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Don Its'hak Abravanel: le financier des rois d'Espagne

Samedi 19 Décembre 2009 | 19h10   Vue : 8633 fois
 
 
 
 



Don Its’hak ben Yéhouda Abrabanel est né à Lisbonne au Portugal en 1437, membre de la célèbre famille Abravanel à la célébrité de laquelle il a largement concouru, fut un homme d’état, philosophe, grand commentateur biblique, et financier juif.

On se réfère souvent à lui par son seul nom de famille, dont la prononciation devient selon qu’on se réfère à l’opinion d’érudits ou de lettrés, Abravanel, Abrabanel, ou, dans ses livres de commentaires sur la Tora, Abarbanel.

La famille Abravanel, réputée être d’ascendance royale, c'est-à-dire de David Hamélèkh, est l’une des plus anciennes et distinguées, à la fois parmi les juifs et les Grands d’Espagne.


Rav It'hak Abouav


Abravanel fut l’élève de Rabbi Yossèf ‘Haïm Bèn Chèm Tov, Rav de Lisbonne, et étudia à la Yéchiva du fameux Rav Its’hak Abouav.

Versé tant dans la littérature rabbinique que dans les sciences profanes de son temps, il consacra ses jeunes années à l’étude des sciences.

A 20 ans, il écrivait divers traités sur la forme originelle des éléments primordiaux (feu, air, etc.), la religion, la prophétie, etc. Mentionnons tout particulièrement son affinité pour le livre du prophète Icha’ya.

Il fut d’abord ministre des Finances du roi de Portugal, avant de devenir banquier et receveur des impôts royaux (ministre des Finances) des rois catholiques d’Espagne. Il entra en tant que trésorier et collecteur d’impôts au service de la maison de Bragance, les premiers parmi les grands du Portugal, dont les avoirs couvraient le tiers des terres, et confidents du Roi Alphonse V.


Reddition des Musulmans devant
les rois catholiques en Espagne
Abravanel, l’homme qui a contribué de façon décisive au triomphe de la Reconquista (entreprise historique de reconquête chrétienne des terres Espagnoles occupées par les musulmans) ainsi qu’à la victoire des rois catholiques, n’est pas un inconnu à la Cour.

Sa contribution se distingua par un prêt d’un million et demi de ducats d’or ! Un geste patriotique qui aida à la réunification du pays. Maintenant, toute l’Espagne est aux mains d’une seule royauté Chrétienne. Sa famille, était depuis plus d’un siècle au service des rois de la péninsule. Pour autant, Don Its’hak responsable communautaire ne s’effaçait pas devant le financier qu’il était. Dans une lettre adressée à son ami juif Yé’hièl de Pise, banquier italien, il raconte comment, lors de la prise de la ville d’Azrilla au Maroc, les juifs y habitant furent réduits en esclavage. Il employa une grande partie de sa fortune à les faire libérer et reloger ces juifs exclusivement arabophones au Portugal.


Le fils d’Afonso V: João II
Les choses se gâtèrent à la passation du pouvoir. Le fils d’Afonso V, João II du Portugal, accusa Abravanel de complicité et de haute trahison avec le Duc de Bragance. Abravanel, averti à temps, s’enfuit précipitamment en Castille (1483).

Sa fortune fut confisquée par décret royal, et il fut condamné à mort par contumace. Il parvint néanmoins à faire transférer sa famille.

À Tolède, où il avait élu domicile, interprétant sa disgrâce comme une réprimande divine, il s’attela aux études bibliques, et produit en six mois un important commentaire sur le livre de Yéhochoua’, le livre des Juges, et du prophète Chmouèl. Néanmoins, un Bragance exilé à la cour de Castille ayant vanté ses mérites, il entra rapidement au service des rois catholiques. L’armée espagnole se ruinait dans une guerre épuisante contre le royaume sarrasin de Grenade. Abravanel entreprit rapidement, avec son ami Don Abraham Senior, d’approvisionner l’armée espagnole.


1. La journée fatidique



Le roi Ferdinand d'Espagne
Les souverains seront-ils reconnaissants à leur très dévoué banquier ? Le vent tourne, et la gratitude n’est pas la vertu primordiale d’Isabelle et de Ferdinand.

Si Don Its’hak jouit d’un prestige certain au palais royal, il reste néanmoins un étranger. Des voix hostiles et fanatiques se lèvent pour stigmatiser ce puissant Juif, fils de l’infidèle nation déicide, car Don Its'hak n’est pas un vulgaire politicien, un aventurier avide de pouvoir prêt à trahir ses croyances pour un fauteuil ministériel.

Il est non seulement un homme d’État, mais aussi un éminent penseur juif, inspiré par la Tora, la Michna, le Talmud, le Midrach, les écrits kabbalistiques.

Dans tous ses ouvrages apparaît une pensée lucide : le pouvoir politique ne rend pas les hommes meilleurs ; la puissance est source d’orgueil, de haine, de jalousie, d’ambition, de folie. Les souverains ignorent tout de cette facette de la personnalité de l’argentier de la Couronne.


