeur de ce conflit, nos Sages et particulièrement les commentateurs du Zohar et du Gaone de Vilna, nous éclairent sur le concept de Érèv Rav (multitude mélangée). Ce terme ne désigne pas seulement une entité historique, mais une force spirituelle qui, à chaque génération, tente de déconnecter le peuple d'Israël de sa source vitale : la Torah.

Selon Rav El'hanan Wasserman, le Érèv Rav se manifeste par une volonté de singer les nations et d'introduire des concepts étrangers au sein même du sanctuaire. Ce Érèv Rav désigne initialement les Égyptiens et autres étrangers qui se sont joints au peuple hébreu lors de la Sortie d'Égypte. L'idéologie réformiste, en voulant adapter la sainteté du Kotel aux standards sociétaux modernes, est perçue comme l'émanation de cette force qui cherche à diluer la spécificité d'Israël.

Les maîtres de la pensée juive profonde (Hachkafa) verraient dans l'ingérence du Bagatz une tentative de substituer le jugement humain et profane au jugement divin. En voulant s'octroyer le rôle d'arbitre du sacré, cette institution s'inscrit, selon cette analyse, dans le rôle du Érèv Rav. Celui qui crée une barrière entre D-ieu et Son peuple en imposant une logique de droits de l'homme là où ne devrait régner que le service de D-ieu.

Le Maharal enseigne que l'unité d'Israël ne peut se faire qu'autour de la Torah. Les tentatives de créer une unité inclusive par le biais du réformisme ne sont, pour nos sages, qu'une fragmentation supplémentaire, une attaque directe contre la Shékhina (Présence Divine) qui ne réside jamais dans la confusion des genres et des rites.

En sanctuarisant ainsi le site, la Knesset répond directement à l'activisme du Bagatz par une législation de contournement, réaffirmant que le caractère sacré du Kotel ne peut être négocié ni transformé au gré des courants sociétaux passagers.