Et si nous n’étions pas encore nés ? En route vers la lumière divine


L'allégorie

Voici une fiction relativement connue qui très certainement trouve sa source dans la tradition juive. Tachons d'en déchiffrer la symbolique.

C’est l’histoire de deux jumeaux encore dans le ventre de leur mère, qui discutent de la vie après l’accouchement.
Le premier dit à l’autre :
Ce n’est pas possible qu’il n’y ait rien après la naissance. Je suis sûr que nous sommes ici pour nous préparer à ce qui viendra ensuite.

C’est absurde, répond l’autre. Pourquoi y aurait-il une vie après l’accouchement ? Et à quoi ressemblerait-elle, selon toi ?
Je ne sais pas, dit le premier, mais peut-être y aura-t-il plus de lumière qu’ici. Peut-être pourrons-nous marcher avec nos jambes, manger avec notre bouche, et peut-être même percevoir des choses que nous ne pouvons pas imaginer aujourd’hui.

Ridicule, rétorque l’autre. Marcher avec nos jambes, manger avec notre bouche… Scientifiquement, c’est le cordon ombilical qui nous nourrit et nous fournit tout ce dont nous avons besoin. Et il est bien trop court pour permettre quoi que ce soit d’autre. Non, logiquement, une vie après l’accouchement est impossible.

Et si c’était simplement différent ? répond le premier. Peut-être n’aurons-nous plus besoin du cordon.

L’autre commence à s’agacer :
Écoute. S’il existait une vie après l’accouchement, pourquoi personne n’en serait jamais revenu ? Il n’y a que le silence, l’oubli, l’obscurité. Tu refuses simplement de l’accepter.

Moi, je suis sûr que nous rencontrerons notre mère, dit le premier, et qu’elle prendra soin de nous.

L’autre lève les yeux au ciel :
Ah, encore cette histoire de mère… Tu y crois vraiment ? Si elle existait, où serait-elle ?
On ne la voit pas, répond le premier, mais nous vivons en elle. Tout autour de nous. Sans elle, ce monde n’existerait pas.
Moi, je ne la vois pas, conclut l’autre. Donc pour moi, elle n’existe pas.

Alors le premier dit doucement :
Tu sais, parfois, quand tout est calme, je peux ressentir sa présence bienveillante. J’entends sa voix qui m’appelle. C’est pour cela que je suis sûr qu’elle existe, et qu’il y a une vie après l’accouchement.

La lecture Toranique de l’allégorie

Le ventre : vivre dans un monde en vase clos.

Dans cette perspective, le ventre maternel représente ce monde-ci (עולם הזה) : un espace clos, régi par des lois internes, où l’on vit sans percevoir clairement la finalité de l’existence. L’embryon s’y développe, mais sans comprendre le sens global de ce développement.

De même, l’homme vit dans ce monde à travers des éléments limités, comme le temps et la matière, ce qui rend le monde futur (עולם הבא) fondamentalement inimaginable tant qu’on ne s’y trouve pas encore.

Le cordon ombilical et la dépendance au monde présent

L’argument du cordon ombilical est particulièrement fort : « tout ce dont nous avons besoin passe par lui ». Dans la lecture Toranique, cela correspond à l’attachement excessif aux mécanismes matériels de ce monde, que l’on confond avec la source ultime de la vie.

Or la Torah rappelle :

Car ce n’est pas du pain seul que vit l’homme.
כִּי לֹא עַל הַלֶּחֶם לְבַדּוֹ יִחְיֶה הָאָדָם. (Deutéronome 8,3)

Ce verset enseigne que les supports visibles de l’existence ne sont jamais que des vecteurs, non des causes premières. Le cordon, indispensable dans le ventre, devient inutile, voire mortel, après la naissance. De même, ce qui structure l’existence dans ce monde ne saurait définir les lois du monde à venir.

La mère : habiter le divin sans le voir.

