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Une passante face aux pillards à Paris : l’écho du 7 octobre

À Paris, une femme tente d’arrêter des pillards qui vident un Franprix sous ses yeux. Le commerce ne lui appartient pas ; sa détresse n’en est pas moins saisissante. Le 7 octobre 2023, des Israéliens qui aidaient des Palestiniens ont été assassinés ou enlevés par le Hamas et ses alliés. Le rapprochement impose une question que l’angélisme esquive : qui protège ceux dont la bonne volonté n’arrête pas la violence ?

Une passante face aux pillards à Paris : l’écho du 7 octobre
Des Israéliens aidant les Palestiniens assassinés le 7 octobre, une passante s’opposant au pillage à Paris : deux situations de gravité sans commune mesure, rapprochées par le mépris des agresseurs envers ceux qui aident ou protègent. Générée par IA.
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Le 7 octobre 2023, des terroristes palestiniens ont assassiné des Israéliens engagés dans l’aide aux Palestiniens. Parmi ces victimes, certains défendaient leurs droits et conduisaient leurs malades dans les hôpitaux israéliens. Comment comprendre que des hommes aient massacré ceux qui contribuaient à améliorer la vie de la population dont ils prétendaient défendre la cause ?

À Paris, à une tout autre échelle, cette Française s’interpose devant un Franprix que des pillards sont en train de vider. Le commerce ne lui appartient pas, mais elle tente d’en empêcher le saccage tandis que les voleurs poursuivent leurs actes malgré ses protestations. Le rapprochement porte sur cette indifférence des agresseurs envers ceux qui cherchent à aider, sans établir que cette passante avait auparavant soutenu les pillards.

À Paris, elle s’interpose ; les pillards poursuivent le saccage

Dans la vidéo de Frédéric Munsch, les protestations de cette femme se heurtent au va-et-vient des pillards. Son intervention garde sa force même sans propriété du magasin. Elle tente de préserver ce que d’autres détruisent. Un commerce saccagé signifie des emplois menacés, du travail anéanti, un quartier humilié. Cette violence abîme aussi la confiance nécessaire pour habiter ensemble. La société se défait lorsque les citoyens paisibles doivent supplier ceux qui bafouent les règles, sans pouvoir compter sur une protection effective. La protection relève d’une responsabilité collective.

Le Hamas et ses alliés ont frappé des Israéliens qui aidaient des Palestiniens

À Be’eri vivait Vivian Silver, engagée dans Women Wage Peace et bénévole auprès de Road to Recovery. Son aide était concrète : accompagner des patients palestiniens vers des hôpitaux israéliens. Des Israéliens prenaient leur voiture, donnaient leurs heures et rendaient le traitement accessible à des familles démunies.

Le 7 octobre, Vivian Silver a été assassinée chez elle. Il a fallu plus d’un mois pour identifier ses restes par l’ADN. Son existence démentait la caricature de l’Israélien indifférent à la vie palestinienne. Ses assassins ont détruit une femme qui s’employait à rendre cette vie meilleure.

Vivian Silver pose à côté d'une photo d'elle et de son amie Amal Elsana Alh'jooj
La militante pacifiste canadienne Vivian Silver pose à côté d'une photo d'elle et de son amie et collaboratrice de longue date, Amal Elsana Alh'jooj, après avoir reçu un prix pour leur travail humanitaire. Vivian Silver a été tuée lors de l'attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre. (Photo : Yonatan Zeigen) 

À Nir Oz, Oded Lifshitz transportait aussi des patients palestiniens et avait défendu leurs droits durant sa carrière de journaliste. Enlevé le 7 octobre, il est mort en captivité. Le 20 février 2025, le directeur de l’institut médico-légal d’Abu Kabir a annoncé son identification et confirmé qu’il avait été tué en captivité. Le cabinet du Premier ministre a attribué son assassinat au Jihad islamique. Celui qui facilitait l’accès aux soins est devenu l’otage d’une organisation terroriste.

À Holit, les Matias ont sauvé leur fils de leurs corps

Shahar Deborah et Shlomi Matias, musiciens et parents de trois enfants, vivaient à Holit. Shlomi enseignait la musique dans un établissement accueillant des élèves juifs et arabes. Lorsque les terroristes ont pénétré dans leur maison, Shahar s’est allongée sur Rotem pour le couvrir de son corps. Les parents ont été tués ; leur fils, seize ans, blessé par balle, a survécu. Ses deux sœurs ont également survécu. L’enseignement partagé, le dialogue et l’amour familial ont rencontré des hommes qui avaient choisi de massacrer.

Deborah et Shlomi Matias avec leurs trois enfants, souriants
Deborah et Shlomi Matias entourés de leurs trois enfants. Ils ont été assassinés par les terroristes du Hamas à Holit, le 7 octobre 2023, en protégeant leur fils Rotem, 16 ans, qui a survécu malgré une blessure par balle. Leurs deux filles ont également survécu.

