Chabbate 'Hol HaMoèd Péssa'h

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Cette paracha ne marque pas seulement la fin de la construction, mais le début de l'alliance éternelle, où la révélation de D-ieu n'est plus un événement unique, mais une réalité continue au milieu de Son peuple.

Le plaidoyer de Moché : la force de l'argument

Moché Rabbénou commence par une interpellation directe :

« Regarde, Tu me dis : "Fais monter ce peuple", mais Tu ne m'as pas fait savoir qui Tu enverras avec moi... » (Chémote 33:12)

Dans son ouvrage Afiké Mayim (notamment dans les développements sur le concept de Da'at), Rav Moché Shapira explique que la demande de Moché « Fais-moi connaître Tes voies » (Chémote chapitre 33:13) n'est pas une quête intellectuelle, mais une recherche d'attachement (דבקות). Moché comprend que pour diriger Israël après la chute du Veau d'or, il ne peut plus se contenter d'une direction par l'intermédiaire d'un ange mais exige une relation directe.

La faute a donc créé une distance et Moché cherche à la combler non par des excuses, mais en approfondissant la connaissance de l'essence divine.

La connaissance ici, au sens biblique (Da'at), est une union profonde .Moché demande à D-ieu d'unir Sa Providence au destin d'Israël de manière indissociable.

La réponse divine : "Ma face ne sera pas vue"

D-ieu accepte de faire passer Sa bonté, mais avertit :

« Tu ne pourras pas voir Ma face, car l'homme ne peut Me voir et vivre » (Chémote chapitre 33:20).

Rav Shimshon Raphael Hirsch, dans son commentaire, analyse cette impossibilité de voir la Face de D-ieu. Pour lui, la Face représente le plan divin tel qu'il est conçu dans sa globalité, la cause première et l'intention originelle. L'homme, par définition limité, ne peut pas saisir le Pourquoi absolu des choses au moment précis où elles se produisent.

En revanche, D-ieu permet à Moché de voir Son dos (Chémote chapitre 33:23). Pour Rav Hirsch, cela signifie que nous ne comprenons l'action de D-ieu que rétrospectivement. C'est en regardant l'Histoire et notre passé que nous voyons la main divine guider les événements.

La foi n'est donc pas de voir où l'on va, mais de reconnaître d'où l'on vient et qui nous a portés.

Le lien avec Péssa'h : la sortie des limites

Rav Eliyahu Dessler, dans son Mikhtav Me-Eliyahu (Tome 2, section sur les fêtes), explique que Péssa'h est le moment où D-ieu S'est révélé au peuple avec une clarté absolue, sautant au-dessus des limites de la nature (sens du mot Péssa'h).

De même que Moché demande à voir la gloire divine, Israël à Péssa'h a reçu un cadeau de clarté spirituelle. Mais ce cadeau doit être mérité et contenu. Le passage dans la fente du rocher où Moché est protégé par la main de D-ieu (Chémote chapitre 33:22) symbolise la protection divine nécessaire pour ne pas être consumé par une lumière spirituelle trop intense.

La liberté de Péssa'h n'est donc pas l'absence de limites, mais la capacité de s'élever vers le Divin tout en restant ancré dans le monde.

Synthèse pour 'Hol HaMoèd

Ce Chabbate nous enseigne que la relation avec le Créateur est un dialogue dynamique. Moché nous montre que même dans les moments d'obscurité ou de faute, il est possible de demander, et d'obtenir une proximité encore plus grande.

Péssa'h nous libère de l'esclavage physique, mais cette paracha nous montre le but de cette liberté. l'ascension vers la montagne pour apercevoir, même de dos, la splendeur de l'Infini.

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