Saint-Denis attribue la citoyenneté d’honneur à Marwan Barghouti
La ville de Saint-Denis, dirigée par le maire Bally Bagayoko, a élevé le terroriste Marwan Barghouti au rang de citoyen d'honneur une décision annoncée par l'édile sur les réseaux sociaux et qui suscite de vives réactions.
Dans son message, Bally Bagayoko présente Marwan Barghouti comme un « prisonnier politique palestinien » détenu depuis 2002 « sans procès équitable » et comme « l'espoir d'un peuple ». Il affirme également que cette distinction vise à attirer "l'attention sur le sort des prisonniers palestiniens détenus en Israël". La cérémonie s'est déroulée en présence de Fadwa Barghouti, épouse du dirigeant palestinien, de Salah Hamouri, avocat terroriste franco-palestinien, ainsi que de représentants de l'ambassade de Palestine.
Le maire estime que cette initiative constitue un « message fort » adressé aux collectivités territoriales françaises afin de promouvoir la paix. Il appelle également les autorités françaises à respecter le droit international en mettant fin aux ventes d'armes à Israël et en suspendant l'accord de coopération entre l'Union européenne et l'État hébreu.
Figure terroriste majeure du Fatah durant la Seconde Intifada, Marwan Barghouti purge depuis 2004 cinq peines de prison à perpétuité prononcées par la justice israélienne. Il a été reconnu coupable de son implication dans plusieurs attentats terroristes ayant coûté la vie à cinq Israéliens. Pour de nombreux Palestiniens, il demeure un "symbole de la cause nationale" et un possible futur dirigeant.
Plus tôt cette semaine, Ian Brossat avait salué sa rencontre au Sénat avec Fadwa Barghouti, épouse de Marwan Barghouti.
Pourquoi cette distinction suscite une vive controverse
Pour les communautés juives de France et du monde, une telle décision ne peut être regardée comme un simple geste symbolique en faveur de la « cause palestinienne ». Elle revient à honorer publiquement un homme condamné pour son implication dans des attentats ayant tué des civils israéliens, tout en effaçant presque entièrement la mémoire de ses victimes. Cette inversion morale, où le terroriste devient une figure d’espérance et où les morts israéliens disparaissent du récit, est profondément inquiétante.
L’enjeu dépasse donc le seul cas de Marwan Barghouti. Lorsqu’une institution publique française confère une distinction honorifique à une personnalité associée à la violence terroriste contre des Juifs israéliens, elle contribue à banaliser l’idée selon laquelle le sang juif pourrait être relativisé, excusé ou subordonné à une lecture idéologique du conflit. Pour beaucoup de Juifs, cette séquence s’inscrit dans un climat où l’hostilité envers Israël devient de plus en plus souvent le véhicule d’une indifférence, voire d’une hostilité assumée, envers les Israéliens et les Juifs eux-mêmes.
La communauté juive doit mesurer la gravité de ce basculement. Il ne s’agit pas seulement de défendre Israël dans le débat politique, mais de refuser qu’une démocratie honore ceux dont les actes ont visé des civils juifs et transforme leurs victimes en silhouettes oubliées. Là commence une responsabilité collective : rappeler que la lutte contre le terrorisme et contre l’antisémitisme ne peut être modulée selon l’identité des victimes.