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Juifs de France : l’alyah s’accélère face à l’antisémitisme

Près de 4 000 arrivées en Israël depuis janvier : derrière la hausse de l’alyah française, une inquiétude profonde face à l’antisémitisme et à la banalisation des préjugés.

Juifs de France : l’alyah s’accélère face à l’antisémitisme
Face à l’antisémitisme en France, de nombreux Juifs choisissent Israël, leur terre ancestrale. Illustration générée par IA.
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Quelque 3 950 Juifs venus de France ont fait leur alyah depuis le début de 2026. Ce chiffre, communiqué le 12 octobre par le ministère israélien de l’Alyah et de l’Intégration, dépasse déjà le total de l’année 2025. Il révèle une réalité que les responsables français ne peuvent plus traiter comme une inquiétude passagère : une partie croissante de la communauté juive ne croit plus pouvoir envisager sereinement son avenir dans son propre pays.

Un départ envisagé par un Juif français sur deux

La radiographie de l’antisémitisme Ifop-AJC-Fondapol de 2024 établissait que 52 % des Français juifs interrogés envisageaient de quitter la France. Parmi eux, 58 % désignaient Israël comme destination. Ces données mesurent une intention, non un départ acquis. Elles témoignent pourtant d’une rupture majeure dans le rapport de nombreux citoyens juifs à la société française.

Depuis les massacres perpétrés par le Hamas le 7 octobre 2023, le sentiment d’abandon s’est aggravé : 80 % des répondants juifs de cette enquête déclaraient avoir ressenti de la solitude face aux réactions de la société française. Il ne s’agit pas seulement de sécurité policière. Il s’agit de pouvoir porter une kippa, envoyer ses enfants à l’école ou affirmer son attachement à Israël sans devenir une cible.

La responsabilité politique de La France insoumise

La haine antijuive ne naît pas dans un seul camp politique. Mais cela ne dispense pas La France insoumise et Jean-Luc Mélenchon de répondre aux controverses provoquées par leurs paroles et leurs choix. En mars 2026, le Crif a dénoncé des propos aux relents antisémites après des plaisanteries de Mélenchon sur la prononciation de patronymes juifs. En juillet, Le Monde appelait la direction de LFI à prendre ses responsabilités après l’interruption du concert de Barbara Butch à Grenoble.

Cette photographie montre une visiteuse touchant le nez d'un grand buste caricatural présentant des stéréotypes antisémites.
L'exposition « Le Juif et la France » était une vaste entreprise de propagande nazie et du régime de Vichy visant à diffuser des thèses racistes et des caricatures visant la population juive

Ces critiques ne prouvent pas que tous les électeurs insoumis partagent des préjugés antisémites. Elles soulignent en revanche une exigence élémentaire : un dirigeant politique doit mesurer les conséquences de ses mots, refuser les sous-entendus visant les Juifs et condamner sans ambiguïté les intimidations. La critique d’un gouvernement israélien est légitime ; la stigmatisation des Juifs français au nom d’Israël ne l’est jamais.

Israël prépare l’accueil, la France doit protéger ses citoyens

À Paris, un salon de l’alyah a accueilli en octobre quelque 2 000 participants, selon le ministère israélien. Des entreprises israéliennes y ont présenté des possibilités d’emploi avant même le départ. Jérusalem travaille désormais à un plan d’accueil plus ambitieux, intégrant logement, travail et accompagnement des familles. Aucun chiffre officiel vérifié ne permet cependant d’annoncer 10 000 à 15 000 arrivées annuelles comme une certitude.

Israël constitue pour le peuple juif un foyer national souverain, capable d’accueillir ceux qui choisissent d’y construire leur avenir. L’alyah peut être une décision positive, portée par l’identité, la famille et l’espérance. Mais lorsque des Français partent parce qu’ils craignent la haine, c’est aussi un échec de la République.

Les Juifs de France n’ont pas à choisir entre leur dignité et leur sécurité. Ils ont le droit de vivre pleinement en France, comme ils ont le droit de rejoindre Israël. Aux autorités françaises de combattre réellement l’antisémitisme, y compris lorsqu’il se dissimule derrière des slogans politiques. À Israël de leur garantir un accueil à la hauteur de cette responsabilité historique.

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