L'ambassadeur des USA en Belgique accuse la Belgique d'antisémitisme


Pour rappel, La police d'Anvers avait mené des perquisitions en mai dernier chez trois mohels, soupçonnés d'avoir pratiqué des circoncisions sans qualification médicale.

Dans un long message publié lundi sur X, l'ambassadeur Bill White n'a pas maché ses mots :

"Vous devez mettre fin immédiatement à cette « poursuite » ridicule et antisémite contre les trois figures religieuses juives (mohels) d'Anvers ! Ils ne font que suivre la tradition pour laquelle ils ont été formés pendant des millénaires. Mettez fin à ce harcèlement inacceptable de la communauté juive d'Anvers et de Belgique."

De son côté, L'European Jewish Association (EJA), organisation qui milite pour les communautés juives en Europe, avait déjà demandé, dans une lettre adressée à la présidente de la Commission européenne Ursula Von der Leyen, en juillet 2025, de mettre un terme à la criminalisation en Belgique de la circoncision.

L'association appelle concrètement la présidente de la Commission à réaffirmer publiquement l'intention de l'UE à défendre la liberté de religion. Et à condamner les actions menées en Belgique.

Ces faits ne sont pas pour nous surprendre. Ils s'inscrivent dans une spirale ascendante de l'antisémitisme en Europe et particulièrement en Belgique, surtout à partir du 7 octobre.

L'opposition à la Brite Mila, symbole de l'appartenance au peuple juif est une vielle histoire.

La Brite Mila (circoncision rituelle) occupe une place centrale dans le judaïsme comme signe d’alliance irrévocable entre D-ieu et Israël.

Elle est instituée dans la Torah lors de l’alliance avec Abraham :

Vous circoncirez la chair de votre prépuce… et cela sera un signe d’alliance (Genèse 17, 11).
« וְנִמַּלְתֶּם אֵת בְּשַׂר עָרְלַתְכֶם … וְהָיָה לְאוֹת בְּרִית ».

Elle n’est pas seulement un rite d’entrée dans le peuple juif : elle exprime l’appartenance ontologique d’Israël à D-ieu, marquée dans la chair même.

Les Sages soulignent sa gravité unique : c’est l’unique commandement positif dont l’absence entraîne la sanction spirituelle de karèt (retranchement), et l’un des rares préceptes qui suspend même le Chabbat lorsqu’il doit être accompli au huitième jour. Elle est donc, dans la conscience juive, un pilier identitaire non substituable.

Cette centralité explique qu’au cours de l’histoire, des pouvoirs hostiles aient visé précisément la Brite Mila pour dissoudre l’identité juive. Les exemples sont nombreux :

Sous l’hellénisation séleucide, les décrets d’Antiochos IV Épiphane (IIᵉ siecle avant notre ère.) interdirent explicitement la circoncision. Le premier livre des Maccabées rapporte que des mères ayant circoncis leurs fils furent exécutées avec leurs nourrissons. La Brite Mila devint alors un acte de résistance religieuse majeur, au cœur de la révolte hasmonéenne.

Dans l’Empire romain, après les révoltes juives (notamment celle de Bar Kokhba), l’empereur Hadrien prohiba la circoncision (perçue comme mutilation illégale). Cette interdiction visait à éradiquer les marqueurs corporels distinctifs du judaïsme et à intégrer les Juifs dans la culture impériale. La littérature rabbinique évoque des périodes où la Brite Mila devait être pratiquée clandestinement au péril de la vie.

Au Moyen Âge chrétien, la circoncision fut parfois assimilée à une « pratique judaïsante » suspecte. Dans l’Espagne post-conversion (XVe–XVIe siècle), l’Inquisition surveillait les conversos : la circoncision clandestine d’enfants était un indice majeur de judaïsme secret, puni sévèrement.

À l’époque moderne et contemporaine, les tentatives d’entrave passent moins par l’interdiction religieuse explicite que par des cadres juridiques ou médicaux restrictifs. Certains pays européens ont envisagé ou adopté des normes imposant que seule une autorité médicale agréée puisse pratiquer la circoncision, ou exigeant un consentement parental renforcé et un encadrement hospitalier strict.

Ces mesures, officiellement fondées sur la protection de l’enfant, ont été perçues par les communautés juives comme portant atteinte à la continuité d’un rite fondamental transmis de génération en génération. C'est exactement l'objet des débats législatifs actuellement en Belgique

Dans la mémoire juive, ces tentatives d’entrave ont renforcé la charge symbolique de la Brite Mila : accomplir ce rite malgré l’interdit ou la difficulté est devenu un acte de fidélité absolue à l’alliance.

C’est pourquoi la littérature rabbinique associe souvent la circoncision à la survie historique d’Israël : elle est à la fois signe théologique, marque identitaire et acte de transmission. Ainsi, même dans des contextes d’oppression, la Brite Mila a été maintenue avec une constance remarquable, perçue comme condition même de l’existence du peuple juif.

Et ce n'est certainement pas la Belgique qui va y changer quelque chose !