À Holit encore, Hayim Katsman, universitaire engagé pour la paix et bénévole de Road to Recovery, a protégé de son corps sa voisine Avital Alajem, selon le témoignage de celle-ci. Il a été assassiné ; elle a survécu. Les noms, les engagements et les gestes rendent impossible l’effacement de ces victimes derrière une accusation indistincte contre Israël.

Gauche israélienne : aider les Palestiniens ne protège pas du Hamas

Road to Recovery nomme plusieurs bénévoles assassinés ce matin-là : Vivian Silver, Tammy Suchman, Adi Dagan, Hayim Katsman et Eli Orgad. Derrière ces noms existaient des habitudes de service, des rencontres, des liens que la propagande efface lorsqu’elle réduit Israël à une puissance sans visage. Le massacre a atteint aussi cette société civile qui cherchait, concrètement, à desserrer la séparation entre les peuples.

Une politique d’accueil doit prévoir des critères, des contrôles et des moyens de protection. Réclamer ces garanties ne constitue pas, en soi, une position raciste. L’aide aux civils doit rester compatible avec l’identification des menaces et la lutte contre les groupes terroristes. Négliger ces risques peut mettre en danger la population, y compris les personnes engagées dans l’aide humanitaire.

L’accueil doit comporter des limites et des contrôles. Réclamer des garanties de sécurité ne suffit pas à qualifier quelqu’un de raciste. Aider les civils ne dispense pas de combattre les terroristes ni de protéger la population et les bénévoles.

Le communiqué de LFI révèle un choix politique précis

Le communiqué du groupe parlementaire LFI du 7 octobre 2023 commence par évoquer une offensive armée de forces palestiniennes menée par le Hamas, qu’il inscrit immédiatement dans le contexte de la politique israélienne. Il déplore ensuite les morts israéliens et palestiniens et appelle à protéger les populations. Ces phrases figurent dans le document et les mots terrorisme et massacre en sont absents.

Ce choix mérite une condamnation politique ferme. Présenter d’abord le contexte israélien oriente la lecture du crime vers les actes de l’État attaqué. Les biographies des victimes obligent à reconnaître la responsabilité des assassins, qui conservent celle de leurs décisions même lorsqu’ils invoquent une cause nationale.

Jean-Luc Mélenchon dans le cortège de La France insoumise, à la manifestation parisienne du 17 octobre.
Jean-Luc Mélenchon dans le cortège de La France insoumise, à la manifestation parisienne du 17 octobre.

LFI doit être combattue démocratiquement sur ce terrain : ses textes, ses qualifications, ses responsabilités. Les électeurs peuvent lui demander pourquoi son premier communiqué n’a pas nommé le terrorisme du Hamas.

Olivier Maire : tué par l’homme qu’il avait accueilli

La violence a aussi frappé en France des personnes engagées dans l’accueil des étrangers. Le père Olivier Maire avait accueilli Emmanuel Abayisenga, ressortissant rwandais, dans sa communauté de Saint-Laurent-sur-Sèvre. Cet homme l’a assassiné en août 2021. Le 22 janvier 2026, la cour d’assises de Vendée l’a condamné à trente ans de réclusion criminelle. Le bienfaiteur a été tué par celui qu’il protégeait. Cette relation personnelle est ici documentée ; elle donne à la question de la sécurité des accueillants une réalité tragique.

Ni ce crime ni les massacres du Hamas n’autorisent à attribuer une culpabilité collective à une population. Ils interdisent en revanche de présenter l’aide apportée comme une assurance contre la violence. Une politique d’immigration doit répondre de la sécurité, de l’intégration et du respect des règles communes. Ses défenseurs vivent dans la même société que leurs contradicteurs ; ils subissent eux aussi ses défaillances. Le choix humanitaire devient une impasse lorsqu’il exige que les citoyens acceptent des dangers que ses promoteurs refusent même de nommer.

Les sauvetages accomplis par Noam et Gali Tibon rappellent cette nécessité : la protection des vies exige aussi des moyens et la capacité d’affronter les tueurs.

Défendre Israël, c’est défendre le droit de vivre

Road to Recovery rapporte avoir repris dès le 8 octobre les transports de patients depuis la Cisjordanie. Cette persistance oblige à respecter la générosité israélienne. Les Juifs n’ont pas à renoncer à leur protection pour prouver leur humanité. Leur droit de vivre ne dépend d’aucun certificat de bonté décerné à Paris.

La mémoire de Vivian Silver et d’Oded Lifshitz exige une politique qui permette aux prochains bénévoles de rentrer chez eux vivants. Israël doit pouvoir défendre ses citoyens, empêcher la reconstitution des capacités terroristes et préserver les conditions d’une aide aux civils. Ceux qui invoquent la paix doivent répondre à cette exigence concrète : comment empêcher le prochain massacre ?

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