À la fin des années 90, Israël faisait face à une sécheresse dramatique. Le lac de Tibériade agonisait. Face au pessimisme des experts, le Rav Mordékhaï Eliyahou convoqua la foule au Kotel pour une prière exceptionnelle. Sous un soleil de plomb, il implora le Ciel.
Quelques minutes après la fin de l'office, des nuages surgis du néant déversèrent des pluies torrentielles sur le pays. Cet événement illustre la puissance de l'affirmation de la Guémara (Moëd Katane 16b) : צַדִּיק גּוֹזֵר וְהַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא מְקַיֵּם - « Le juste décrète, et le Saint béni soit-Il accomplit. »
Le talmud rapporte les paroles de D-ieu lui-même :
« Qui gouverne sur Moi ? Le juste. Car Moi, Je décrète un décret et il l’annule ; lui décrète un décret, et Moi Je l’accomplis. »
Ce principe ne signifie en aucun cas que le Tsadik se substitue à D-ieu ou agit indépendamment de Lui. Au contraire, le Talmud décrit une convergence parfaite de volonté : Le Tsadik ne décrète que ce qui est déjà conforme à la Volonté divine profonde. D-ieu accomplit ce décret parce qu’il émane d’un être totalement aligné sur Lui. En purifiant sa parole, le Tsadik devient le canal par lequel D-ieu choisit de manifester Sa puissance dans le monde.
Le secret de ce miracle réside dans l'union des volontés. Le Rav Eliyahou avait atteint un niveau d'annulation de soi (Bitoul) tel que sa volonté était devenue parfaitement identique à la volonté divine.
Parce que le Rav Eliyahou n'avait aucune volonté propre autre que celle de D-ieu et du bien-être de Son peuple, sa bouche devenait comme un instrument de la volonté divine.
Le Zohar (3, 15a) lui, met l'accent sur une autre dimension de la grandeur d'un Tsadik :
צַדִּיקָא אִיהוּ שׁוּתָּפָא לְקוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא בְּמַעֲשֵׂה בְרֵאשִׁית - « Le juste est associé au Saint béni soit-Il dans l’œuvre de la Création. »
Nous savons que le monde est créé par la parole divine. Le Zohar nous apprend que Le Tsadik, par sa sainteté, retrouve partiellement cette puissance originelle de la parole. le Tsadik, par sa pureté et son effacement, devient un vecteur actif de la volonté divine.
Ainsi, Lorsque le Rav priait pour la pluie au Kotel, ce n'était pas une requête personnelle, mais l'expression d'un besoin vital de la Création que D-ieu a choisi de faire passer par la voix de l'homme juste pour sanctifier Son Nom en public.