La science face à la main de D-ieu

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Le professeur Avi Rivkind a été récompensé par le ministre de l'éducation Yoav Kich pour son travail de création d'un réseau de centres de traumatologie

L'aveu du professeur Avi Rivkind, récipiendaire du prix Israël et figure de proue de la chirurgie de pointe, ne relève pas de la simple piété de façade. C’est le constat froid, presque clinique, d’un homme qui a passé sa vie à la frontière poreuse entre la vie et la mort. Dans une tribune qui bouscule les codes de la pensée rationaliste, il affirme une certitude acquise au scalpel : Il y a ici une Providence divine, et je suis persuadé qu'il y a un créateur qui dirige l'univers.

La médecine comme antichambre de la métaphysique

Pour Avi Rivkind, l'expertise médicale n'est pas une fin en soi, mais un poste d'observation privilégié sur l'inexplicable. Là où beaucoup verraient dans la science un outil de contrôle total sur la matière, lui y perçoit les limites structurelles de l'action humaine. Son expérience dans les unités de traumatologie les plus complexes du pays l'a conduit à cette conclusion : la survie d'un patient ne tient pas toujours à la précision d'une suture, mais à un souffle extérieur.

Ce positionnement intellectuel suggère que la maîtrise technique, loin d'occulter le divin, agit comme un révélateur de ce que les philosophes nomment la contingence (le fait qu'une chose puisse arriver ou non, sans nécessité absolue), laissant ainsi place à une force transcendante.

Réussir une opération difficile peut gonfler l'orgueil. On se dit que c'est grâce à sa propre main, à sa technique, à ses années d'études. Le professeur Rivkind, malgré son immense talent, semble voir son scalpel comme un simple outil entre les mains de quelqu'un d'autre. Plus il maîtrise son art, plus il réalise qu'il n'est qu'un intermédiaire. Son expertise ne lui sert pas à s'imposer, mais à mieux voir ce qui le dépasse.

Une gestion divine au cœur de l'urgence

L'élégance de son propos réside dans l'absence de conflit entre la blouse blanche et la foi. Il ne s'agit pas d'une croyance par défaut, mais d'une induction née de l'observation répétée du miracle quotidien. La direction de l'univers n'est pas un concept abstrait, mais une présence active qui gère, garde et dirige chaque respiration.
L'humilité du savoir est de comprendre que plus le niveau de compétence est élevé, plus la conscience de ce qui échappe à l'homme s'affine.

Pourquoi deux chirurgiens, face au même blessé, arrivent-ils à des conclusions opposées ? L'un n'y verra que de la mécanique et du hasard, tandis que l'autre, comme Avi Rivkind, y percevra la signature de D-ieu. Cette différence ne vient pas de leur niveau d'étude, mais de la façon dont ils interprètent ce qu'ils ne contrôlent pas.

Dans un bloc opératoire, l'imprévu est la seule constante. Pour beaucoup de médecins, quand un patient s'en sort miraculeusement, c'est simplement un coup de chance ou une statistique heureuse. Ils considèrent que la science finira bien par expliquer ce mystère plus tard.

Pour Avi Rivkind, l'accumulation de ces moments où la logique s'arrête finit par former une preuve. Il ne voit pas cela comme un "bug" dans le système, mais comme une intervention. C'est un basculement de regard : là où certains voient un silence de la science, lui entend une réponse de la Providence.

On est en droit de se poser la question quand à la tension fondamentale qui s'exprime par l'équilibre entre action humaine et volonté supérieure. Le médecin doit agir avec une rigueur absolue, comme si tout dépendait de lui, tout en sachant intimement que le dénouement appartient à un Autre. Cette posture évite l'arrogance du scientifique et le fatalisme du croyant passif.

Le témoignage d'Avi Rivkind rappelle que la sagesse n'est pas l'accumulation de certitudes matérielles, mais la capacité à reconnaître, au sommet de sa carrière, qu'il existe une force qui ordonne le chaos. Ce n'est pas la médecine qui mène à D-ieu, c'est l'honnêteté intellectuelle face aux limites de la médecine

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