L'abondance du cœur : Baba Sali et le miracle des Matsote

Ce récit illustre comment la générosité absolue du Baba Sali a déclenché une bénédiction surnaturelle lors des préparatifs de Pessah. Il démontre que l'acte de donner, lorsqu'il est total, devient la semence d'une abondance qui défie les lois de la matière.


Le paquet qui ne s'épuisait pas


À Netivot, quelques jours avant Pessah, un homme se présenta en pleurs chez Rabbi Israël Abouhatsira (1889-1984), Baba Sali. Il n'avait pas de quoi acheter les Matsote (pains azymes) pour sa famille nombreuse. Le Rav, dont la propre réserve était très limitée cette année-là, n'hésita pas une seconde. Il entra dans sa cuisine, prit la moitié de ses propres Matsote Chemourote (surveillées depuis la récolte) et les tendit à l'homme avec un large sourire.


Le serviteur du Rav, inquiet de voir leur propre réserve diminuer de moitié alors que de nombreux invités étaient attendus, surveilla le paquet restant. Le soir du Seder, malgré les dizaines de convives et les morceaux distribués généreusement par le Rav tout au long de la fête, le paquet de Matsote semblait ne jamais se vider.


Plus le Rav donnait, plus le volume de pain azyme paraissait se régénérer dans le panier, comme si la matière elle-même s'étirait pour répondre à la grandeur de son geste initial.


La subsistance du juste


Ce prodige s'appuie sur une promesse contenue dans les Psaumes (Tehillim) 37, 25 :



 « J'ai été jeune, j'ai vieilli, et je n'ai point vu le juste abandonné, ni sa postérité quêtant son pain. »
נַעַר הָיִיתִי גַּם זָקַנְתִּי וְלֹא רָאִיתִי צַדִּיק נֶעֱזָב וְזַרְעוֹ מְבַקֶּשׁ לָחֶם



Le réceptacle de la bénédiction


C'est ici que la justice comme miroir intervient : parce que le Rav a brisé sa propre limite, en donnant ce dont il avait lui-même besoin. D-ieu a brisé les limites de la nature pour lui. L'acte de charité est devenu la "semence" d'un miracle physique.


Témoignage et authenticité


Ce récit est l'un des plus célèbres de la communauté de Netivote et a été rapporté par les membres de la famille Abouhatsira qui servaient à la table du Rav ce soir-là. Ils témoignent que Baba Sali ne semblait nullement surpris par ce phénomène, expliquant simplement que la Matsa est appelée dans le Zohar « l'aliment de la foi » (Meikha de-Heimanouta).


Pour lui, la foi n'était pas un concept abstrait, mais une force capable de nourrir physiquement ceux qui s'y abandonnent totalement.