Guerre, catastrophe nationale… et visioconférence depuis le tribunal

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Alors qu’Israël se prépare à des scénarios de guerre et de catastrophe d’une ampleur inédite, son Premier ministre continue, lui, à jongler entre gestion d’une crise existentielle et convocations judiciaires. Mardi, Benjamin Netanyahou a interrompu pendant une demi-heure les audiences de son procès pour superviser, par visioconférence depuis le tribunal de district de Tel-Aviv, un exercice d’urgence majeur dans le nord du pays.

La scène résume à elle seule une situation pour le moins paradoxale : un chef de gouvernement en temps de guerre, responsable de décisions vitales pour la sécurité nationale, contraint de diriger une simulation de catastrophe depuis une salle d’audience. À distance, Netanyahou a suivi l’exercice mené au centre médical Ziv de Safed, destiné à tester la capacité d’Israël à faire face à un effondrement massif des infrastructures civiles, combinant séisme dévastateur et tirs intensifs de missiles.

Sur le terrain, le ministre de la Santé Haïm Katz coordonnait les opérations avec le Commandement du front intérieur et les responsables hospitaliers. La simulation, d’une ampleur inédite depuis quinze ans, incluait le déploiement d’hôpitaux de campagne et la prise en charge simultanée de centaines de blessés fictifs, dans un contexte de routes détruites, de pannes de communication et d’isolement des centres médicaux.

Parmi les dispositifs testés figurait l’hôpital de campagne civil du centre médical Sheba, une structure mobile capable d’assurer des soins chirurgicaux, diagnostiques et pédiatriques complets même lorsque les bâtiments hospitaliers traditionnels sont hors d’usage. Objectif affiché : garantir la continuité des soins dans le pire des scénarios.

Mais au-delà des enseignements opérationnels, l’exercice met en lumière une réalité institutionnelle troublante. Tandis qu’Israël se prépare à affronter des situations extrêmes mettant en jeu la survie de sa population, son Premier ministre n’est pas dispensé de comparaître au tribunal, au point de devoir diriger une simulation de guerre et de catastrophe nationale par écran interposé. Une image saisissante, qui interroge sur les priorités, le fonctionnement des institutions et le décalage entre l’urgence sécuritaire et la rigidité judiciaire en temps de crise.