Le cœur théologique de l’allégorie réside dans la figure de la mère. Elle symbolise la Présence divine : source de tout mais dissimulée, voire invisible, contestée, mais absolument fondatrice.

La Torah exprime cette tension entre dissimulation et présence :

"En vérité, Tu es un D-ieu qui se cache".  (Isaïe 45,15), et pourtant : "Toute la terre est remplie de Sa gloire". (Isaïe 6,3)

La figure de la mère est particulièrement parlante : elle est invisible, mais absolument présente ; non perceptible directement, mais source de toute existence. Cela correspond très précisément à la conception de D-ieu comme Créateur et Maître du monde, dont l’essence est cachée mais dont la présence soutient chaque instant de la réalité. « Car en Lui nous vivons », comme le suggère l'histoire des jumeaux.

Le fait que l’un des jumeaux perçoive parfois cette présence, dans le calme et le silence, renvoie à une idée centrale de la Torah : D-ieu ne se saisit pas par la preuve matérielle, mais par une sensibilité intérieure affinée, une attention, une écoute qui se traduit par une sacralisation des lois du monde présent érigées en critères ultimes de vérité.

La Torah décrit déjà cette erreur lorsqu’elle rappelle que les règles de ce monde ne sont pas des arguments contre l’existence d’un au-delà, mais précisément les limites de notre regard tant que nous y sommes enfermés.

Ainsi comprise, l’allégorie ne parle pas seulement de foi contre scepticisme mais elle décrit deux façons d’habiter ce monde : l’une qui s’enferme dans ce qui est visible et mesurable, l’autre qui perçoit, à travers le voile, une finalité, une Présence et un sens.

Le Ram’hal exprime de manière très nette l’idée que D-ieu est à la fois caché et absolument présent, condition même de l’existence du monde :

Aucune créature ne peut subsister si ce n’est par l’influx constant émanant de Lui, béni soit-Il. (Dérèkh Hachem, chapitre 1)
אֵין שׁוּם נִבְרָא יָכוֹל לְהִתְקַיֵּם אֶלָּא מִכֹּחַ הַשְׁפָּעָה הַתָּמִידִית מִמֶּנּוּ יִתְבָּרַךְ.

L'accouchement : naître à la véritable Lumière.

La naissance devient alors l’image classique, très présente dans les sources juives, du passage vers une autre forme d’existence.

La Michna formule clairement cette idée fondamentale en comparant explicitement ce monde à un corridor menant vers une salle plus vaste :

Rabbi Ya‘akov disait : ce monde-ci ressemble à un vestibule devant le monde futur. Prépare-toi dans le vestibule afin d’entrer dans la salle principale. (Pirké Avot 4,16)
רַבִּי יַעֲקֹב אוֹמֵר: הָעוֹלָם הַזֶּה דּוֹמֶה לִפְרוֹזְדוֹר בִּפְנֵי הָעוֹלָם הַבָּא; הַתְקֵן עַצְמְךָ בַּפְּרוֹזְדוֹר כְּדֵי שֶׁתִּכָּנֵס לַטְרַקְלִין.

Ainsi, de même que l’embryon ne peut concevoir la marche, la vision ou la respiration, l’homme ne peut concevoir la nature réelle du monde futur.

La réalité du monde futur est radicalement hors de portée de l’imagination humaine. L’erreur du jumeau sceptique n’est donc pas intellectuelle, mais ontologique : il juge impossible toute autre forme de vie car elle contredirait les lois qui régissent son existence présente.

Dans son commentaire sur la Michna, le Maharal développe l'idée que le monde matériel n'est pas une finalité en soi.

Il explique que l'homme est un être hybride, composé d'un corps matériel et d'une âme spirituelle. Puisque son âme est éternelle, sa destination finale ne peut pas être un monde fini et matériel. Par contre, le monde présent est le seul lieu où l'action est possible.
Il souligne le fait que ce monde est une étape indispensable de préparation et de perfectionnement. Sans le passage par ce monde et l'accomplissement des commandements, l'âme ne peut atteindre la plénitude du monde futur.

