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Festival klezmer de Tsfat 2026 : quand les ruelles dansent

Clarinettes, violons, chants et spectacles de rue : pendant trois soirées, Tsfat a accueilli la 39e édition de son Festival international de klezmer. Un événement gratuit et familial qui a donné le sourire et montré un Israël retrouvant peu à peu son énergie et son envie de se réjouir.

Festival klezmer de Tsfat 2026 : quand les ruelles dansent
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Du 18 au 20 août 2026, Tsfat, également appelée Safed dans de nombreuses sources étrangères, a accueilli la 39e édition de son Festival international de klezmer. Pendant trois soirées, la vieille ville de Tsfat a résonné au son des clarinettes, des violons et des chants juifs. La 39e édition du Festival international de klezmer a réuni des dizaines d’artistes sur cinq scènes et dans les rues de la ville. Un rendez-vous populaire et gratuit qui a apporté à Israël une respiration joyeuse particulièrement bienvenue.

Il suffisait de regarder les images pour avoir envie de tendre l’oreille. Dans les anciennes ruelles de Tsfat, des musiciens jouaient à quelques mètres du public. Des familles s’arrêtaient, des enfants dansaient et des personnes de tous âges se laissaient entraîner par des mélodies parfois familières.

Dans une actualité souvent lourde, j’ai ressenti le besoin de parler d’un événement qui donne simplement le sourire.

Le klezmer, une musique juive née en Europe orientale

Le mot klezmer vient de l’expression hébraïque klei zemer, qui signifie instruments de musique. Il désigne une tradition instrumentale développée dans les communautés juives d’Europe orientale.

Le klezmer accompagnait surtout les mariages et les fêtes. Le violon, la clarinette, l’accordéon ou les percussions devaient faire danser les invités, mais aussi exprimer toutes les émotions d’une famille. Certaines mélodies commencent avec une pointe de gravité avant de devenir entraînantes. On peut y entendre la nostalgie, puis quelques secondes plus tard une énergie qui donne envie de se lever.

L’Institut européen des musiques juives rappelle que cette musique était également jouée lors de célébrations comme Pourim, Sim’hat Torah ou l’inauguration d’une synagogue. Mais pas uniquement ! Cette musique a franchi toutes les frontières au point de faire partie du répertoire d'une fanfare militaire française.

Il n’est donc pas étonnant que cette musique se sente aussi à l’aise dans les ruelles de Tsfat. Elle n’a jamais été destinée à rester enfermée dans une salle silencieuse. Elle aime le mouvement, les rencontres et la participation du public.

Même ceux qui ne connaissent pas le nom des morceaux peuvent reconnaître une ambiance déjà entendue lors d’un mariage juif, d’une fête communautaire ou d’un festival en France, en Israël ou ailleurs dans le monde. 

Cinq scènes et une ville entière pour décor

La programmation de cette année mêlait les formes traditionnelles du klezmer à d’autres expressions de la musique juive et israélienne.

David D’Or, Bar Tzabari et Yishaï Lapidot figuraient parmi les artistes invités. L’Orchestre israélien de klezmer, des ensembles de musique andalouse, des chanteurs de piyout, des violonistes, des accordéonistes et de nombreux groupes se sont succédé pendant les trois jours.

Mais le charme du festival ne venait pas uniquement des grandes scènes. Des formations musicales se produisaient directement dans les rues. Le public pouvait marcher, s’arrêter devant un musicien, écouter quelques morceaux, puis poursuivre sa promenade avant de découvrir un autre groupe au détour d’une ruelle.

C’est sans doute cette simplicité qui rend l’événement aussi sympathique. Il n’était pas nécessaire d’être spécialiste de musique juive ni d’avoir réservé une place longtemps à l’avance. On pouvait venir en famille, se promener et choisir son concert selon son envie.

La programmation montrait également que la musique juive ne se limite pas à une seule tradition. Les mélodies venues d’Europe orientale ont rencontré les piyoutim, la musique andalouse, les chants israéliens et des sonorités plus contemporaines. Le résultat ressemblait à la population du pays : des histoires très différentes qui finissent par se retrouver dans les mêmes rues.

Le plaisir de voir Israël retrouver son énergie

En découvrant ces scènes de musique et de danse, j’ai ressenti une joie particulière. Depuis près de trois ans, Israël traverse des épreuves qui ont profondément marqué le pays et ses habitants. Les familles endeuillées, les blessés, les personnes déplacées et tous ceux qui vivent avec l’inquiétude ne peuvent évidemment pas être oubliés.

Voir des familles sortir, des enfants danser et des artistes faire vibrer Tsfat ne signifie pas que les blessures ont disparu. Une soirée musicale ne résout pas les difficultés du pays et ne fait pas oublier ceux qui souffrent.

Mais elle montre quelque chose de bien réel : malgré tout ce qu’il traverse, Israël conserve sa capacité à se rassembler, à créer et à se réjouir.

J’ai souvent constaté, en rendant visite à des personnes malades, que la joie ne nie pas la souffrance. Elle lui laisse simplement moins de place pendant quelques instants. Une chanson, une plaisanterie ou une visite ne guérit pas, mais peut rendre une journée plus supportable. À l’échelle d’un pays, ces trois soirées à Tsfat m’ont inspiré un sentiment assez proche.

Le Festival international de klezmer n’était pas une grande déclaration sur la force d’Israël. C’étaient simplement des musiciens, des familles et des rues pleines de vie. Après une période aussi éprouvante, cela fait du bien à voir.

Et lorsque les clarinettes commencent à jouer dans les ruelles de Tsfat, il devient apparemment assez difficile de rester immobile.

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