À l’approche du jeûne du 10 Tévet, qui commémore le début du siège de Jérusalem par Nabuchodonosor — premier acte menant à la destruction du Temple — une découverte archéologique majeure vient raviver la mémoire de ces événements fondateurs.
Lors de fouilles menées sous l’esplanade du Mur occidental par l’Autorité israélienne des antiquités et la Fondation du Patrimoine du Mur occidental, un mikvé datant de la fin de la période du Second Temple a été mis au jour. Creusé dans la roche, enduit de plâtre et doté de marches taillées, il a été découvert scellé sous une couche de destruction datée de l’an 70, contenant des cendres, des fragments de poterie et des récipients en pierre caractéristiques de la population juive de Jérusalem à la veille de la destruction.

Le ministre du Patrimoine, le rabbin Amikhaï Eliyahou a déclaré :
« La mise au jour de ce mikvé sous l’esplanade du Mur occidental renforce notre compréhension des liens profonds entre la vie religieuse et la vie quotidienne à Jérusalem à l’époque du Temple. Cette découverte émouvante, survenue juste avant le jeûne du 10 Tévet, souligne l’importance de la poursuite des fouilles archéologiques et de la recherche à Jérusalem, ainsi que notre devoir de préserver cette mémoire historique pour les générations futures. »
Situé à proximité immédiate de l’emplacement du Temple et des anciennes voies d’accès, ce mikvé s’inscrivait dans un ensemble plus large d’installations liées à la pureté rituelle, utilisées par les habitants de la ville et les nombreux pèlerins. Ces vestiges illustrent le rôle central du Temple dans la vie quotidienne, ainsi que l’importance accordée aux lois de pureté, notamment à travers l’usage de récipients en pierre, insensibles à l’impureté selon la Halakha.
Mordekhaï Eliav, directeur général de la Fondation du Patrimoine du Mur occidental :
« La découverte d’un mikvé de l’époque du Second Temple sous l’esplanade du Mur occidental, contenant en son fond des cendres issues de la destruction, témoigne de manière éclatante de la capacité du peuple d’Israël à passer de l’impureté à la pureté, de la destruction à la renaissance. »

Découverte à la veille du 10 Tévet, cette installation, marquée par les traces matérielles de la destruction, fait écho au sens de ce jour de jeûne : non seulement le souvenir d’un effondrement historique, mais aussi la transmission d’une mémoire qui relie destruction et renaissance, ruine et espérance, au cœur même de Jérusalem.
Crédit photo : Emil Aladjem, Autorité israélienne des antiquités