Ce monde-ci est donc un monde de préparation indispensable, mais qui n'en est pas la finalité.

La vision profonde du Maharal

Le Maharal insiste sur une idée centrale : l’existence terrestre est inachevée par essence. Elle n’est pas seulement moralement préparatoire, mais fondamentalement incomplète.

Dans son ouvrage Derekh Ha‘Haïm sur Pirké Avot 4,16, il écrit :

Ce monde-ci n’est en aucune manière la finalité de l’homme ; il n’est qu’une préparation et un aménagement en vue de l'objectif véritable.
הָעוֹלָם הַזֶּה אֵינוֹ תַּכְלִית הָאָדָם כְּלָל, אֶלָּא הוּא הַכָּנָה וְהַכְשָׁר לַתַּכְלִית הָאֲמִתִּית.

Cette formulation éclaire directement l’allégorie : le ventre maternel (comprenez ce monde-ci), n’est pas un monde imparfait par défaut, mais un monde adapté à un stade précis. Le problème du jumeau sceptique n’est pas qu’il se trompe de logique, mais qu’il applique une logique valable localement à une réalité globale.

L’impossibilité de concevoir l’état futur depuis l’état présent

Le Maharal précise par ailleurs que les lois du monde présent sont intrinsèquement incapables de contenir la réalité future :

Car ce monde-ci est matériel et limité, tandis que le monde futur est séparé et ne relève d’aucune limite. (Nétiv HaTorah, chapitre 1)
כִּי הָעוֹלָם הַזֶּה הוּא גַּשְׁמִי וּמֻגְבָּל, וְהָעוֹלָם הַבָּא נִבְדָּל וְאֵינוֹ תַּחַת גְּבוּל.

C'est pourquoi, de même que l’embryon ne peut concevoir un monde régi par la respiration, la marche et la parole, l’homme a du mal à concevoir une existence non limitée par la matérialité tant qu’il n'y a pas encore gouté.

Dans le même esprit le Ram’hal formule une idée qui correspond presque mot pour mot à l’allégorie :

Tout ce que l’homme perçoit dans ce monde est selon ses facultés actuelles, et ces facultés n’ont pas la capacité de saisir ce qui leur est supérieur. Da-ate Tévounote (Chapitre 40)
כָּל מַה שֶׁהָאָדָם מַשִּׂיג בָּעוֹלָם הַזֶּה הוּא עַל פִּי מִדּוֹתָיו וְכֵלָיו הַנּוֹכְחִיִּים, וְאֵין בְּכֹחַ כֵּלִים אֵלֶּה לְהַשִּׂיג מַה שֶּׁלְּמַעְלָה מֵהֶם.

Autrement dit : l’absence de perception n’est pas une preuve d’inexistence, mais un indice de décalage de niveau. C’est exactement l’erreur logique du jumeau qui affirme : « je ne la vois pas, donc elle n’existe pas ».

L’erreur de confondre le moyen avec la source

L’argument du cordon ombilical trouve chez le Maharal une critique explicite : confondre l’instrument avec la cause. Dans son Guévourote Hachem (chapitre 12), il écrit :

Celui qui se trompe pense que la cause est ce qui est visible, sans savoir que ce n’est qu’un instrument entre les mains de la cause première.
הַטּוֹעֶה סָבוּר שֶׁהַסִּבָּה הִיא הַדָּבָר הַנִּרְאֶה, וְאֵינוֹ יוֹדֵעַ שֶׁהוּא רַק כְּלִי בְּיַד הַסִּבָּה הָרִאשׁוֹנָה.

Le cordon nourrit réellement l’embryon, mais il n’est pas la source de la vie. De même, les mécanismes matériels de ce monde sont réels, mais secondaires. Le jumeau sceptique reproduit exactement cette confusion. Indispensable dans le ventre, il devient inutile, voire mortel, après la naissance. De même, ce qui structure l’existence dans ce monde ne saurait définir les lois du monde à venir.

