RÈGLES DE TRANSLITTÉRATION DE L'HÉBREU EN CARACTÈRES LATINS
(à l'usage des francophones)
Elles permettent la transposition d'un texte en hébreu, en caractères latins, visant ainsi à donner l'image phonétique la plus fidèle possible et couramment lisible.
Nous nous sommes inspirés du code officiel de translittération de l'hébreu en caractères latins que l'Académie Israélienne de la Langue Hébraïque a édité en 1956 et nous avons pris pour base de travail le très sérieux ouvrage du Rabbinat du Québec.
Les Majuscules
L'hébreu ne connaît pas la majuscule. Cependant pour respecter une translittération en français il y a lieu de rappeler l'usage des deux types de majuscules.
La majuscule de position placée au début d'une phrase, après un point final, un point d'exclamation, un point d'interrogation, des points de suspension ou deux points ouvrant une citation.
La majuscule de signification utilisée pour les noms propres, ex : Yossèf, Certains noms communs employés en tant que noms propres, ex : Bèt Hamikdach
- Les noms de personnes : Moché, Avraham. - les noms de races, de peuples, de groupes d'habitants : les Juifs, un Mitsri (un Egyptien) - les fêtes religieuses, laïques ou nationales : Pourim, Kippour; - Les noms de personnes : Moché, Avraham. - Les noms de personnes : Moché, Avraham.
Les lettres géminées
Les consonnes ne sont pas redoublées en hébreu.
Le point contenu dans une consonne, appelé daguèche (דָגֶש), indique l’accentuation du son. Sa présence est marquée en translittération par une double consonne. Exemples : rinna (רִנָּה), Chabbate (שַׁבּת), Kippour (כּפּוּר).
Le redoublement des lettres est toutefois ignoré lorsqu’il complique la lecture ou la prononciation, ou simplement pour conserver au mot une certaine élégance. Exemple : matsa (מַצָה) au lieu de matstsa.
La lettre s est redoublée afin d’éviter le son z. Exemple : hadasse (הֲדַס), le myrte.
Si la première lettre d’un mot comporte un daguèche (דָגֵשׁ), elle n’est pas redoublée. Exemple : bokèr tov (בּקֵר טוֹב), bonjour.
De même, après l’article défini, la première lettre n’est pas redoublée lorsqu’elle comporte un daguèche. Exemple : hakol (הַכֹּל), tout.
Les syllabes finales
En translittération, toutes les lettres sont prononcées, particulièrement dans les terminaisons suivantes :
am, comme dans rame : Abraham (אַבְרָהָם) ;
im, comme dans cime : ‘anavim (עֲנָבִים) ;
èt, comme dans bête : bèt (בֵּית) ;
om, comme dans homme : yom (יִוֹם) ;
èm, comme dans sème : chèm (שֵׁם).
Les exceptions à cette règle répondent au souci d’éviter les erreurs de prononciation. Un e final est ajouté aux terminaisons suivantes :
ite, comme dans marmite : ‘arvite (עַרְבִית) ;
ane, comme dans plane : Hamane (הָמָן), au lieu de Haman ;
ine, comme dans fine : ‘aïne (עַיִן) ;
one, comme dans bonne : Lévanone (לְבָנוֹן) ;
ote, comme dans note : mézonote (מזוֹנוֹת) ;
ate, comme dans plate : Parachate hachavoua’ (פָּרָשַׁת הַשָׁבוּעַ).
Les consonnes et leur translittération
Prononciation et exemples
Lettre et translittération
Valeur numérique
Le alèf est transcrit en fonction de sa vocalisation : il sert de support à la voyelle. Exemple : otsar (אוֹצָר), trésor.
En début de mot, le alèf n’est pas prononcé et n’est donc pas transcrit. Exemple : Avraham (אַבְרָהָם).
Lorsqu’il est ponctué par l’une des voyelles a, é, i, o ou ou et qu’il se trouve après une consonne, il forme une syllabe à part entière. Exemples : kor-im (קוֹרְאִים) ; ir-ate (יִרְאָת).
alèf a, e, i, o ou ou selon la voyelle
1
Prononciation b, comme dans bébé. Exemple : baït (בָּיִת), maison.
bèt b, B
2
Prononciation v, comme dans vin. Exemple : aviv (אָבִיב), printemps.
vèt v, V
2
Prononciation gue, comme dans gare. Exemple : gag (גַּג), toit. Pour éviter le son j, il faut ajouter un u devant les voyelles e et i. Exemples : guémara (גְּמָרָא) ; maguène (מָגֵן), protection ou bouclier.
guimèl g, G
3
Prononciation d, comme dans dé. Exemple : dag (דָּג), poisson.
dalèt d, D
4
Prononciation h, comme dans haie. Exemple : habaït (הַבָּית), la maison.
À la fin d’un mot, le hé ne se transcrit pas et ne se prononce pas. Exemple : yalda (יַלְדָּה), une enfant.
Le hé final se prononce toutefois lorsqu’il correspond à un pronom possessif. La lettre ה porte alors un point appelé mapik (הּ) et se prononce comme un h aspiré. Exemple : ichah (אִישָׁהּ), son mari ; אישה, sans point, signifie une femme.
hé h, H
5
Prononciation v, comme dans vin. Exemple : vaïkra (וַיִקְרָא).
vav v, V
6
Prononciation z, comme dans zèbre. Exemple : zémirot (זְמִירוֹת), chants ou cantiques.
zaïn z, Z
7
Prononciation inexistante en français : un h expiré. Il s’agit d’une consonne gutturale dont le son est fortement accentué. Exemple : ‘Hanouka (חֲנֻכָּה).
