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La reconstruction de la 'Hourva

Vendredi 10 Juin 2011 | 06h46   Vue : 5436 fois
 
 
 
 


Elle a été durant des décennies, la plus belle et la plus grande des synagogues d'Erèts Israël.

Deux fois détruite , en 1721 et en 1948, la 'Hourva de Rabbi Yéhouda Ha'hassid, située en plein cœur du quartier juif de Jérusalem, retrouve sa splendeur après sept années de travaux de rénovation et de reconstruction. A l'instar du Michkan (Tabernacle), cette splendide synagogue, ce « Mikdach Méate » a été inauguré solennellement le jour de Roch 'Hodech Nissan. « Les élèves de Rabbi Yossi Ben Kisma lui demandèrent : quand le fils de David viendra-t-il ? Il leur répondit : lorsque cette porte tombera, puis sera reconstruite, puis tombera, puis sera reconstruite, et on ne cessera de la reconstruire jusqu'à ce que le fils de David vienne » (Sanhédrin 78).


Quartier juif avant sa destruction en 1948
C'est en se basant sur cette Guémara que le Gaon de Vilna avait déclaré il y a deux siècles à ses élèves que la synagogue de la 'Hourva sera construite puis détruite par deux fois, et que sa troisième reconstruction sera le signe que Machia'h arrive.

Située en plein cœur du quartier juif de la vieille ville de Jérusalem, la 'Hourva est à nouveau reconstruite, de nos jours, pour la troisième fois. Jusqu'en 2005, il n'en subsistait qu'un majestueux arc de pierre témoin de la splendeur passée de ce qui avait été la plus grande synagogue d'Erèts Israël. Puis, cet arc a été retiré pour permettre des travaux de rénovation d'une envergure exceptionnelle. Et voici que la semaine prochaine, à Roch 'Hodech Nissan, après plus de quatre décennies de débats architecturaux et historiques, la touche finale sera apportée à ces travaux et la synagogue de la 'Hourva reprendra ses titres de noblesse.

Voici l'histoire de ce site qui plus qu'un lieu de prière est devenu, au fil des ans, un véritable symbole.


1. Les élèves de Rabbi Yéhouda Ha'hassid


Lorsque Rabbi Yéhouda Ha'hassid arrive en Israël il y a près de 310 ans, son 'Alya est suivie dès le lendemain par l'achat d'un terrain très proche de la synagogue fondée par le Rambane quelques 430 années plus tôt et transformée entre temps en mosquée par les arabes.

A cette époque, sur les 1 200 Juifs vivant à Jérusalem, on compte seulement 200 Ashkénazes. Les centaines de disciples qui se joignent à Rabbi Yéhouda Ha'hassid dans son périple de Pologne à Israël changent complètement la donne et il devient nécessaire de fournir à cette communauté grandissante un centre spirituel digne de ce nom. Mais cinq jours seulement après avoir atteint Jérusalem, Rabbi Yéhouda décède subitement d'une maladie, laissant une communauté en deuil et désemparée. Souhaitant réaliser le rêve de leur maître, ses disciples entament, après son décès, la construction d'une Yéchiva et d'un Bet Knesset, sur le terrain acquis par leur rav. Mais ils ne parviennent pas à mener leur projet à terme : incapable de rembourser les prêts qu'elle avait contractés auprès de ses voisins arabes pour financer cette construction, la communauté de Rabbi Yéhouda Ha'hassid est chassée de la ville en 1720. La synagogue est ensuite incendiée par les Arabes et les quarante Sifré Torah qu'elle contenait sont entièrement brûlés. Ce qu'il reste du bâtiment prendra désormais le nom de 'Hourva: la ruine.


2. Les élèves du Gaon de Vilna



Ruines de la 'Hourba avant 1920
La synagogue de Rabbi Yéhouda Ha'hassid reste en ruines jusqu'à l'arrivée des élèves du Gaon de Vilna en Israël, menés par Rabbi Menahem Mendel de Chiklov.

Un de ses élèves est Rabbi Avraham Chlomo Zalman Tsoref. C'est lui qui prend la décision de la rénovation de la 'Hourva. En 1836, il se rend en Egypte, et avec l'aide des consuls russes et autrichiens, il obtient de Muhammad Ali Pasha, vice-roi d'Egypte, un firman (décret royal) permettant la construction de la synagogue et annulant rétroactivement tous les crédits accordés par les voisins arabes. Ce retournement de situation enrage les Arabes de Jérusalem, qui cherchent par tous les moyens à se venger de Rabbi Zalman Tsoref. Leur vengeance aboutira lorsque Rabbi Zalman sera assassiné, poignardé par un arabe. Il est d'ailleurs considéré comme la première victime juive du terrorisme arabe en Israël. Il a été enterré au mont des Oliviers mais son tombeau ayant été profané par les Jordaniens, son emplacement exact reste inconnu.