Un monde de transition 

Le Ram’hal systématise cette vision du passage d'un monde à l'autre avec une clarté remarquable. Dès l’ouverture du Méssilate Yécharime, il écrit :

L’homme n’a été créé que pour se délecter de D-ieu et jouir de l’éclat de Sa Présence, car tel est le plaisir véritable. Or le lieu de cette jouissance véritable est le monde futur.
הָאָדָם לֹא נִבְרָא אֶלָּא לְהִתְעַנֵּג עַל ה׳ וְלֵיהָנוֹת מִזִּיו שְׁכִינָתוֹ, שֶׁזֶּהוּ הַתַּעֲנוּג הָאֲמִתִּי.
וּמְקוֹם הָעִדּוּן הַזֶּה בֶּאֱמֶת הוּא הָעוֹלָם הַבָּא.

Ce monde n’est donc pas conçu pour être habitable au sens plein, mais préparatoire. Exactement comme un milieu intra-utérin, vital mais non destiné à durer. 

Le Poids du Matériel : Pourquoi savoir ne suffit pas pour changer.

A ce stade une question fondamentale se pose qui renforce la puissance de l'allégorie. Nos Sages affirment à propos de l'embryon (Nidda 30b) :

Une lampe est allumée au-dessus de sa tête, et il voit d’un bout du monde à l’autre… et on lui enseigne toute la Torah.
נֵר דָּלוּק עַל רֹאשׁוֹ וְצוֹפֶה וּמַבִּיט מִסּוֹף הָעוֹלָם וְעַד סוֹפוֹ… וּמְלַמְּדִין אוֹתוֹ כָּל הַתּוֹרָה כֻּלָּהּ

Il est explicitement informé du monde futur. Mieux, il le voit d'un bout à l'autre. On dirait aujourd'hui qu'on lui passe la vidéo du monde futur ! Mais il n'en reste pas moins que son existence réelle, sa vie au jour le jour, demeure entièrement déterminée par le monde intra-utérin.
L’enseignement, même total, reste spirituel, alors qu'il vit dans un monde réel, matériel, contraignant. C'est la porte ouverte vers le scepticisme. Un être peut voir d’un bout du monde à l’autre et rester totalement dépendant du monde où il se trouve. Parce que la Torah qu’il reçoit n’est pas encore incarnée.

Le Ram’hal formule cette distinction de manière très précise (Da-ate Tévounote, Chapitre 90) :

L’intellect peut saisir une vérité élevée, et pourtant la réalité matérielle attire l’homme avec toute sa force.
"הנה השכל יכול להשיג את האמת מצד עצמה, אך החומר הוא המעכב, כי המציאות הגשמית מושכת את האדם בכח גדול."

En d'autres mots, tant que l’homme (ou l’embryon) vit dans un monde donné, ce monde possède une autorité existentielle supérieure à tout enseignement. Le monde intra-utérin est constant, contraignant, total. Même si le monde futur est enseigné, décrit, envisagé ou même inconsciemment perçu, il n'est pas encore expérimenté.

C'est ce qui se passe dans notre monde actuel : Tous les cours de Torah, tous les enseignements, et même d'éventuelles manifestations de D-ieu sous forme de "miracles" (toujours explicables par des causes naturelles), n'ont jamais fait faire Téchouva aux réfractaires à l'idée d'un monde futur et au concept d'un D-ieu toujours présent et omnipotent.

C'est ce que traduit parfaitement le prophète Amos (4, 11) :

Malgré tout cela, ils ne sont pas revenus vers Moi - וְגַם בְּכָל זֹאת לֹא שָׁבוּ אֵלַי.

Ainsi, De même que l’embryon ne peut vivre la naissance avant qu’elle n’advienne, l’homme ne peut habiter le monde futur avant d’y entrer. Jusque-là, il apprend, il pressent, il choisit.

