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En Alsace, des enfants malades venus d’Israël retrouvent le goût des vacances

Une centaine d’enfants atteints d’un cancer ont quitté Israël pour vivre une semaine de vacances en Alsace. Médecins, matériel médical et bénévoles les ont accompagnés. Une initiative profondément humaine qui leur a permis, pendant quelques jours, de retrouver les plaisirs simples de l’enfance.

En Alsace, des enfants malades venus d’Israël retrouvent le goût des vacances
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Une centaine d’enfants atteints d’un cancer ont quitté Israël pour passer une semaine à Strasbourg et dans sa région. Organisé par l’association Zichron Menachem, ce séjour a nécessité la présence d’une équipe médicale et d’un matériel adapté. Derrière cette importante organisation se trouvait une idée très simple : permettre à ces jeunes de redevenir, pendant quelques jours, des enfants en vacances.

Ils sont arrivés à Strasbourg avec leurs accompagnateurs, leurs médecins et tout le matériel nécessaire à la poursuite de leurs soins. Mais ils n’étaient pas venus en France pour entrer dans un nouvel hôpital.

Du 29 juin au 6 juillet 2026, environ une centaine d’enfants israéliens atteints d’un cancer ont participé à un camp de vacances organisé en Alsace par l’association Zichron Menachem. Une semaine pour sortir un peu du quotidien des traitements, retrouver d’autres jeunes et profiter simplement de l’été. Univers Torah avait déjà présenté une initiative destinée à aider des enfants atteints de cancer à mieux supporter la douleur, développée notamment au sein du Camp Simcha.

Cette histoire m’a particulièrement touché. Elle montre que l’on peut apporter de la joie à un enfant malade sans ignorer la gravité de ce qu’il traverse. Ayant l’habitude de rendre visite à des personnes atteintes de maladies graves, je sais combien une présence, un sourire ou quelques paroles simples peuvent compter.
On entre parfois dans une chambre avec l’idée de réconforter le malade, puis on en ressort bouleversé par son courage. Ces rencontres m’ont appris que derrière la maladie demeure une personne qui a besoin de parler, de rire et de se sentir entourée. J’ai ressenti le besoin de raconter cette initiative parce que ces gestes discrets sont rarement mis en lumière, alors qu’ils apportent beaucoup à ceux qui traversent l’épreuve. C’est aussi une manière de remercier tous ceux qui donnent de leur temps pour rendre l’hôpital un peu moins lourd. 

Zichron Menachem organise des vacances médicalisées en Alsace

Accueillir des enfants atteints d’un cancer à plusieurs milliers de kilomètres de leur hôpital ne s’improvise pas. Certains doivent poursuivre leurs traitements, prendre des médicaments ou bénéficier d’une surveillance médicale permanente.

Maurice Dahan, qui participait à l’organisation du séjour, expliquait avant leur arrivée que les enfants seraient accompagnés de leur médecin et de tout le matériel indispensable. L’objectif était de leur permettre de vivre ces vacances « en toute sécurité sanitaire », malgré l’importance de la tâche.

Zichron Menachem dispose justement d’une structure médicale mobile pour accompagner ses camps. Oncologues, infirmiers et professionnels de l’accompagnement psychologique peuvent ainsi suivre les enfants durant les activités et intervenir en cas de besoin.

L’association précise avoir organisé, depuis 1990, plus de 80 camps pour plusieurs milliers d’enfants et de jeunes. Certains participants peuvent même être conduits directement de l’hôpital au lieu de vacances. Les soins continuent, mais ils ne remplissent plus toute la journée.

Le ‘Hessed au service des enfants malades

Le ‘Hessed, la bienveillance active envers autrui, prend ici une forme très pratique. Il faut transporter le matériel médical, préparer les lieux, organiser les repas et les déplacements, assurer la sécurité des enfants et prévoir les éventuelles urgences. Cette organisation rappelle les réseaux juifs de prêt de médicaments et de matériel médical, soutenus par des bénévoles disponibles pour répondre aux besoins des familles.

Il faut aussi des bénévoles disponibles, patients et capables d’apporter de la bonne humeur sans nier la maladie.

Le plus beau dans cette initiative est peut-être là. La générosité ne consiste pas seulement à financer des traitements ou à fournir du matériel. Elle consiste aussi à préserver une part de vie normale.

Lorsqu’un enfant est longtemps hospitalisé, ses journées finissent souvent par être organisées autour des examens, des perfusions et des rendez-vous médicaux. Ses parents sont également absorbés par les soins et l’inquiétude. Une semaine de vacances ne fait pas disparaître cette réalité, mais elle offre une respiration à toute la famille.

Le Consistoire israélite du Bas-Rhin, qui a accompagné cette mobilisation, a décrit une semaine remplie de rires, d’émotion, d’étreintes et de rencontres. Les enfants sont ensuite repartis avec des souvenirs qui ne se résument pas à leur maladie. 

Retrouver une vie d’enfant malgré la maladie

Dans ce camp, les jeunes participants pouvaient partager des activités, rire, chanter et rencontrer d’autres enfants qui comprennent ce qu’ils vivent. Ils n’avaient pas besoin d’expliquer une cicatrice, une fatigue soudaine ou la perte de leurs cheveux.

L’équipe médicale restait présente, mais elle ne constituait plus le centre de leur univers. Le traitement faisait toujours partie de la journée, sans occuper toute leur identité.

Une mobilisation entre Israël et la communauté juive d’Alsace

Cette initiative crée également un beau lien entre Israël et la communauté juive d’Alsace. Dans une période où les relations entre les deux pays sont souvent évoquées à travers les tensions politiques ou l’antisémitisme, cette histoire montre un autre visage : celui de personnes qui se mobilisent discrètement pour accueillir des enfants malades.

Il serait exagéré de présenter la joie comme un médicament. Elle ne remplace ni les traitements ni le travail des médecins. Mais permettre à un enfant malade de rire, de partir en excursion et de retrouver des amis n’est certainement pas secondaire.

Ces quelques jours en Alsace ne feront peut-être jamais la une des grands journaux. Pour les enfants qui les ont vécus, ils resteront pourtant une vraie semaine de vacances. Et c’est déjà une très belle raison de raconter cette histoire.

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