Circoncision : la justice belge traduit en justice une pratique trois fois millénaires

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L’inculpation de Mohels en Belgique a suscité un vif émoi dans la communauté juive.
Le parquet d’Anvers a franchi un cap juridique en décidant de renvoyer plusieurs praticiens devant un tribunal correctionnel. Les chefs d'accusation tombent avec la froideur d'un couperet : « exercice illégal de la médecine » et « coups et blessures volontaires avec préméditation ». En accolant le terme de préméditation à un rite ancestrale, la justice belge criminalise l'intention même de transmettre la foi.

La circoncision qui scelle l'Alliance (Brite Mila) ne répond pas aux protocoles d'un bloc opératoire, mais à un impératif transcendant. Pour le judaïsme, la Brite Mila n'est pas un acte chirurgical interchangeable. C'est un acte sacré dont la validité dépend de la main qui l'exécute. Le Mohel n'est pas un technicien de la peau, mais un officiant formé par des années d'étude des textes et d'expérience, garant d'une tradition où le geste technique est indissociable du code de la loi juive (Halakha). Exiger qu'un chirurgien laïc remplace le Mohel revient, pour la communauté, à vider le rituel de sa substance spirituelle, transformant un pacte divin en une simple intervention esthétique.

Pourtant, cette expertise héritée des siècles se fracasse aujourd'hui contre le marbre du palais de justice. Ce n'est plus seulement l'absence de diplôme qui est visée, mais la nature intentionnelle de l'acte, désormais perçu par l'accusation comme une agression planifiée contre l'intégrité physique.

La réponse de la rue et des institutions juives ne s'est pas fait attendre, chargée d'une gravité que les mots peinent à contenir. Joël Rubinfeld, Président de la Ligue belge contre l’antisémitisme, a porté cette voix avec une clarté brutale, dénonçant une offensive qui dépasse le cadre d'un simple litige administratif.

« Il y a une menace sur une tradition trimillénaire », a-t-il martelé, rappelant que la Brit Mila constitue la « pierre angulaire de la foi juive ».

Il dénonce un climat discriminatoire de la justice Belge multipliant des persécutions judiciaires à l'encontre de la communauté juive alors que les actes antisémites qui se développent dans le pays font l'objet d'un laxisme notoire.

À travers ses déclarations, on perçoit le sentiment d'une communauté acculée, forcée de justifier son existence même devant des magistrats qui font mine d'ignorer que sans ce geste, c'est tout l'édifice de l'identité juive qui menace de s'effondrer.

Aux États-Unis, la circoncision est légalement protégée et largement acceptée. Les tribunaux américains reconnaissent généralement le droit des parents à prendre des décisions médicales et religieuses pour leurs enfants.

Aucun pays européen, en dehors de la Belgique et l'Irlande n'a officiellement mis en cause la circoncision masculine.

Même en Allemagne, après une interdiction temporaire par un tribunal de Cologne en 2012, une loi a été votée pour autoriser explicitement la circoncision rituelle pratiquée par des médecins ou des personnes qualifiées (Mohels formés).

L'inculpation récente de Mohels a provoqué une crise et une Indignation diplomatique : Bill Whiteambassadeur des États-Unis et le gouvernement israélien dénoncent une dérive qu'ils jugent discriminatoire.

Les regards se tournent désormais vers les bancs de la défense, où se jouera bien plus qu'un acquittement. Il s'agira de savoir si la Belgique peut encore supporter la confrontation entre une pratique qui puise sa source dans le Sinaï et un code "de déontologie médicale" rigide qui manque de discernement.

La Belgique semble s'orienter vers une crise juridique majeure. Si la justice condamne fermement les Mohels, le gouvernement pourrait être contraint, comme l'Allemagne en son temps, de légiférer pour créer un statut spécifique de "circonciseur rituel" afin d'apaiser les tensions diplomatiques tout en encadrant la pratique.

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