‘hèt ’h, ‘H
8
Prononciation t, comme dans thé. Exemple : tahor (טָהוֹר), pur.
tèt t, T
9
Le i est transcrit de trois manières selon sa place par rapport à la voyelle :
avant la voyelle : y, comme dans Yérouchalaïm ;
après la voyelle : ï, comme dans Yérouchalaïm ou Tanaïm ;
dans les autres cas : i, comme dans Talmidim ou Israël.
youd y, ï, i
10
Prononciation k, comme dans képi. Exemples : Kacherout (כַּשְׁרוּת), lois alimentaires de la Tora ; odéka (אוֹדֶךָּ), je te louerai.
kaf k, K
20
Forme finale du kaf.
kaf sofite k
500
Prononciation comparable à la jota espagnole, au ch allemand ou au x russe et grec ; ce son n’existe pas en français. Exemples : mélakha (מְלָאכָה), travail ; baroukh (בָּרוּךְ), béni.
khaf kh, KH
20
Forme finale du khaf.
khaf sofite kh
500
Prononciation l, comme dans lion. Exemple : lachone (לָּשׁוֹן), langue.
lamèd l, L
30
Prononciation m, comme dans même. Exemples : malka (מָלְכּה), reine ; yéladim (יְלָדִים), enfants.
mèm m, M
40
Le mèm sofite ne s’emploie qu’à la fin d’un mot.
mèm sofite m, me
600
Prononciation n, comme dans navet. Exemple : nassi (נָשִׂיא), président.
noun n, N
50
Le noun sofite ne s’emploie qu’à la fin d’un mot. Il s’accompagne parfois d’un e final afin d’obtenir une prononciation exacte. Exemple : chouchane (שׁוּשָׁן) au lieu de chouchan.
noun sofite n, ne
700
Prononciation s, comme dans sultan. Exemple : séfèr (סֵפֶר), livre.
samèkh s, S
60
Consonne gutturale dont la prononciation n’existe pas en français. Elle est représentée par une apostrophe placée devant la voyelle à accentuer. Exemple : ’Amos (עָמוֹס).
’aïn ’
70
Prononciation p, comme dans papa. Exemple : pardès (פַּרְדֵּס).
pé p, P
80
Prononciation f, comme dans fée. Exemple : Potifar (פּוֹטִיפַר).
fé f, F
80
Le fé sofite ne s’emploie qu’à la fin d’un mot. Exemple : Allouf (אלּוּף).
fé sofite f
800
Prononciation ts, comme dans tsar. Exemple : Tsione (צִיוֹן).
tsadé ts
90
Le tsadé sofite ne s’emploie qu’à la fin d’un mot. Exemple : ‘hamets (חָמֵץ).
tsadé sofite ts
900
Prononciation k, comme dans képi. Exemple : kabbala (קַבָּלָה).
kouf k, K
100
Prononciation r roulé, comme dans riche. Exemple : rav (רַב).
rèch r, R
200
Prononciation ch, comme dans chine. Exemples : chalom (שָׁלוֹם) ; chofar (שׁוֹפָר).
chine ch, CH
300
Prononciation s, comme dans saint. Exemple : sim’ha (שִׂמְחָה).
sine s, S
300
Prononciation t, comme dans témoin. Exemples : talit (טַלִּית) ; téchouva (תְּשׁוּבָה).
tav t, T
400
Les voyelles et leur translittération
Prononciation et exemples
Signe vocalique et translittération
Prononciation a, comme dans va. Exemples : matar (מָטָר), averse ; ’am (עַם), peuple ; ani (אֲנִי), je suis.
kamats gadol : a pata’h : a ’hataf-pata’h : a
Prononciation è, comme dans chère. Exemples : zé èl zé (זֵה אֵל זֵה), l’un à l’autre ; èmèt (אֱמֵת), vérité.
sègol : è ’hataf-sègol : è
Prononciation è, comme dans père. Exemple : bénè (בְּנֵי), les fils de…
tsérè : è
Prononciation i, comme dans pie. Exemple : tsitsit (צִיצִת), frange du talit.
‘hirik : i
Prononciation o, comme dans eau. Exemples : oto (אוֹתו) ; ’hodachim (חֳדָשִׁים), mois.
‘holam : o kamats-‘hataf : o
Prononciation ou, comme dans hibou. Exemples : èmouna (אֱמוּנָה), foi ; koulam (כֻּלם), tous.
chourouk : ou koubouts : ou
Certains prononcent le chéva et le transcrivent par un e muet. Nous avons opté pour la prononciation séfarade, transcrite par un é accent aigu.
Le chéva se prononce au début d’un mot. Exemple : téfilah (תּפִּילה), prière.
Il se prononce lorsqu’il est précédé d’une voyelle longue. Exemple : véchamérou (ושׁמְרו).
Lorsque deux chéva se suivent à l’intérieur d’un mot, le premier est muet et le second est articulé. Exemple : nafchékha (נפְשְךָ), ton âme.
Le chéva se prononce lorsque l’une de deux lettres semblables et successives porte un chéva. Exemples : halélou (הַלְלו) ; hinéni (הִנְני).
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