Nous abordons ici un concept essentiel de la création telle quelle fut conçue par le Créateur : le libre arbitre (כוח הבחירה

Le Rav Eliyahou Eliezer Dessler, l'un des plus grands maîtres de la pensée juive du XXe siècle développe abondamment ce sujet : 

Ce monde-ci est le monde de l’apparence - de l'illusion, et le monde futur est le monde de la vérité. (Mikhtav méEliyahou, vol. I, p. 94)
הָעוֹלָם הַזֶּה הוּא עוֹלָם הַדִּמְיוֹן, וְהָעוֹלָם הַבָּא הוּא עוֹלָם הָאֱמֶת.

Le ventre maternel de l’allégorie correspond exactement à ce monde de l'imaginaire (Olam Hadimyone) : un monde cohérent, structuré, régi par des lois internes, mais non révélateur de la vérité ultime. L’erreur du jumeau sceptique n’est pas morale. Elle est cognitive : il confond la cohérence interne de ce monde avec sa valeur ontologique absolue. 

Il traduit parfaitement l’idée que D-ieu est absolument présent, tout en demeurant caché, condition même de la liberté de choix humaine :

Si la vérité était révélée de manière totalement claire, il n’y aurait plus de place pour le libre arbitre. (Mikhtav MéEliyahou, vol. I, p. 113)
אִלּוּ הָיְתָה הָאֱמֶת נִגְלֵית בְּבֵירוּר גָּמוּר, לֹא הָיָה מָקוֹם לַבְּחִירָה.

La mère de l’allégorie est précisément cette présence : fondatrice, nourricière, englobante, mais volontairement non imposée à la perception. Son invisibilité n’est pas un manque, mais une condition nécessaire, indispensable à la liberté de choix.

Ce point est crucial pour comprendre la complexité de notre monde si complexe et pourquoi la présence divine n'est pas évidente pour tous.

Le Rav Dessler nous explique que si la vérité spirituelle était aussi claire qu'une démonstration mathématique (par exemple, si l'on voyait physiquement les conséquences immédiates de chaque acte), l'homme ne pourrait pas ne pas obéir. Il agirait par automatisme ou par peur, comme quelqu'un qui ne met pas sa main dans le feu.

En dévoilant la présence divine de manière éclatante, l’espace du choix intérieur se réduit drastiquement. Pour qu'un choix soit réellement libre et qu'il ait une valeur morale, il faut qu'il y ait un équilibre entre la vérité et l'illusion. D-ieu doit donc se cacher suffisamment pour laisser à l'homme la possibilité de choisir la vérité par effort personnel, et non par contrainte de l'évidence.

Dans la pensée juive, le libre arbitre est la condition indispensable de toute récompense dans le monde futur.

L’homme est placé devant un choix réel entre le bien et le mal (Be’hira ‘Hofshite). Parce que ses actes ne sont ni déterminés ni contraints, ils lui sont pleinement imputables. Sans liberté de choix, il n’y aurait ni responsabilité morale, ni mérite, ni faute.

La récompense dans le monde futur (‘Olam Haba) n’est donc pas un don arbitraire, mais la conséquence directe des choix opérés ici-bas : l’homme façonne par ses décisions son propre niveau spirituel. Les Mitsvote accomplies librement affinent l’âme et la rendent apte à jouir de la proximité divine, tandis que les fautes, elles aussi choisies, en créent l’obstacle.

Ainsi, le libre arbitre est le fondement de la justice divine, et la récompense future est la prolongation naturelle d’une vie de choix assumés.

Sous l’angle de la Torah, ce récit devient donc une parabole puissante de la condition humaine : nous sommes en gestation, sans toujours en avoir conscience, et nous nous dirigeons vers un monde dont la réalité dépasse infiniment les catégories de celui-ci.

Et c’est précisément dans cet entre-deux que se joue toute la valeur de l’existence humaine et la préservation du libre arbitre.