Nord d’Israël : On pleure un adolescent et prie pour les blessés
Un adolescent de 14 ans a perdu la vie et 24 personnes ont été blessées lors d’une sortie scolaire dans le nord d’Israël. Rav Haïm Levy partage sa peine et ses prières pour les blessés, avec une pensée pour la famille endeuillée et les parents qui attendent des nouvelles.

Quatorze ans. En apprenant l’âge du garçon qui a perdu la vie aujourd’hui, je suis resté avec cette pensée douloureuse : il avait encore tant de choses à vivre. Nous ne connaissons pas sa vie, ses habitudes, les projets dont il parlait avec ses amis. Nous savons seulement qu’il participait à une sortie scolaire et qu’il ne rentrera pas chez lui. Cela suffit pour que notre cœur se serre.
Selon le Times of Israël, les élèves et leurs enseignants de l’établissement ORT de Ma’alot marchaient dans le secteur de la crête de Ramim, près de la frontière libanaise. Malgré les tentatives de réanimation, le décès de l’adolescent a été constaté sur place. Le bilan communiqué par le Magen David Adom fait également état de 24 blessés, dont deux adolescents dans un état grave.
Une sortie scolaire frappée par une explosion
Les premières constatations publiées par l’armée israélienne orientent l’enquête vers une sous-munition du Hezbollah demeurée dans le secteur sans avoir explosé. L’armée précise que les investigations se poursuivent. Il faudra établir les circonstances exactes du drame et comprendre comment ces jeunes ont été exposés à un tel danger. Les familles ont droit à des réponses précises.

Mais ce soir, avant toute autre considération, je pense à elles. À la famille de ce garçon, d’abord, avec beaucoup de peine et de pudeur. Aucun de nous ne peut prétendre savoir ce qu’elle traverse. Il serait déplacé de chercher une formule qui rendrait cette perte acceptable. Un enfant est mort. Ses parents ont besoin que leur douleur soit respectée, sans commentaires indiscrets et sans explications que personne ne peut leur donner.
Je pense aussi aux jeunes blessés. Le bilan confirmé par Reuters comprend des élèves et deux adultes. Derrière chacun de ces blessés, il y a des proches qui attendent des nouvelles. Le mot « blessé » nous renseigne sur un état ; il ne raconte ni la peur éprouvée ni tout ce qui devra être surmonté.
Auprès des blessés, respecter chaque besoin
Il m’arrive aussi de rendre visite à des blessés de guerre. Ces rencontres me touchent toujours, et je mesure combien leurs proches ont besoin de soutien. Aujourd’hui, une nouvelle tristesse s’y ajoute : celle de voir des adolescents frappés pendant une sortie scolaire. Je ne compare pas les souffrances ; je ressens cette peine supplémentaire devant leur jeunesse, et devant la mort de l’un d’eux.
Mes visites dans les hôpitaux israéliens m’ont appris à ne pas arriver avec des paroles toutes faites. Une personne hospitalisée peut souhaiter parler, se reposer ou simplement sentir que quelqu’un reste disponible. On apprend à écouter, et parfois à se taire.
Pour ces adolescents, cette attention devra prendre la forme qui leur convient, avec l’accord de leurs familles et des soignants. Il ne s’agit pas de multiplier les visites pour nous rassurer nous-mêmes. Leur repos, leurs soins et leur intimité passent avant notre envie de manifester notre affection. Une aide discrète peut être plus précieuse qu’une chambre remplie.
Le Bikour ‘Holim, la visite aux malades, nous engage à nous intéresser aux besoins de la personne. Apporter un repas à un parent, organiser un trajet, prendre en charge une tâche quotidienne : ces gestes peuvent soulager une famille. Il faut demander ce qui serait utile, puis tenir sa parole, sans attendre de remerciements.
Selon i24NEWS, une cellule réunissant psychologues et travailleurs sociaux a été ouverte à Ma’alot. Cet accompagnement compte aussi pour les élèves qui ont assisté au drame. Nous devons leur laisser le temps de dire ce qu’ils ont vécu, sans les pousser à raconter et sans leur demander de paraître courageux.
Une prière pour les jeunes et une présence pour les familles
Ce soir, je prie pour la guérison des blessés et pour que les équipes médicales puissent leur apporter les meilleurs soins. Je pense avec reconnaissance aux secouristes, aux médecins, aux infirmières et à tous ceux qui se sont mobilisés. Leur travail mérite notre gratitude, tout comme notre respect pour les familles qu’ils accompagnent.
À la famille endeuillée, je voudrais adresser des condoléances sincères, sans prétendre alléger par quelques lignes ce qui demeure insupportable. À celles qui veillent auprès d’un jeune blessé, je souhaite de recevoir des nouvelles rassurantes et de trouver autour d’elles des personnes fiables. Demain aussi, elles auront besoin de soutien. Ma tristesse va vers ce garçon disparu, mes prières vers les blessés, et mes pensées vers leurs parents, dans cette attente si difficile.