Ces derniers jours, des images rares en provenance d’Iran ont mis en lumière une fracture profonde au sein de la société. Une jeunesse excédée par des décennies d’oppression ne dirige plus seulement sa colère contre le régime, mais s’en prend désormais aux symboles religieux qui incarnent, à ses yeux, cette domination.
L’un des épisodes les plus marquants, largement diffusé sur les réseaux sociaux, montre une mosquée incendiée en plein cœur de Téhéran, accompagnée de la destruction d’autres emblèmes religieux.
Une scène exceptionnelle, qui a provoqué un véritable choc au sommet de l’État iranien. Cette semaine, le président Massoud Pezeshkian a exprimé sa stupeur à la télévision :
« Incendier une mosquée, incendier un marché, incendier des maisons ? Quel genre de manifestation est-ce là ? »
Alors que les images de jeunes brûlant des symboles religieux circulent massivement, le chef de l’État s’interroge publiquement sur la nature même de cette contestation. Dans le même temps, un étonnant écho historique refait surface.
À l’approche de la commémoration du décès de Maïmonide (le 20 Tévet) et à la fin du cycle annuel d’étude de son Michné Torah, un passage longtemps censuré par la chrétienté de l’œuvre du Rambam circule à nouveau en ligne, accompagné de ces images saisissantes venues d’Iran.
La concomitance est frappante. Tandis que le monde juif marque l’anniversaire de la disparition du Rambam, des dizaines de milliers de participants au programme « Rambam Daily » achèvent l’étude complète du Michné Torah en vue de Tou Bichvate. Cette convergence entre l’actualité brûlante et l’étude quotidienne remet en lumière un texte historique, supprimé durant des siècles par la censure chrétienne.
Contrairement à de nombreux décisionnaires, Maïmonide a intégré dans son code halakhique non seulement les lois applicables à son époque, mais aussi celles relatives à l’avenir : le Temple, la royauté et les guerres. Ces lois concluent son œuvre monumentale.
Dans les Lois des rois et de leurs guerres (chapitre 11), le Rambam évoque explicitement le rôle historique du christianisme et de l’islam. Il les définit comme des religions qui n’ont pas de finalité propre et sont destinées uniquement à à la préparation du monde à la révélation de la vérité ultime. Elles seront finalement abolies par la révélation de la vérité. Lorsque celle-ci éclatera, les illusions tomberont et les masses ouvriront les yeux.
C’est ainsi que le « Grand Aigle » (Le Rambam) conclut ce passage saisissant : lorsque la vérité se manifestera pleinement, l’humanité reconnaîtra que ce qu’elle a reçu en héritage n’était que mensonge et illusion.
וְכָל הַדְּבָרִים הָאֵלּוּ שֶׁל יֵשׁוּ הַנּוֹצְרִי וְשֶׁל זֶה הַיִּשְׁמְעֵאלִי שֶׁעָמַד אַחֲרָיו אֵינָן אֶלָּא לְיַשֵּׁר דֶּרֶךְ לְמֶלֶךְ הַמָּשִׁיחַ, וּלְתַקֵּן הָעוֹלָם כֻּלּוֹ לַעֲבוֹד אֶת ה' יַחַד, שֶׁנֶּאֱמַר: כִּי אָז אֶהְפֹּךְ אֶל עַמִּים שָׂפָה בְרוּרָה לִקְרֹא כֻלָּם בְּשֵׁם ה' וּלְעָבְדוֹ שְׁכֶם אֶחָד.
וּכְשֶׁיַּעֲמֹד מֶלֶךְ הַמָּשִׁיחַ בֶּאֱמֶת וְיַצְלִיחַ וְיִתְרוֹמֵם וְיִתְנַשֵּׂא מְאֹד מִיָּד יַחְזְרוּ כֻלָּם וְיֵדְעוּ שֶׁשֶּׁקֶר נָחֲלוּ אֲבוֹתֵיהֶם, וְשֶׁנְּבִיאֵיהֶם וַאֲבוֹתֵיהֶם הִטְעוּ אוֹתָם.« Et lorsque le Messie, le Roi, se lèvera véritablement, Immédiatement tous ferons pénitence et sauront que leurs pères ont hérité du mensonge, et que leurs prophètes et leurs ancêtres les ont trompés. »
La formule est devenue virale sur Internet : « Leurs ancêtres ont hérité d'un mensonge »
Ces derniers jours, cette halakha circule abondamment sur les réseaux sociaux, souvent mise en parallèle avec les images de la mosquée en flammes à Téhéran, témoignage de la contestation de la doctrine islamiste.
Interrogée par Trend, l’organisation Rambam Daily a souligné l’actualité saisissante des paroles de Maïmonide, rappelant que, pendant que le débat s’enflamme autour d’un simple paragraphe, des dizaines de milliers d’étudiants achèvent l’étude complète du Michné Torah. Le 45ᵉ cycle d’étude débutera le 16 Chevate.