Sir Moché Montefiori
Mais malgré cette tragédie, la synagogue est rénovée avec l'aide et le soutien financier du baron de Rothschild et de Sir Moché Montefiori.

En 1864, la 'Hourva – ou plutôt la synagogue « Beit Ya'akov » appelée ainsi au nom du Baron de Rothschild – devient le plus grand et le plus imposant centre spirituel d'Erèts Israël ainsi que le cœur du quartier juif de la Vieille ville de Jérusalem.

Le Bèt Dine de la ville y siégera et la Yéchiva de Rabbi Shmouel Salant y élit domicile. Par ailleurs, la majeure partie des cérémonies officielles du Yichouv se déroulent à cette époque à la 'Hourva. C'est également là que sont intronisés les Grands Rabbins ashkénazes d'Israël et de Jérusalem et c'est encore dans ce bâtiment qu'a lieu un énorme rassemblement au cours duquel des centaines de Rabbanim ont lancé un appel pour sauver les Juifs d'Europe, victimes de la Shoah.

Une anecdote intéressante relie la 'Hourva et Sir Herbert Samuel, premier Haut Commissaire britannique de Palestine et plus tard un des fondateurs de l'Agence juive. Alors qu'il terminait son mandat de consul de Palestine en 1925, il vint prier à la 'Hourva où il fût invité à monter à la Torah pour le Maftir. Lorsqu'il lut la bénédiction qui suit la Haftara et arriva aux mots « Al Kisso lo Yichev Zar », « Sur Son trône ne siégera point d'étranger », le Grand Rabbin d'Israël, le Rav Avraham Its'hak Hacohen Kook, qui était le Nassi de la Beit Knesset, se leva et répéta à haute voix : « Sur Son trône ne siégera point d'étranger! ». Le rav Kook voulait ainsi souligner au représentant de la Grande Bretagne que même si lui, Herbert Samuel, un Juif respectant les Mitsvote, avait eu le mérite d'être le premier gouverneur juif en terre d'Israël depuis 1900 ans, son pays, l'Angleterre, serait toujours un « étranger » en Erèts Israël, la terre du peuple d'Israël.


Soldat jordanien sur les ruines

La 'Hourva aprés les bombardements

La synagogue de la 'Hourva demeura donc durant des années au cœur de la Vieille ville de Jérusalem. Mais deux jours après que le quartier juif tombe aux mains des Jordaniens en 1948, les soldats du royaume hachémite dynamitèrent le bâtiment qu'ils firent exploser. L'officier de la Légion jordanienne présent sur place annonça alors à ses supérieurs: « Pour la première fois depuis 1 000 ans, il ne reste plus un seul Juif dans le quartier juif de Jérusalem. Pas un bâtiment n'a été épargné. Le retour des Juifs est impossible ».


3. Et pourtant les Juifs sont revenus

Lorsqu'en juin 1967, Israël remporte la guerre des Six jours et réunifie enfin Jérusalem, après 19 ans d'absence juive dans la Vieille ville, personne ne tombe d'accord sur ce qu'il convient de faire pour rénover la 'Hourva.

Faute de mieux, c'est un simple, mais très imposant, arc de pierre qui est construit, symbole du passé glorieux de cette synagogue. La hauteur de cet arc laissait entrevoir à quel point ce bâtiment était majestueux avant sa destruction puisque son point culminant atteignait la hauteur de l'ancienne synagogue avant sa destruction. Puis, en 2002, le ministre du Tourisme d'alors, Nathan Chtaranski, décide qu'il est temps de reconstruire la 'Hourva et obtient un budget de 28 millions de shekels. Deux architectes sont nommés pour diriger les travaux : Nahoum Melzer et le Rav Ichaï Lévy. Après avoir mis une touche finale aux plans et aux maquettes, le coup d'envoi des travaux est donné. Mais avant de procéder à la construction proprement dite, l'entrepreneur va d'abord creuser pour découvrir si la synagogue de Rabbi Yéhouda Ha'hassid renferme des secrets sous ses ruines.

Et là, c'est la stupéfaction : chaque jour, les ouvriers, vite remplacés par des archéologues, découvrent des merveilles. Des Mikvaote (bains rituels) datant du Second Temple et sculptés dans la roche ; l'arc oriental du Cardo (quartier juif), qui constituait l'entrée de la principale artère de Jérusalem à l'époque byzantine ; mais aussi d'autres découvertes archéologiques d'une importance capitale comme des structures et des poteries de la période du Premier Temple, des vestiges d'un bâtiment de la période hérodienne (Second Temple) au sein duquel les subdivisions des pièces étaient visibles. Aujourd'hui, après presque sept ans de travaux, la 'Hourva va enfin redevenir ce pour quoi elle a été conçue : un centre spirituel mais aussi historique juif, riche d'un passé qui remonte à des siècles mais également tourné vers l'avenir, vers la Guéoula...






   


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