L’illusion morale d’un judaïsme déconnecté

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La démagogie de Mamdani
Il avait promis protection, apaisement, responsabilité.
Quelques heures après son entrée en fonction, il a fait exactement l’inverse et dévoilé par la même occasion, sa véritable personnalité.

La véritable question n’est donc pas seulement la trahison du nouveau maire de New York Mamdani, mais l’aveuglement et le manque de lucidité de ceux qui ont voulu croire en lui. En renonçant à leur identité juive, ils pensaient racheter leur sécurité et leur confort.

Des voix au sein de la communauté juive ont affirmé : Mamdani s’était engagé à protéger les Juifs, puis juste quelques heures avant de prendre ses fonctions, a retourné sa veste et nous a trahi.
Ce retournement n’est pas un accident politique. Il est le résultat logique d’une erreur de discernement profonde de cette communauté, commise bien avant son entrée en fonction.

De gauche à droite, Lincoln Restler, le rabbin Moshe Indig et Zohran Mamdani pendant la campagne municipale à New York

Cela se traduit par la révocation des décrets exécutifs clairs, concrets et protecteurs qui a entraîné l'alignement de la définition de l'antisémitisme sur celle de l'IHRA. Elle a également levé l'interdiction faite aux agences municipales de boycotter Israël ou d'en retirer des investissements, et a annulé le décret interdisant au mouvement BDS de propager son antisémitisme aux États-Unis. Ces actes ne sont pas symboliques. Ils produisent des effets réels. Ils affaiblissent la capacité de nommer la haine. Ils légitiment sa banalisation.

Le véritable symptôme
Le cœur du problème n’est pas Mamdani mais le raisonnement de ceux qui ont voulu croire en lui.

Rav Dessler enseigne que le choix réel de l’homme (Nékoudate Habé'hira), ne se situe jamais là où il proclame ses valeurs, mais là où il est prêt à renoncer à son confort.

Les Juifs new yorkais qui ont soutenu Mamdani ont fait le choix du confort social. Ils ont voulu prôner l’intégration sans friction en croyant à l'illusion d'une certaine protection au dépens de l’exigence de vérité. Ils se sont raconté la fable que l’origine de l’hostilité palestinienne déclarée à Israël, pourrait être neutralisée par des paroles rassurantes. Ils ont confondu bienveillance déclarative et fidélité réelle, l’apaisement plutôt que ce qui est juste.

Le Rav Dessler définit le véritable homme comme celui qui sait transformer une faiblesse morale en vertu affichée.
Rav Moché Shapira aurait parlé ici de l'exil de la conscience. Non pas un exil géographique, mais un déracinement intérieur.

Ces Juifs ne se sont plus perçus comme porteurs d’une histoire, d’un destin, d’une responsabilité collective. Ils sont définit par nos sages comme des citoyens abstraits, persuadés que leur judéité pouvait être suspendue sans conséquence. Mais l’histoire ne reconnaît pas ces suspensions.

L'histoire juive
L'Histoire est un juge implacable. Elle ne tient pas compte des intentions affichées, mais des actions concrètes. Elle ne punit pas les mots, mais les erreurs répétées. Quiconque confie sa sécurité à ceux qui remettent en question son identité finit toujours par en payer le prix.

Cette situation actuelle n'est pas le fruit d'une trahison inattendue, mais plutôt la conséquence douloureuse et prévisible pour les Juifs progressistes et excessivement humanistes. C'est ce retour de manivelle douloureux qui les frappe après avoir fondé leurs raisonnements sur des bases erronées.

Historiquement, cette dynamique puise ses racines dans l'après-Shoah et le désir d'intégration et de normalisation. De nombreux Juifs, notamment en Occident, ont cherché à s'intégrer pleinement dans les sociétés où ils vivaient, espérant que la démonstration de leur progressisme et de leur universalisme les prémunirait contre l'antisémitisme.

Mamdani et son antisémitisme
La manière de penser et d'agir de ces juifs de cour ont générer l'effet inverse. Opter pour une stratégie de discrétion, adopter une ligne consensuelle, afin de ne pas "déranger" les majorités ou les alliés politiques, implique parfois de sombrer dans le déni du danger.

Cette tendance peut être illustrée, par exemple, par le fait que des personnalités comme Mahmood Mamdani, un anti-israélien notoire qui a notamment refusé de dénoncer les crimes du 7 octobre commis par le Hamas, aient pu trouver un certain écho dans cette communauté progressiste.

Rav Dessler est clair. Celui qui fuit le prix de la vérité finit par payer le prix du mensonge. Et Rav Moché Shapira est plus ferme encore. Il affirme qu'un peuple qui abandonne sa lucidité n’est pas puni par le ciel, il est jugé par l’histoire.

Ce n’est pas Mamdani qui a trahi ces Juifs. C’est eux qui se sont trahis les premiers, en renonçant à voir ce qui était évident.
Et aujourd’hui, ils découvrent une loi ancienne, immuable: on ne négocie pas avec la réalité juive. On doit la comprendre.

Comprendre la réalité juive implique de saisir plusieurs dimensions, souvent complexes et entrelacées. A commencer par son identité et son particularisme. Comprendre la réalité juive, c'est reconnaître qu'il est possible d'être à la fois profondément particulier et de contribuer à l'universel.
Il faut donc éviter de dissoudre sa particularité sur l'autel d'un progressisme et d'une déconnexion de ses sources.

Le retour de manivelle douloureux suggère que cette stratégie, bien qu'animée par de bonnes intentions, s'est avérée inefficace face à des réalités plus complexes. Le fait de vouloir être protégé sans être identifié ou accepté sans déranger, n'a pas toujours garanti la sécurité espérée.

Cela a pu même, dans certains contextes, les laisser vulnérables face à des formes d'hostilité, y compris celles émanant de courants politiques ou sociaux avec lesquels ils se sentaient historiquement alignés.

Ce sont des tensions qui ont marqué l'histoire juive moderne, entre universalisme et particularisme, entre intégration et affirmation identitaire.