
À New York, sur la scène illuminée de Times Square, trois anciens otages israéliens ont offert samedi soir un témoignage de foi et de résilience d’une rare intensité. Segev Kalfon, Matan Zangauker et Ilana Gritzewsky, survivants de longues périodes de captivité à Gaza, ont pris la parole devant des milliers d’adolescents juifs rassemblés pour le grand rassemblement annuel du réseau de jeunesse CTeen, lié au mouvement Habad-Loubavitch.
Ensemble, ils ont lancé un vibrant « Chém’a Israël », immédiatement repris par la foule, avant que l’assemblée n’entonne « Chir LaMa’alote », le psaume de la foi et de l’espérance.
Pour Segev Kalfon, 27 ans, ce moment constituait l’accomplissement d’un serment intérieur forgé dans l’obscurité des tunnels de Gaza. Enlevé lors de la fête de Nuwa, il a survécu 738 jours à la faim, aux coups et à la torture psychologique, partageant parfois avec cinq autres captifs un quart de tomate et un bol de riz. Il raconte avoir imaginé qu’il proclamerait le verset fondamental du judaïsme face aux caméras du Hamas le jour de sa libération.
La cérémonie ayant été annulée, il a choisi de tenir parole à New York :
« Ils ne m’ont pas laissé crier “Chém’a Israël” à Gaza. Je le dis ici, devant le monde entier. »
Malgré les sévices, il affirme avoir continué à réciter chaque jour la prière et à observer Yom Kippour en captivité — un attachement spirituel qui, selon lui, l’a maintenu en vie.
Prenant la suite, Ilana Gritzewsky a élargi le message à la collectivité :
« Personne ne nous fera tomber. Ensemble, nous sommes forts. Lorsque nous sommes unis, personne ne peut nous vaincre. »
Ses paroles, comme celles de ses compagnons, ont déclenché de longues ovations sur la place new-yorkaise, où 4 578 adolescents venus de 60 pays remplissaient l’esplanade.
L’événement, point culminant du 18ᵉ « Chabbat mondial de la jeunesse », se déroulait dans un contexte particulièrement éprouvant pour les communautés juives. Aux côtés de la célébration de l’ouverture de la 900ᵉ antenne de CTeen, des jeunes de la communauté australienne de Bondi, endeuillée par une fusillade meurtrière à Hanouka, ont également témoigné, rendant hommage au rabbin Eli Schlenger, fondateur local du mouvement, assassiné quelques mois après avoir lancé l’initiative.
Dans ce climat de deuil et de détermination mêlés, le président mondial de la jeunesse Habad, le rabbin Menachem Kotlarsky, a résumé l’esprit de la soirée :
« L’obscurité n’aura pas le dernier mot. »
L’annonce de la création à Sydney d’un centre de jeunesse portant le nom du rabbin Schlenger a prolongé cette promesse d’avenir.
Mais c’est la clameur collective du « Chém’a Israël » qui restera comme l’image la plus forte : celle d’anciens captifs transformant la mémoire de l’abîme en affirmation publique de vie, de foi et d’unité. À Times Square, leur résilience a trouvé un écho planétaire.