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Jérusalem : quatre manuscrits hébraïques rares exposés du 1er au 3 novembre

Durant trois jours, la Bibliothèque nationale d’Israël expose quatre manuscrits rares avant leur vente à New York. Du Pentateuque au Séfer Mitsvot Gadol, ils éclairent la transmission de la Torah, de la prière et de la Halakha.

Jérusalem : quatre manuscrits hébraïques rares exposés du 1er au 3 novembre
Le Pentateuque ashkénaze présenté à Jérusalem réunit la Torah, le Targoum Onkelos, les cinq Méguilot et les Haftarot. Crédit : Sotheby’s
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Durant trois jours seulement, quatre manuscrits hébraïques rarement montrés au public seront réunis à Jérusalem. La Bibliothèque nationale d’Israël les présentera du dimanche 1er au mardi 3 novembre 2026, avant leur mise en vente chez Sotheby’s à New York le 17 décembre. L’entrée est gratuite. Derrière leurs enluminures, ces volumes racontent une histoire très concrète : celle des livres copiés, conservés et transmis par des communautés juives pour étudier la Torah, prier et comprendre les mitsvot.

Réalisés en Allemagne et en Italie entre 1300 environ et le début du XVIe siècle, les quatre ouvrages ne constituent pas un ensemble provenant d’unae même communauté. Leur rapprochement temporaire permet toutefois de suivre trois usages du texte religieux : la lecture biblique, la prière selon différents rites et l’étude de la Halakha. La Bibliothèque nationale détaille les pièces exposées et les conditions de visite.

Un Pentateuque qui réunit plusieurs lectures

Le plus ancien des quatre manuscrits est un Pentateuque ashkénaze réalisé en Allemagne vers 1300. Ce grand volume contient les cinq livres de la Torah, le Targoum Onkelos, les cinq Méguilot et les Haftarot. Onkelos est la traduction araméenne traditionnelle qui accompagne l’étude de la Torah ; les Méguilot sont associées aux fêtes et à certaines dates du calendrier, tandis que les Haftarot sont des passages des Prophètes lus en lien avec la lecture de la Torah. La présence de ces textes dans un même livre montre combien leur transmission pouvait passer par un objet soigneusement conçu et copié à la main.

Il faut distinguer ce codex, c’est-à-dire un livre relié, du Séfer Torah utilisé pour la lecture rituelle à la synagogue, qui prend la forme d’un rouleau et obéit à des règles propres. Le manuscrit exposé témoigne d’une autre manière de rassembler et de consulter les textes. Haut d’environ 45 centimètres, il compte parmi les grands manuscrits bibliques hébraïques conservés. Ses lettres ornées accueillent animaux et figures inspirés de l’art gothique de son époque : la Torah et les textes qui l’accompagnent ont ainsi traversé les siècles dans une forme matérielle marquée par le lieu où le livre a été produit.

Deux ma’hzorim, des prières enluminées

Deux autres pièces sont des ma’hzorim, des livres de prières liés au cycle des fêtes. Le premier a été réalisé en Italie vers 1475 par Joël ben Siméon, également connu sous le nom de Feibush Ashkenazi. Sa renommée tient aussi au fait qu’il signait ses œuvres, ce qui permet de relier un manuscrit à un artiste juif identifié. Les images ne sont pas posées au hasard sur la page : on y voit notamment un homme soufflant dans le chofar et une figure tenant le loulav et l’étrog. Elles entrent en relation avec les textes et les moments du calendrier évoqués dans le livre.

Le second ma’hzor suit le rite dit « romain », c’est-à-dire une tradition de prière juive italienne. Il a été copié à Ferrare vers 1500 par un scribe juif et décoré, selon la Bibliothèque nationale, par des artistes chrétiens. Pigments, feuilles d’or, motifs végétaux et éléments architecturaux reflètent l’univers artistique de l’Italie de la Renaissance. La présence de ces deux livres rappelle que la prière juive s’est transmise dans des milieux culturels variés et selon des rites différents, tout en gardant sa place centrale dans la vie des communautés.

Le Sémag : la couleur au service des commandements

Page hébraïque enluminée d’une copie italienne du Séfer Mitsvot Gadol.
Copie italienne du Séfer Mitsvot Gadol, fin du XVe siècle. Les couleurs participent à l’organisation du texte des commandements. Crédit photo : Sotheby’s

Le quatrième manuscrit est une copie italienne de la fin du XVe siècle du Séfer Mitsvot Gadol, souvent appelé Sémag. L’œuvre elle-même a été composée au XIIIe siècle en France par Rabbi Moché de Coucy. Elle traite des 613 commandements de la Torah, en distinguant les commandements positifs, qui prescrivent une action, et les interdictions. Cette différence entre la date de rédaction de l’œuvre et celle du manuscrit exposé est essentielle : le livre de Jérusalem montre comment un texte halakhique continuait d’être recopié et mis en forme bien après son auteur.

Ici, l’or et les couleurs ont une fonction qui dépasse l’ornement. D’après la notice de la Bibliothèque nationale, ils aident à organiser le texte et à reconnaître les deux catégories de mitsvot. L’œil du lecteur repère ainsi la structure de l’ouvrage avant même d’entrer dans le détail d’un développement juridique. Ce choix rend visible un aspect souvent oublié de la transmission de la Halakha : pour qu’un enseignement soit étudié et repris, il fallait aussi le disposer sur la page de manière intelligible.

Ces manuscrits ne donnent pas à eux seuls le portrait complet des communautés qui les ont utilisés. Ils permettent en revanche d’observer les décisions concrètes de copistes et de commanditaires : quels textes réunir, comment accompagner la prière, comment guider la lecture d’une œuvre de Halakha. Leur présentation à Jérusalem offre un accès public bref à des ouvrages restés longtemps hors de vue, avant leur retour sur le marché de l’art. Elle invite également à découvrir d’autres manuscrits hébraïques et leur place dans le patrimoine juif écrit.

Informations pratiques : du 1er au 3 novembre 2026, de 10 h à 18 h, dans la salle de lecture des collections spéciales, niveau −3, à la Bibliothèque nationale d’Israël, 1 rue Kaplan à Jérusalem. L’exposition est gratuite. Des présentations en hébreu et en anglais sont également proposées gratuitement, sur inscription préalable. La vente « Magnificent Judaica » de Sotheby’s est programmée le 17 décembre à New York.

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Manuscrits hébraïques Jérusalem Diaspora juive Sefer HaMitsvot Torah (texte)

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