Le Rav Abravanel devant le roi Ferdinand et Isabelle
Fort opportunistes, Isabelle et Ferdinand ont besoin du talent de leur ministre et restent sourds aux dénonciations des cercles judéophobes. Pas pour longtemps…

La Cour et l’Église soupçonnent les centaines de milliers de Juifs convertis de force au catholicisme, un siècle plus tôt, de pratiquer en secret leur ancienne religion, avec l’aide discrète de leurs frères restés officiellement juifs.

Pour couper court à ces liens, le Tribunal de l’Inquisition surveille, arrête, interroge, torture, juge, condamne et brûle dans des gigantesques autodafés des milliers d’hommes et de femmes accusés de judaïser dans l’intimité de leurs foyers.

Cependant, Ferdinand II d'Aragon et la Reine Isabelle édictèrent l’expulsion des juifs d’Espagne trois mois à peine après la chute de Grenade, par le décret de l'Alhambra.

Par trois fois, Abravanel tenta de faire annuler l’édit, offrant des sommes considérables qui ont servi à financer l'expédition de Christophe Colomb.

On raconte qu’il y parvint presque, mais que l’Inquisition, en la personne de Torquemada, s’en mêla. Don Its’hak, au nom de la communauté juive, aurait proposé aux rois la somme de 30 000 pièces d’argent en échange de l’annulation du décret d’expulsion. Ferdinand, plus cupide que sa royale épouse, aurait hésité.


Signature du Décret de l'Alhambra, 1492
Mais Torquemada fait son entrée dans la salle du trône et s’adresse avec sévérité aux souverains : « Juda a trahi le seigneur pour 30 pièces d’argent, et vous le trahissez pour 30 000 »!

Troublés par le discours du prélat, ils refusent la proposition d’Abravanel. L’édit d’expulsion est promulgué le 29 avril 1492.

Le prestige d'Abravanel était si grand que les Rois Catholiques utilisèrent de tous leurs stratagèmes pour le retenir en Espagne.

Ils lui offrirent de rester, en tant que Juif, ainsi que neuf autres juifs, de façon à pouvoir réunir un Minyane (quorum de 10 personnes pour la prière). Ils tentèrent d'enlever son petit-fils, mais celui-ci avait déjà été envoyé au Portugal.


La fureur inquisitrice
Le Rav Don Its’hak Abravanel aura tout tenté pour sauver les Juifs de la fureur inquisitrice et refusa toute faiblesse.

Il invite les Juifs à partir, au prix de leur fortune, de leurs terres, de leurs maisons, de leurs biens. Pour lui, le trésor le plus précieux est la Tora. Un Juif digne de ce nom ne saurait l’abandonner pour sauver sa situation matérielle. Finalement, il préféra l’exil, tandis que son gendre Mélamed était contraint à un baptême en grande pompe, et parrainés par les rois catholiques.

L'exil du Rav Don Its’hak Abravanel est conté dans son introduction au livre de Yéhochoua’. On lui a attribué une réponse au décret de l’Alhambra, qui aurait été perçue comme une malédiction juive contre l’Espagne, et aurait eu pour effet d’interdire aux juifs fût-ce de fouler le sol espagnol, jusqu’à ce que Franco abolisse le décret d’Alhambra en 1967.


Monument représentant le juif humilié de l'inquisition
Abravanel arriva à Naples, seule terre d’exil pour les juifs et entra rapidement au service du roi. Il connut une brève période de calme, mais l’Italie étant une terre de guerre et de convoitise, Naples fut bientôt envahie par l’armée de France.

Abravanel fait voile alors vers Corfou en 1495, à Monopoli en 1496, avant de se fixer à Venise en 1503, où il négocia un traité entre la république vénitienne et le Portugal. Le traité ne fut pas conclu, sans que cela nuise en rien à son prestige, les Portugais ayant refusé. Abravanel, chef de la communauté Juive et son éternel défenseur, a fait tout ce qui était en son pouvoir pour annuler le décret d’Alhambra. A son échec personnel, sa souffrance d’individu (bien qu’il ait été relativement plus fortuné dans son destin), s’ajoute la perception de la souffrance de tous ses frères, subitement dépouillés de tout et sans abri. Beaucoup mourront au cours de leur exil, dépourvus de toute splendeur.


Commentaire sur le Tanakh
du Rav Abravanel; édition 1520
Avec son œuvre ‘Atérèt Zékénim , rédigé à Lisbonne, la question messianique n’a cessé de se poser au Rav Abravanel.

Il est donc naturel qu’il s’attelle à ce qui sera l’aspect majeur de son œuvre, et qui vise à renforcer la foi chez ses frères d’exil. Ces malheurs n’annoncent-ils pas les douleurs de l’enfantement du Messie?

C’est dans ce contexte qu’il écrit le:
-Migdol Yéchou’ote,
-Ma’yané Hayéchou’a (les Sources du Salut) est achevé en 1496,
-Yéchou’ote Méchi’ho, les Annonces Salvatrices de Son Messie, en 1497,
-Machmi’a Yéchou’a, le Héraut du Salut en 1498.

Étant Juif, Abravanel ne put être enterré à Venise en 1508, et repose à Padoue.




Médaille frappée à l'occasion des 500 ans du Rav Abravanel





   


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