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L’étude de la Torah protège-t-elle Israël ? La conviction ancienne de Netanyahu

« L’étude de la Torah nous a préservés. » En pleine campagne, Netanyahu assume une conviction déjà exprimée bien avant le 7 octobre et qu’il dit aujourd’hui approfondie par l’épreuve. Derrière le soupçon électoral demeure une question essentielle : comment défendre l’avenir d’Israël sans transmettre l’héritage qui a porté le peuple juif à travers les siècles ?

L’étude de la Torah protège-t-elle Israël ? La conviction ancienne de Netanyahu
Benjamin Netanyahou représenté devant la yéchiva de Ponevezh à Bnei Brak, pour évoquer l’attachement à l’étude de la Torah. Illustration générée par IA.
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En affirmant que l’étude de la Torah a préservé le peuple juif, Benjamin Netanyahu réveille une question que la campagne électorale ne suffit pas à épuiser : qu’est-ce qui permet à Israël de traverser les siècles, puis de défendre son existence sans perdre le sens de son histoire ?

Le 20 octobre 2026, interrogé par Yaki Adamker et Israel Cohen sur Kol Berama, le Premier ministre répond à une question sur la protection qu’apporterait l’étude de la Torah : Qu’est-ce qui nous a préservés en exil et à travers les générations ? C’est l’étude de la Torah. Il ajoute : Nous ne pouvons pas renier notre héritage. Ces propos sont rapportés notamment par Aroutz 7.

Une conviction ancienne, exprimée en pleine campagne

L’objection vient : à l’approche des élections, devant un auditoire orthodoxe, Netanyahu soigne ses alliances. Le contexte existe, et le dissimuler affaiblirait l’article. Mais en déduire que toute référence à la Torah serait une invention opportuniste exige d’effacer des déclarations beaucoup plus anciennes.

Peinture représentant Natanyahou à l'entrée d'une Yéchiva

Le 23 mai 2012, Netanyahu relançait à sa résidence un cercle d’étude du Tanakh, en coopération avec le Centre du patrimoine Menahem Begin. Le compte rendu du Centre conserve son propos : il présentait alors la Bible hébraïque comme le fondement de l’existence nationale, une source d’unité à travers les générations, une orientation pour les défis contemporains. Il souhaitait en développer l’étude dans toutes les composantes du peuple.

Ce précédent ne prouve pas chaque mouvement de sa conscience. Il établit cependant une continuité. Netanyahu associait déjà l’étude des textes, la transmission et la permanence juive quatorze ans avant cet entretien. Réduire ses paroles actuelles à une flatterie électorale constitue donc une interprétation réductrice.

Après le 7 octobre, un attachement qu’il dit approfondi

Sur ce point, le compte rendu de Kol Berama apporte une précision essentielle. Interrogé sur la place accrue de la foi dans ses propos depuis le massacre du 7 octobre, Netanyahu affirme que son lien aux racines juives a toujours existé et que les événements récents l’ont approfondi. Il évoque la siyata dichmaya, l’aide du Ciel, aux côtés du courage des combattants et des décisions gouvernementales.

Netanyahu décrit ainsi lui-même un approfondissement intérieur de son attachement à la tradition. Affirmer davantage sur le secret de son âme serait invérifiable. En revanche, entendre dans cette déclaration l’expression d’une conscience juive éprouvée par la catastrophe est une lecture étayée par ses propres explications.

Le Hamas a attaqué des familles, des communautés, des vies juives. Face à cette entreprise terroriste, Israël a le droit et le devoir de défendre sa population. La force militaire est indispensable à cette mission. La question du Premier ministre porte aussi sur ce qui donne à un peuple la volonté de vivre, de reconstruire et de transmettre après l’arrachement.

La Torah protège aussi la capacité d’Israël à demeurer lui-même

La tradition juive affirme une protection spirituelle. La Guemara Sota (21a) enseigne que la Torah protège et sauve, dans une discussion qui précise la portée de ces termes. Pour le croyant, cette protection relève d’une réalité profonde. Elle ne se mesure pas comme une performance militaire et ne constitue pas une promesse d’immunité individuelle devant le malheur.

Etudiants dans une Yéchiva en Israel.
Le Rav Baruch Mordechai Ezrachi donne une leçon de Torah à la yeshiva Ateret Yisrael à Jérusalem

Dans l’histoire juive, l’étude a aussi porté une transmission concrète : les textes, les lois, les fêtes, la mémoire de Jérusalem et l’attachement à la terre d’Israël. Apprendre signifiait recevoir une responsabilité, puis devenir capable de la confier à ses enfants. Cette fidélité a puissamment contribué à préserver une identité collective au milieu de sociétés dispersées.

C’est ici que les paroles de Netanyahu prennent leur portée nationale. Le retour à la souveraineté engage aussi la fidélité à ceux qui ont gardé cette espérance vivante. Une génération reçoit davantage qu’un territoire à défendre : elle reçoit une histoire à poursuivre et un héritage à faire vivre.

Reconnaître cette force oblige à respecter ceux qui étudient, comme ceux qui risquent leur vie pour protéger Israël. Le débat sur l’organisation du service demeure entier. Dans le même entretien, Netanyahu défend d’ailleurs l’enrôlement de ceux qui n’étudient pas. L’avenir juif exige cette responsabilité commune : protéger les vivants, soutenir les combattants et transmettre la Torah qui donne profondeur et continuité à leur peuple.

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