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Hollywood : ces stars qui assument leur identité juive

À Los Angeles, des stars juives et non juives ont prêté leur voix à l’histoire du lien entre le peuple juif et Israël. Leur présence pose une question qui dépasse Hollywood : que vaut la réussite si elle exige d’effacer son appartenance, sa mémoire et sa solidarité avec les siens ?

Hollywood : ces stars qui assument leur identité juive
D’Hollywood à la Silicon Valley, l’identité juive au-delà du succès : Dustin Hoffman, Sam Altman et David Schwimmer. Illustration générée par IA.
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À Los Angeles, des célébrités donnent une voix à Israël

Le 19 octobre 2026, Dustin Hoffman, Gene Simmons, Jon Voight et Bob Odenkirk ont participé à « Letters, Light and Love », au Royce Hall de l’UCLA. Selon le reportage de JTA repris par le Jerusalem Post, cette soirée organisée par la Fédération juive de Los Angeles associait lettres, musique et témoignages. Sa finalité était concrète : soutenir le centre de résilience de Sha’ar HaNéguev, qui accompagne les habitants du sud d’Israël après les massacres terroristes du Hamas du 7 octobre 2023.

Gene Simmons, cofondateur de KISS, y a rappelé qu’il était juif et né en Israël, puis lu une lettre du rabbin Jonathan Sacks. Bob Odenkirk, dont l’épouse est juive et les enfants élevés dans le judaïsme, a lu Leonard Bernstein. Avec Jon Voight, il illustre une solidarité qui dépasse l’appartenance juive. Défendre Israël et aider ses habitants relève aussi d’une responsabilité humaine que des artistes non juifs choisissent d’assumer publiquement.

Montage en fondu de l’enseigne Hollywood sur sa colline et de campus technologiques évoquant la Silicon Valley.
D’Hollywood à la Silicon Valley, deux univers où se pose la question de l’identité juive au-delà de la réussite. Illustration générée par IA.

Cette mobilisation prolonge celle du Carnegie Hall, en février 2026, avec notamment Amy Schumer, David Schwimmer et Debra Messing. Schumer avait alors exprimé sa fierté d’être juive et de représenter ses ancêtres. Le geste compte : mettre sa notoriété au service d’une histoire collective, dans un univers où l’image publique constitue un capital professionnel.

L’antisémitisme rappelle les limites de la réussite

Le succès peut donner l’illusion d’avoir dépassé les appartenances. On devient une signature, un visage, une marque mondiale. Pourtant, le regard antisémite sait ramener une personne à une origine qu’il transforme en accusation. L’artiste admiré devient soudain le Juif sommé de s’expliquer. Son œuvre et ses actes reculent derrière une culpabilité collective fabriquée. Aucune distinction professionnelle ne devrait obliger à supporter cette humiliation, encore moins à acheter la tranquillité par le désaveu d’Israël.

Sam Altman a formulé une prise de conscience explicite. Le 8 décembre 2023, le cofondateur d’OpenAI, l’entreprise derrière ChatGPT, a reconnu avoir sous-estimé l’antisémitisme, particulièrement dans la gauche américaine. « J’avais totalement tort », écrivait-il, selon le Times of Israel. Cet aveu mérite attention précisément parce qu’il vient d’un homme placé au cœur de l’innovation. L’intelligence technique et la fréquentation des élites ne garantissent aucune lucidité automatique sur la persistance de la haine antijuive.

Sam Altman, s'exprimant à l'Université de Tel Aviv, en Israël
Le fondateur et PDG de la société américaine d'intelligence artificielle OpenAI, Sam Altman, s'exprimant à l'Université de Tel Aviv, en Israël, le 5 juin 2023

Le mécanisme est pervers : la réussite devient, sous le regard des haineux, une prétendue preuve contre tout un peuple. Le prestige nourrit alors le soupçon au lieu de le dissiper. Face à cette logique, assumer son judaïsme protège une liberté : pouvoir contribuer au monde sans devoir rompre avec son histoire. Les artistes qui soutiennent Israël rendent un service à ceux qui disposent de moins de visibilité : ils montrent que cette solidarité peut être exprimée avec dignité, sans demander pardon pour elle.

Les parcours de ces personnalités diffèrent ; leur visibilité publique ne permet pas de raconter à leur place une même renaissance spirituelle. Mais l’interrogation demeure : pourquoi faudrait-il qu’un Juif célèbre rende son identité discrète pour rester universel ? L’injonction devient particulièrement violente lorsqu’elle exige de lui qu’il se désolidarise du pays où vivent des millions de Juifs, comme condition préalable à son acceptation.

Brin et Zuckerberg : une histoire plus vaste que l’entreprise

Le parcours de Sergey Brin donne à cette question une profondeur familiale. Le cofondateur de Google a quitté l’Union soviétique enfant avec sa famille. En 2009, il a donné un million de dollars à HIAS, l’organisation qui l’avait aidée à émigrer, rapporte JTA. Derrière l’entreprise se trouve aussi cette mémoire : une famille juive partie chercher ailleurs les possibilités que son pays lui refusait. La réussite américaine n’annule pas cette histoire ; elle peut en prolonger la responsabilité.

Chez Mark Zuckerberg, la transmission apparaît dans un geste intime rendu public. Dans son discours à Harvard en 2017, le cofondateur de Facebook évoquait la prière Mi Chébérakh (מִי שֶׁבֵּרַךְ אֲבוֹתֵינוּ) qu’il chantait à sa fille au coucher et récitait devant les difficultés. L’homme associé à un réseau mondial retrouvait ainsi les mots hérités pour penser l’avenir de son enfant. Une plateforme peut relier des milliards de personnes ; transmettre suppose encore une voix, une présence et une mémoire familiale.

Mark Zuckerberg en tee-shirt bleu foncé, les mains ouvertes pendant une prise de parole, sur fond clair.
Mark Zuckerberg, cofondateur de Facebook, visé par les critiques d’ONG sur la gestion de l’antisémitisme. Image recréée par IA.

Google, Facebook et OpenAI ont des fondateurs, des dirigeants, des investisseurs et des gouvernances distincts. L’identité juive de certains d’entre eux ne fait pas de ces sociétés une propriété collective juive. Leur influence engage cependant une réflexion légitime : comment combattre la haine, protéger la dignité et préserver le jugement humain lorsque les outils que l’on construit façonnent l’espace public ?

Assumer son identité, défendre Israël, transmettre

UniversTorah a toute sa place dans ce débat, car l’identité juive engage une histoire et une responsabilité. La Torah, l’étude, la famille et la solidarité lui donnent une consistance que les honneurs professionnels ne remplacent pas. Il faut défendre fermement le droit d’Israël à exister, à protéger sa population et à assurer l’avenir du peuple juif sur sa terre. Soutenir les familles meurtries du Néguev donne à cette fidélité un contenu immédiat : soigner, reconstruire, permettre de vivre.

La haine voudrait enfermer le Juif dans le rôle du suspect perpétuel. Une identité libre se construit aussi dans la joie de transmettre, le courage de parler et la fidélité aux siens. Lorsqu’un artiste engage son nom pour Israël, il rend cette liberté visible. Lorsqu’un parent transmet une prière, il lui donne un avenir.

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