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Le combattant blessé retourne au Beit Hamidrash

Blessé au combat à Gaza, un soldat israélien retrouve le Beit Hamidrash après une longue rééducation. Un retour bouleversant qui révèle la force de la Torah, l’attachement à l’étude et cette foi profonde qui anime tant de combattants israéliens depuis le 7 octobre.

Le combattant blessé retourne au Beit Hamidrash
Criblé de balles à Gaza, paralysé mais toujours debout dans sa foi : le combattant israélien Badalov retrouve le Beit Hamidrash, accueilli par les chants et l’émotion de ses frères d’étude.
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Du 7 octobre aux neuf balles de Shejaiya

Badalov étudiait à la yéchiva Hesder de Yerouham avant son service. Le 7 octobre 2023, il est envoyé avec ses camarades du 13e bataillon de Golani vers l’enveloppe de Gaza. Selon son témoignage à Ynet, il combat ensuite deux mois dans la bande de Gaza, suit un cours de commandement puis y retourne comme chef d’équipe.

Le 28 juin 2024, à Shejaiya, des terroristes dissimulés dans un bâtiment voisin ouvrent le feu. Neuf projectiles le touchent. Cinq pénètrent son corps, quatre sont arrêtés par son arme ou son équipement. Un combattant croit qu’il est mort ; dans la confusion, il manque d’être laissé sur place. Il survit à l’évacuation, mais la lésion de la moelle épinière le laisse paralysé du cou vers le bas. La guerre continue alors dans les services de soins, la dépendance et la rééducation.

Illustration d’un soldat israélien blessé en fauteuil roulant étudiant dans un Beit Hamidrash
Le retour à l’étude après la blessure. Illustration générée par IA, sans valeur documentaire.

Revenir au Beit Hamidrash, pas revenir en arrière

Plus de deux ans après la blessure, il revient à Yerouham. La scène filmée est simple : son fauteuil au centre, les élèves et les rabbanim autour de lui, des bras levés, des chants, des danses. JFeed rapporte les mots de la yéchiva : il est « revenu à la maison », au Beit Hamidrash, auprès des amis et des maîtres qui l’attendaient.

Badalov a expliqué que son retour lui paraissait évident : il avait quitté la yéchiva, avait été blessé, puis il revenait là où sa trajectoire avait été interrompue. Le lieu qui l’accueille n’a rien d’une bulle préservée de la guerre. Lors de la visite du chef d’état-major Eyal Zamir en août 2026, la yéchiva présentait un mur à la mémoire de dix élèves et anciens élèves tombés pendant la guerre. UniversTorah a déjà consacré un dossier aux soldats blessés de Gaza et à la résilience juive ; ici, la reconstruction consiste aussi à retrouver une place dans une histoire et une communauté.

Illustration d’un combattant blessé accueilli en musique et en danse dans une yéchiva
Le retour au Beit Hamidrash comme retour à une communauté. Illustration générée par IA, sans valeur documentaire.

La Torah qui conduit à l’action

Le modèle Hesder, né dans les années 1950, a précisément été construit pour articuler étude intensive de la Torah et service militaire. Il repose sur l’idée d’une responsabilité qui change de forme selon le moment. Lors de sa visite à Yerouham, Eyal Zamir a qualifié l’étude et le lien à la Torah de « multiplicateur de force » pour Tsahal, en insistant sur la nécessité de tenir ensemble la matière et l’esprit. Cette articulation rejoint le dossier d’UniversTorah sur la place de l’étude de la Torah dans la protection d’Israël, mais elle prend ici le visage concret d’un combattant revenu du front.

La Guemara Kiddouchin (40b) formule une idée décisive : « גדול תלמוד, שהתלמוד מביא לידי מעשה », « grande est l’étude, car l’étude conduit à l’action ». La phrase ne transforme pas toute action militaire en acte religieux. Elle dit qu’une Torah qui ne produit ni responsabilité ni devoir envers autrui reste inachevée. Le passage du Beit Hamidrash au front peut alors être vécu comme l’épreuve de ce que l’étude a formé.

Et le retour de Badalov inverse le mouvement. Après l’action vient de nouveau l’étude. Le Beit Hamidrash n’efface pas le champ de bataille ; il recueille ce qu’il a fait à l’homme.

Depuis le 7 octobre, une recherche de sens devenue visible

Au moment où il pensait mourir, Badalov raconte avoir récité le Chéma Israël avant de perdre connaissance. Il a lui-même rapproché ce moment du récit de Rabbi Akiva dans la Guemara Berakhot (61b), qui récite le Chéma au moment de son supplice. Il ne faut pas romantiser une blessure aussi lourde. Mais, dans les secondes où il croit sa vie terminée, il revient aux mots les plus centraux de la mémoire juive.

Ce phénomène ne prouve pas un réveil religieux uniforme. Les enquêtes du Jewish People Policy Institute montrent des réactions différentes selon les groupes, mais aussi un mouvement réel : parmi les Israéliens « laïques-traditionnels », environ un quart déclaraient en 2024 que le 7 octobre les avait rapprochés du judaïsme. À Yerouham, cette proximité prend une forme très concrète. La page mémorielle de la yéchiva rappelle par exemple qu’Efraim Yachman, tombé à Gaza, se levait dans un Namer pour prier et étudier le Daf Yomi avant le combat. UniversTorah a aussi raconté comment, à Be’eri, le Chéma Israël est devenu un mot de reconnaissance entre sauveteurs et habitants terrorisés.

Illustration d’un soldat blessé entouré d’étudiants chantant dans un Beit Hamidrash
Étude, prière et communauté autour d’un combattant blessé. Illustration générée par IA, sans valeur documentaire.

 La Torah, cette force qui relève les combattants et fait tenir Israël

Il serait réducteur d’utiliser cette histoire comme slogan dans le débat sur la conscription. Elle est plus forte lorsqu’on la laisse parler de ce qu’elle montre. Un jeune homme est sorti d’un Beit Hamidrash pour défendre son pays, a été criblé de balles, a perdu une part immense de son autonomie et, après deux années de soins, a choisi de revenir étudier.

Israël a besoin de puissance militaire, de commandants compétents, de rééducation et d’une société capable de porter ses blessés. Ce retour rappelle aussi qu’une nation doit savoir pour quoi elle se bat et vers quoi elle veut revenir. C’est une forme concrète de cette unité juive face à la guerre d’usure : ne pas laisser la guerre définir seule l’avenir. Pour Badalov, la réponse tient dans un lieu. Après Shejaiya, après l’hôpital, après le fauteuil roulant, son prochain chapitre commence au Beit Hamidrash.

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