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Californie : une loi reconnaît la dimension ethnique de l’identité juive

La Californie vient d’adopter une loi qui permettra aux habitants de se déclarer juifs dans certains relevés démographiques. Le dispositif, prévu à partir de 2029, veut mieux mesurer les besoins de la communauté tout en protégeant les données personnelles. Il pose aussi une question de fond : que recouvre l’appartenance à Am Israël ?

Californie : une loi reconnaît la dimension ethnique de l’identité juive
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Le 30 septembre 2026, le gouverneur de Californie, Gavin Newsom, a signé la loi SB 1387, portée par le sénateur Henry Stern. Elle inclut l’identité juive dans la notion d’ethnie pour certaines dispositions du droit californien et pour les collectes démographiques concernées. Les nouvelles obligations s’appliqueront à partir du 1er janvier 2029, avec une intégration aux rapports démographiques publiés à compter du 1er janvier 2030.

Pour les Juifs californiens, l’enjeu dépasse une case supplémentaire sur un formulaire : leurs besoins pourront être mieux distingués dans les statistiques publiques. Pour un lecteur attaché à la Torah, cette reconnaissance soulève aussi une question précise : comment décrire l’appartenance à Am Israël, le peuple d’Israël, sans la réduire à une pratique religieuse ou à une catégorie raciale ?

Gavin Newsom, promoteur de la loi
Gavin Newsom, promoteur de la loi.

Une catégorie pour rendre les besoins visibles

Une ethnie désigne un groupe lié par une histoire, des traditions et un sentiment d’appartenance communs. La loi ne remplace pas la dimension religieuse du judaïsme : elle ajoute une possibilité d’identification lorsque l’administration recueille des données sur l’ascendance ou l’origine ethnique.

Jewish California, l’organisation qui a soutenu le texte, souhaite mieux documenter la santé, la pauvreté, l’éducation et les actes de haine visant les Juifs. Une catégorie trop générale peut masquer des difficultés propres à une communauté. Cette préoccupation rejoint celle de la confiance des patients juifs dans les soins, même si de meilleures statistiques ne suffisent pas, à elles seules, à prévenir les discriminations.

L’enquête nationale de Pew Research Center, réalisée en 2020 et publiée le 11 mai 2021, illustre les différentes dimensions de l’identité juive aux États-Unis : 52 % des répondants mentionnent l’ascendance, 55 % la culture et 36 % la religion comme composantes principales, seules ou combinées. Ces réponses peuvent se recouper ; les pourcentages ne s’additionnent donc pas. Ils décrivent une perception sociologique, sans établir un statut selon la Halakha.

Une déclaration volontaire, avec des protections précises

Le texte prévoit une catégorie distincte pour l’ascendance ou l’appartenance ethnique juive dans les formulaires concernés. Son champ comporte des limites : la définition des agences visées exclut notamment les réseaux universitaires University of California et California State University. Des dispositions transitoires permettent aussi de conserver certains outils de collecte antérieurs.

Jewish California précise que la déclaration est volontaire et peut accompagner d’autres appartenances ethniques. La possibilité d’être compté ne doit donc pas devenir une obligation de révéler son identité. Le dispositif vise une connaissance collective des besoins, avec une liberté de réponse individuelle.

Les données rendues publiques devront être agrégées, et les informations permettant d’identifier une personne ne pourront pas être divulguées. La loi impose des méthodes de protection, notamment pour les petits effectifs, et interdit l’utilisation des données du nouveau dispositif pour constituer un registre nominatif, pour l’application des lois pénales ou pour le contrôle de l’immigration. Ces garanties répondent à une inquiétude compréhensible concernant la collecte d’informations sur les Juifs.

Une foule devant le Kotel recouverte par un immense drapeau israélien

Am Israël : une histoire et une alliance

Dans la Torah, Israël est un peuple dont l’histoire et l’alliance avec Hachem sont indissociables. Au Sinaï, la fidélité à cette alliance est associée à la vocation d’être un royaume de prêtres et une nation sainte (Chemot 19, 5-6). Cette dimension éclaire le rôle fondateur du don de la Torah : l’appartenance collective porte une responsabilité et une transmission.

Ce peuple accueille également ceux qui le rejoignent par une conversion conforme à la Halakha. Le Rambam statue qu’un converti peut réciter la déclaration accompagnant l’offrande des prémices, car Avraham est aussi le père de ceux qui entrent sous les ailes de la Présence divine (Michné Torah, Hilkhot Bikkourim 4, 3). L’origine familiale n’est donc pas une frontière infranchissable.

Le parcours d’un Chinois devenu juif orthodoxe donne un exemple concret de cette entrée dans le peuple. Reconnaître une continuité historique juive n’implique pas de postuler une uniformité biologique. L’alliance permet précisément une appartenance qui ne dépend pas d’une ascendance juive préalable.

Un formulaire ne définit pas le statut juif

La distinction reste essentielle : l’auto-identification administrative et le statut juif selon la Halakha répondent à des critères différents. Selon le droit rabbinique, est juive une personne née d’une mère juive ou ayant accompli une conversion valide (Kidouchin 68b ; Choul’han Aroukh, Even Haézer 8, 5). Pour un adulte, celle-ci comprend notamment l’acceptation des commandements, l’immersion rituelle et, pour un homme, la circoncision selon les règles applicables, dans le cadre d’un tribunal rabbinique compétent (Choul’han Aroukh, Yoré Déa 268, 1-3).

Une ascendance paternelle juive ne suffit donc pas, à elle seule, à établir ce statut. Inversement, un Juif ne cesse pas d’être juif parce qu’il ne pratique plus : la Guémara maintient son appartenance même lorsqu’il faute (Sanhédrin 44a). La question de ce que l’ADN peut réellement dire de l’identité juive montre également pourquoi histoire des populations et statut halakhique doivent rester distingués.

Au 4 octobre 2026, la loi est signée, mais ses résultats statistiques restent à venir. Leur utilité dépendra des réponses recueillies, des protections effectivement appliquées et de leur traduction en politiques publiques. Cette reconnaissance administrative ne donne aux autorités civiles aucun rôle dans la détermination du statut religieux d’une personne.

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Sujets traités

Diaspora juive Israël (statut) Antisémitisme Cyber & réseaux Torah (texte)

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