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Thèmes Mishloah Manot

Mishloah Manot à Pourim, mitsva fondée sur la Méguilat Esther : conditions halakhiques, envoi de deux aliments prêts à consommer et portée spirituelle.

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Mishloah Manot
Le Michloah Manot, dons de Pourim

À savoir

Qu'est-ce que le Mishloah Manot ?

Le Mishloah Manot est l'une des quatre mitsvot essentielles de Pourim. Il consiste à envoyer à autrui au moins deux aliments distincts, prêts à être consommés, le jour même de Pourim. Cette obligation est fondée sur le verset de Méguilat Esther (9:22) où Mordekhai et Esther instituèrent la fête après la défaite de Haman : « envoyer des portions chacun à son prochain ». Le Traité Meguila et les décisionnaires qui en découlent précisent les conditions de validité de cette mitsva.

Les règles halakhiques du don alimentaire

Le Choulhane Aroukh (Ora'h 'Haïm 695) exige deux aliments de nature différente, envoyés par l'intermédiaire d'un messager ou directement, à au moins un destinataire. L'usage s'est répandu d'offrir des paniers pourim joliment décorés, garnis de recettes Pourim traditionnelles : oreilles d'Haman (Ozné Haman), fruits, gâteaux et boissons. Les hommes envoient à des hommes, les femmes à des femmes. Les enfants, dès l'âge de la mitsva, sont encouragés à participer afin d'ancrer cette pratique.

Lien avec Taanit Esther et l'ordre des mitsvot

Le Mishloah Manot intervient après Taanit Esther, qui précède Pourim et constitue une préparation spirituelle à la fête. La journée de Pourim s'articule ainsi : lecture de Méguilat Esther, Mishloah Manot, Matanot Laevyonim (Tsédaka aux pauvres), puis le festin. Cet enchaînement n'est pas anodin : le don aux pauvres et le partage entre pairs expriment ensemble la valeur du Hesed, la bonté active envers autrui.

Une mitsva d'Ahavat Israël et de Sim'ha

Les maîtres voient dans le Mishloah Manot une expression profonde d'Ahavat Israël, l'amour entre Juifs. Là où Haman accusait le peuple juif de divisions, Mordekhai et Esther répondirent par un acte d'unité : le partage de nourriture renforce les liens et dissipe les rancœurs. La Sim'ha, la joie de Pourim, se transmet ainsi de maison en maison, portée par ces paniers colorés qui matérialisent la solidarité du peuple juif tout entier.

Lois de Mishloah Manot : questions-réponses pratiques

Lois de l'envoi de mets à Pourim

Une femme qui envoie à son amie des vêtements colorés ou similaires ne s'acquitte pas de la mitsva de michloah manot. Même si, concernant la joie de la fête, il est dit que les femmes se réjouissent avec des vêtements colorés ou du linge repassé, pour la mitsva de michloah manot il faut envoyer des mets ou des boissons, car les femmes sont également tenues d'accomplir la mitsva du repas de Pourim.

(Yalkout Yossef, Lois de Pourim, Chapitre 695 - Lois de l'envoi de mets à Pourim, Halakha 10)
Lois de l'envoi de mets à Pourim

Il faut veiller particulièrement à envoyer des manot qui sont cachères à la consommation, sans aucun doute d'interdit. Celui qui envoie de la viande à un ami séfarade doit envoyer de la viande halak selon l'opinion du Beit Yossef. S'il lui envoie de la viande simplement cachère, il n'est pas quitte de son obligation, car selon notre coutume, nous suivons l'avis de Maran qui interdit de la consommer. En revanche, si l'on envoie à un ami ashkénaze, il est possible que l'on soit quitte, et même si l'on est strict pour soi-même selon l'avis de Maran, on peut donner cette viande à ses enfants mineurs qui n'ont pas atteint l'âge des mitsvot.

(Yalkout Yossef, Lois de Pourim, Chapitre 695 - Lois de l'envoi de mets à Pourim, Halakha 41)
Lois de l'envoi de mets à Pourim

Celui qui a reçu de son prochain des michloah manot n'a pas le droit de lui rendre en retour des fruits de la septième année (cheviit) ou leur valeur monétaire. En effet, puisqu'il est d'usage et de convenance de répondre à l'envoi, cela est considéré comme un paiement de contrepartie, ce qui est interdit avec des fruits de cheviit, car cela ressemble à un remboursement de dette.

(Yalkout Yossef, Lois de Pourim, Chapitre 695 - Lois de l'envoi de mets à Pourim, Halakha 46)
Lois de l'envoi de mets à Pourim

Celui qui se rend dans un magasin et commande des manot pour qu'elles soient envoyées à son ami s'acquitte de la mitsva, que ce soit en payant immédiatement ou même à crédit. Il n'est pas nécessaire de se montrer plus strict à ce sujet.

(Yalkout Yossef, Lois de Pourim, Chapitre 695 - Lois de l'envoi de mets à Pourim, Halakha 36)
Lois de l'envoi de mets à Pourim

On s'acquitte de l'obligation du michloah manot en l'envoyant à son maître en Torah, car il est également inclus dans l'expression « ish lere'ehu ». Dans de nombreux endroits, il est d'usage d'envoyer des mets à Pourim au rav Av Beth Din de la ville et aux grands rabbins de la communauté.

(Yalkout Yossef, Lois de Pourim, Chapitre 695 - Lois de l'envoi de mets à Pourim, Halakha 23)
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